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La Voix du département de Bakel

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Tenue Collegiens SN

Pendant que la 3e vague déferlante de la COVID-19 avec son variant Delta « empoisonne » la vie des populations du monde, que les vaccins insuffisants sont boudés par des hommes et des femmes parce que n’y ayant pas totalement confiance, que la majorité des élèves se retrouvent en vacances, que la minorité en classes d’examens se traumatisent dans cette période sensible d’évaluations, Mocirédin pleure sans qu’aucune larme ne coule sur ses vieilles joues habituées souvent à en recevoir. Ha la pauvreté !

 

Toujours bien protégé par son masque qu’il ne quitte plus jamais même à la maison, le mari de Diambéré Khoumba ne sort plus de chez lui. Chaque jour qui passe, le pauvre homme entend, sans le vouloir, des informations qui l’attristent et l’apeurent. Il a appris que lors du Conseil Interministériel passé pour l’insertion et l’emploi des jeunes, dix milliards seront destinés à la généralisation des tenues scolaires dès cette rentrée 2021/2022 dans le Préscolaire et dans l’Elémentaire.

Le Ministre de l’Education Nationale a ensuite annoncé l’effectivité de la mesure, par note en date du 3 août à son collègue de l’Artisanat et à tous les Inspecteurs d’Académie pour le choix des couleurs.

Même s’il n’a jamais fréquenté les bancs d’une quelconque école française, Mocirédin parvient à se faire comprendre dans la langue de Molière. Il suit les informations à travers les médias et les partage très souvent avec des gens avertis, bien au courant de l’actualité dans le monde. La COVID-19 et bien avant elle, les maladies pandémiques ont toujours été une source de business pour une certaine catégorie de personnes. L’on a, depuis toujours, exploité le malheur des pauvres pour s’enrichir davantage sur leur dos.

Les parents d’élèves ont depuis très longtemps acheté les tenues scolaires de leurs enfants ! A part les élèves internes qui avaient droit à beaucoup d’avantages, la majorité des élèves étaient habillés par les parents.

Cette volonté d’injecter dix milliards, rien que pour des tenues scolaires dont la durée ne dépassera pas trois ans, inquiète sérieusement le père de Mma Tokhora et de Taata. Au moment où cette 3e vague meurtrière massacre les populations, que l’oxygène se raréfie dans nos hôpitaux, que les vaccins insuffisants sont attendus, est-il opportun de penser à des tenues scolaires, même si beaucoup d’autres milliards ont été orientés vers la santé ?

Que dire donc de ces millions d’enfants sous des abris provisoires qui porteront de belles tenues dans des classes en paille ou en tiges de mil ? Une salle de classe construite peut durer une vingtaine d’années alors que la tenue scolaire ne dépassera jamais quatre années !

Qui héritera de ce marché juteux de confections de tenues scolaires ? Ce n’est certainement pas Djiby Konaté, Tidiane Ndiaye, Bouba Bâ, Ndiaga Diop ou El Hadj Khonté, pourtant des tailleurs bien appréciés à Bakel, qui vont bénéficier de la confection des tenues des élèves du

département de Bakel. A la rentrée des classes, des paquets de vêtements nous viendront de Dakar ou d’ailleurs. Dans notre pays où tout est priorité, le choix à faire est certes difficile mais entre la construction d’une salle de classe, l’achat de matériels pour l’hôpital d’enfants Albert Royer, des routes, des pistes de production, des entreprises pour permettre à la jeunesse de se prendre en charge contre des tenues scolaires, Mocirédin, comme la plupart de ses compatriotes, a fait son choix : il préfère de loin qu’on intervienne dans l’éradication des abris provisoires, dans l’achat de vaccins et dans la création d’emplois pour les jeunes.

C’est un problème de priorisation !

Idrissa Diarra bakelinfi.com

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