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La Voix du département de Bakel

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Troupeau Berger

Depuis ce matin, les deux chiens de Sandiakhou, le vieux pêcheur du quartier, ne cessent d’aboyer ! Une à une, les chèvres de la Montagne Centrale sortent aussi pour grossir le troupeau que Hooré Mbéwa conduira tout à l’heure paître dans la brousse alentour, sur les belles collines pleines d’histoire, à peine couvertes par un léger tapis herbacé. L’hivernage ne s’est pas encore bien installé dans notre département. Les paysans sont inquiets : dans cette troisième et dernière décade du mois de juillet, rien n’inspire confiance pour les pauvres cultivateurs. Le ciel garde toujours sa couleur habituelle, celle des longs mois de saison sèche. Déjà, des troupeaux de moutons, de chèvres, de vaches ont commencé leur transhumance vers les vertes prairies.

La brousse ressent le passage de ces éternels errants qui poursuivent leurs bêtes, à pieds, nuit et jour, matin et soir, sous la pluie ou sous le vent, à la recherche de cette herbe rare, nourriture indispensable pour leurs troupeaux. Sur les voies empruntées par ces conducteurs de bêtes, des branches sauvagement élaguées jonchent le sol et montrent l’inconscience de ces hommes qui passent pourtant tous les ans par là sans remarquer la nette dégradation de la nature par leurs coupes abusives de bois.

Ils sont rarement sur les grandes artères mais on les aperçoit souvent, criant sans cesse, parcourant des centaines de kilomètres chaque année, sans se plaindre. Ils ne se contentent que du lait trait de leurs bêtes, d’un morceau de pain et du thé qu’ils boivent, une fois campés, pour laisser écouler la nuit. Toujours en bandoulière, un magnétophone combiné à un poste de radio leur permet de supporter le temps en écoutant la musique de leur terroir.

La vie de ces hommes, en majorité des jeunes, avec de plus en plus d’enfants, est sans nul doute pittoresque ! A part braver la rigueur du climat, les intempéries, la faim, les longs et tortueux kilomètres à parcourir, la « solitude », il y a aussi la peur des attaques de bandits, voleurs de bétail mais même les assauts nocturnes répétés d’animaux sauvages en quête de proies faciles sont à craindre.

Quel rythme infernal ! La journée commence par un réveil difficile dû à la fatigue de la veille : dormir à la belle étoile, s’il ne pleut pas ou sous des tentes de fortune en cas d’averse, charger les ânes porteurs de bagages (matelas, ustensiles de cuisines, tentes…), faire téter les petits, traire les femelles, prendre quelques

tasses de thé avec un morceau de pain presque sec, bien que soigneusement gardé dans un sachet en plastique, puis regarder devant soi, marcher, marcher dans la bonne humeur en écoutant Baba Maal, Abou Diouba Deh, Ndèye Gawlo, marcher, toujours marcher derrière des animaux en criant pour les orienter de temps en temps.

Quand on parle des mesures-barrières (masques, gel hydro alcoolique, lavement des mains à l’eau et au savon, distanciation physique), de 3e vague, de propagation rapide de la COVID-19, du nombre inquiétant de nouveaux cas, des décès par jour qui dépassent maintenant, régulièrement la dizaine, de la vaccination, il y a à se poser beaucoup de questions.

Dans les villages, c’est un autre monde ! En s’y rendant, on se croirait ailleurs, dans un monde à deux vitesses, celui dont on vient avec ses protections visibles et inefficaces puis l’autre monde, celui que l’on découvre avec sa simplicité de voir les choses, de les considérer d’une tout autre manière, sous la protection, d’un ETRE Suprême, du Tout Puissant DIEU !

La vie et la mort ne sont séparées que par une fine cloison. Chaque jour qui passe, elles sont ensemble, toujours ensemble, ne se quittant jamais. La première, chez certains peuples égaient tandis que chez d’autres, c’est la consternation ; la mort, elle, installe la peur dans certains endroits du globe alors qu’elle signifie délivrance, repos éternel dans d’autres. Joie ou tristesse, la vie et la mort se côtoient. Comme des sœurs jumelles, elles se ressemblent et à tout moment rassemblent les gens !

L’éducation, les manières de penser, les façons d’agir diffèrent d’une population à une autre. Elles façonnent les êtres de chaque partie de la terre ! La FOI en cet ETRE Suprême, en ce DIEU unique, Créateur de la terre modifie les comportements.

Les hommes sont les seuls responsables de tous leurs maux ! Ils scient, eux-mêmes, sans réfléchir, la branche sur laquelle ils sont « sagement » assis. Leur réaction tardive montre à chaque fois qui ils sont : des attardés mentaux, incapables de se solidariser, de noyer l’égoïsme qui les ronge, les mine ! Comment serait la vie avant la mort si chaque être vivant considérait son prochain comme lui-même ? La vie n’aurait-elle pas été magnifique, belle ? Aucune maladie n’aurait osé attaquer un homme ! Avec leurs sciences (malheureusement sans conscience), tous les hommes, tous les autres se seraient levés comme un seul (homme) pour la combattre ! L’union faisant la

force, le combat serait gagné d’avance sans trace de luttes car médecins, spécialistes de pharmacopée traditionnelle, marabouts, charlatans, magiciens, voyants, tous se seraient serrés les coudes pour empêcher à cette ennemie commune d’envahir l’un d’entre eux . Le « chacun pour soi » et non le « tous pour UN » n’a jamais résolu les problèmes de la société. Le monde doit changer de mentalité et se transformer en un havre de paix, d’égalité et de fraternité !

Idrissa Diarra, bakelinfo.com

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