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Ferailleur

Les preuves de l’utilisation du fer remontent à une époque très lointaine : 8 000 ans avant Jésus Christ. Et ce n’est que 4 000 ans avant Jésus Christ qu’on l’a trouvé chez les Egyptiens et les Sumériens. Donc, depuis ces temps immémoriaux, l’homme a toujours été en contact avec le fer pour se battre, se nourrir… Il a, de tout temps connu et reconnu l’utilité du fer.

De nos jours, peut-être pas comme le zircon, le diamant, l’or, mais le fer occupe un rang important quant à sa valeur.

Pour construire des moyens de locomotion (avions, trains, automobiles, vélos…) fabriquer des armes, des infrastructures comme les ponts…le fer intervient !

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L’homme étant devenu un génie, il ne jette plus rien. Il a compris depuis très longtemps à travers ce Chimiste, Philosophe et Economiste Français Antoine Laurent Lavoisier né le 26 août 1743 à Paris et mort guillotiné le 06 mai 1794 à Paris à l’âge de cinquante et un ans que : << RIEN NE SE PERD, RIEN NE SE CREE, TOUT SE TRANSFORME.>>

Maintenant, partout au Sénégal, dans les coins les plus reculés du pays, des hommes s’affairent autour de la « ferraille » : ils amassent des poids énormes de ferraille, parfois des tonnes et des tonnes, sous toutes les formes, puis les transportent vers des directions diverses ; Touba, Dakar, le Mali…

Ce commerce, car il s’agit bien de transactions, est fructueux pour les premiers acheteurs de cette ferraille venue n’importe comment, de n’importe où, avec n’importe qui, sous n’importe quelle forme ! Ces commerçants d’un genre particulier ont des endroits stratégiques, des places situées presque en dehors de la ville, ou alors dans des maisons inachevées mais bien clôturées prêtes à stocker cette marchandise mise dans des sacs ou tout simplement à l’air libre, ne craignant pas les intempéries.

Cependant, avant d’arriver sur ces lieux, le fer transite dans des endroits très visibles où les vendeurs viennent écouler leurs « marchandises ». Parmi eux, des enfants, tout jeunes, des adultes et même des hommes d’un âge assez avancé. Ils arrivent avec des barres de fer, de vieux seaux, des portières de voitures, des moteurs de véhicules couverts de sable et de rouille, des carcasses de véhicules de tout genre, des portes de maisons, de vieilles armoires… D’où viennent ces objets ? Où les prennent-ils ?

Pour la majeure partie des enfants, la provenance est douteuse. Attirés par l’appât du gain facile, certains volent même chez eux ou chez des voisins pour trouver une pièce qui leur permettra d’acheter des bonbons, des croquettes, des jouets, des sandwichs, d’autres par contre, issus de familles démunies, font le tour des poubelles pour ramasser des objets à vendre…Le kilogramme de fer n’est pas vendu au même prix. Cela dépend parfois de la tête du client. Le prix du kilogramme varie de 25 à 75 Francs et pour les chanceux, l’échange peut se faire à 100 Francs. La pesée s’effectue sur une balance qui a déjà fait son temps ou tout simplement est estimée par l’acheteur.

A Bakel, avec El Hadj Fall, cet ancien maçon (bien qu’encore jeune) ne pouvant pas supporter (nous dit-il) le ciment sur sa peau très sensible, s’est vite reconverti dans le juteux créneau de l’achat puis de la vente de la ferraille. Comme son collègue Moussa Ndiaye, ancien Talibé d’un Daara de Diourbel qui s’investit aujourd’hui dans ce commerce, après avoir obtenu une certaine quantité (importante), ils prennent contact avec des camionneurs qui transportent leurs marchandises vers des acheteurs en gros, avec qui ils avaient déjà tout réglé. Mais sur place, l’on a remarqué des gens qui construisent, des chefs de chantiers venir chercher du fer « travaillé », prêt à être utilisé.

Tout cela montre le mystère qui entoure ce commerce : personne ne veut parler ! Le caractère « louche » qui plane parfois entre acheteur et vendeur laisse courir des doutes sur ces transactions.

Beaucoup y gagnent leur vie : du petit chapardeur à l’enfant de pauvre qui a fait tous les dépôtoirs de la ville, au maçon qui vient chercher un complément de fer pour terminer sa construction, du Chef de chantier qui désire faire des économies au premier acheteur jusqu’au grossiste, tous rêvent de se remplir les poches pour sortir de la misère.

Idrissa Diarra bakelinfo.com

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