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L’Afrique de l’ouest semble devenir le maillon faible du système démocratique et sécuritaire du continent africain. Ces dernières années, cette partie du continent vit au rythme d’une instabilité politique et institutionnelle du fait des changements de constitutions pour permettre aux chefs d’état en fin de mandat à se maintenir du pouvoir au-delà de la limite autorisée. A ces «coups d’état» constitutionnels qui ne disent pas leur nom notamment en Guinée, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Togo, s’ajoutent les coups de force des militaires comme c’est le cas le 5 septembre dernier en Guinée. Mais aussi au Mali. A côté de cette honteuse grisaille, on note toutefois une petite embellie notamment au Ghana, en Mauritanie, au Niger, au Nigeria. Au Sénégal, le pays retient son souffle alors qu’au Bénin, Patrice Talon a fini d’annoncer les couleurs qu’il ne briguerait pas un troisième mandat en… 2026.
 
La région ouest africaine est-elle devenue le maillon faible du système démocratique et sécuritaire du continent africain  ? Composée de 16 pays dont plus de la moitié sont issus des anciennes colonies françaises, cette zone est aujourd’hui marquée par une situation sécuritaire précaire au niveau de plusieurs de ses pays membres. Cette situation est en partie liée au nombre important des coups d’état et tentatives de coup d’état répertoriés au cours des dernières années dans cette partie du continent africain.

15 COUPS D’ETAT EN AFRIQUE DE L’OUEST SUR LES 34

En effet, sur le nombre de 34 coups d’états et tentatives de coup d’état répertoriés depuis 2001 sur le continent africain, 15 sont survenus dans des pays localisés au niveau de cette région. Aujourd’hui seul, le Sénégal fait, pour le moment, exception de cette situation du changement antidémocratique du pouvoir. D’ailleurs, une étude menée par deux chercheurs américains, Jonathan Powell et Clayton Thyne de l’université du Kentucky, place huit pays ouest africains sur la liste des 12 Etats africains ayant connu le plus grand nombre de coup d’état depuis 1952. Il s’agit entre autres, Ghana et Sierra Leone qui totalisent chacun 10 coups d’état. Les deux sont suivis par le Mali, le Bénin, le Nigéria, le Burkina Fasso et la Guinée Bissau qui totalisent chacun 8 coups d’états. Au bas de ce classement des 12 Etats africains ayant connu le plus grand nombre de coup d’état depuis 1952 dominé par le Soudan (15 coup d’état) suivi par le Burundi (11) et Iles Comores (09), se trouvent le Niger et le Tchad, pays de l’Afrique centrale. Aujourd’hui, alors que le développement de cette zone est plombé par ces coups d’état et tentatives de coups d’état du fait de leurs contrecoups sur le tissu économique local, un nouveau phénomène vient renforcer cette situation d’instabilité. Il s’agit des changements tendancieux des constitutions opérés par des chefs d’état en fin de mandat pour se maintenir du pouvoir que certains observateurs ont fini de baptisés de «coups d’état constitutionnel».

Si cette modification du nombre des mandants présidentiels au-delà de la limite autorisée par la Constitution du pays a été toujours recourue par le passé, cette stratégique est de plus en plus dénoncée dans beaucoup de pays. Et son usage par les chefs de l’état est de plus en plus sources de tensions politiques qui, non seulement, s’étend parfois au-delà de la période électorale mais peut aboutir à l’intervention des militaires comme c’est le cas au Burkina Faso et récemment en Guinée où une partie de l’armée à profiter de la pression de la rue pour s’emparer du pouvoir après avoir débarqué respectivement le président Blaise Compaoré et Alpha Condé qui avaient modifié la constitution pour s’offrir un troisième mandat.

En Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara qui avait fini de désigner son dauphin (Amadou Gon Coulibaly) et candidat de son parti à la présidentielle, a fini par faire volte-face en se présentant et en l’emportant par un score brejnévien, suite au décès de ce dernier. En Guinée, celui qui voulait devenir le Nelson Mandela de l’Afrique de l’Ouest, a fini comme Robert Mugabe à la suite d’un troisième mandat obtenu avec un bain de sang. Au Burkina Faso, Blaise Compaoré était devenu le champion de modifications de la constitution avant qu’il se soit chassé par la rue comme un vulgaire délinquant poursuivi par la clameur publique jusqu’à Abidjan où il va trouver refuge. Pendant ce temps, au Togo, la dynastie Eyadema règne sans partage. La liste est loin d’être exhaustive.

MAHAMADOU ISSOUFOU ET MOHAMED OULD ABDEL AZIZ DES «EXEMPLES» A IMITER

En 2019, deux ans avant la fin de son second mandat, Mahamadou Issoufou déclare dans une interview accordée à Jeune Afrique  : «Ma décision de respecter la Constitution et de ne pas me représenter est irrévocable». Il va respecter sa parole en refusant d’essayer de réécrire la charte fondamentale de son pays pour s’éterniser au pouvoir. Le 21 février 2021, il passe le témoin à son ami de plus de trente ans, Bazoum Mohamed ancien ministre de l’intérieur et des affaires étrangères, plusieurs fois député et avec qui, il avait créé le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA). L’actuel homme fort du Niger fut d’ailleurs pendant longtemps vice-président de ce parti avant d’en devenir président. Un exemple à méditer. Mais Issoufou n’est pas le seul à avoir refusé de briguer un troisième mandat. Il y a aussi Mohamed Ould Abdel Aziz. Arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’État militaire contre le premier président élu démocratiquement Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, le président Aziz va organiser et remporter la présidentielle de 2009 pour un mandat de cinq ans, renouvelé à l’occasion de la présidentielle de 2014. La Constitution mauritanienne n’autorise que deux mandats, Abdel Aziz, après onze ans passés au pouvoir passe la main le 1er août 2019, à Mohamed Ghazouani. Ces deux exemples vont-ils faire tache d’huile ? En tout cas, au Bénin, le président Patrice Talon a levé toute équivoque en annonçant officiellement avoir renoncé à briguer un troisième mandat au terme de ses deux mandats constitutionnels. “Je mesure la portée du relais et devant vous combien je vais m’engager, vous prendre à témoin pour passer ce relais, le troisième dimanche de mai 2026, à celui qui aura la confiance du peuple béninois”, a déclaré le président Talon à Cotonou. Sauf que 2026 est encore loin. Les Sénégalais l’ont déjà vécu sous Abdoulaye Wade en 2012. Actuellement, ils sont dans l’expectative même si le Chef de l’Etat, Macky Sall a déclaré et même écrit dans son livre qu’il ne briguera pas un troisième mandat.

OUI AUX COUPS D’ETAT CONSTITUTIONNEL, NON AUX COUPS D’ETAT MILITAIRE

En tout état de cause, il ne faut rien s’attendre de la CEDEAO, qui est considérée à tort ou à raison comme un «syndicat de Chefs d’état», condamnant les coups d’état militaire et en fermant les yeux sur les coups de force constitutionnel. En Cote d’Ivoire, en Guinée et partout ailleurs, l’organisation sous régionale s’est montrée impuissante voire «complice» des coups d’état constitutionnel. En revanche, elle a été, à l’instar de l’Union africaine, des Nations Unies et même de la France à condamner les coups de force des militaires. Au Mali par exemple, nous avons assisté en l’espace d’un an à deux coups de force. Pis, les militaires oublient même de rendre le pouvoir aux civils.

NANDO Cabral GOMIS, sudonline.sn

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