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En 1944, plusieurs dizaines de tirailleurs sénégalais rapatriés à Dakar sont mitraillés par l’armée française alors qu’ils réclamaient leur solde non payée. Retour sur un événement tragique.

Le 30 novembre 2014, lors d’un déplacement au Sénégal, François Hollande prononce un discours remarqué au cimetière de Thiaroye, dans la banlieue de Dakar. Le président de la République française évoque « les événements épouvantables, impardonnables » survenus dans les environs, le 1er décembre 1944. « Je voulais réparer une injustice et saluer la mémoire d’hommes qui portaient l’uniforme français et sur lesquels des Français avaient retourné leurs fusils », souligne François Hollande. De quoi s’agit-il ? D’un massacre de masse autour duquel existent toujours des zones d’ombre.

 

Les deux auteurs de ce documentaire ont suivi Aïcha, Boubacar et Magui, trois jeunes artistes originaires de Thiaroye qui tentent d’en savoir plus, avec l’aide de l’historien et chercheur Martin Mourre, sur le mitraillage de plusieurs dizaines de tirailleurs sénégalais par l’armée française, ce funeste 1er décembre 1944.

Aujourd’hui encore, on ne connaît pas le nombre exact de victimes dans le camp militaire. Les estimations vont de 70 à plus de 300. On ne sait pas où sont enterrés les corps. En 2014, François Hollande a remis aux autorités sénégalaises des archives liées aux événements de Thiaroye. Elles ne sont toujours pas consultables.

Pourquoi l’armée française a-t-elle tiré sur des soldats désarmés, ayant combattu pour la France ? A priori pour une histoire d’argent. Pour punir des hommes ne faisant que réclamer leur dû, à savoir un rappel de solde de captivité.

Nombreux coups de feu

Prisonniers de guerre dans des camps situés en Bretagne entre l’automne 1940 et 1944, après avoir combattu les Allemands sous l’uniforme français, près de 1 300 tirailleurs sénégalais sont rapatriés à Dakar fin novembre 1944. Une circulaire officielle précise que le paiement de leur solde de captivité doit être réglé ainsi : un quart de la somme lors de l’embarquement à Morlaix (Finistère), le solde lors du débarquement à Dakar.

La méfiance de beaucoup de tirailleurs est justifiée : ils ne seront pas payés. Où est passé l’argent non versé ? De Gaulle est-il au courant de ce qui se prépare ? On ne le sait pas. Le 27 novembre 1944, nombre d’entre eux refusent de partir pour Bamako. La hiérarchie militaire française décide de rétablir l’ordre à sa façon.

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L’opération commence le 1er décembre à 5 heures du matin, dans le camp militaire de Thiaroye, loin des regards. Mais quelques témoins de l’époque interrogés dans ce documentaire se souviennent parfaitement des nombreux coups de feu entendus depuis la gare, à quelques centaines de mètres.

A la suite de ce massacre, les autorités militaires françaises vont, comme le souligne Martin Mourre, « fabriquer des meneurs, des coupables, des preuves » pour inculper des tirailleurs dont trente-quatre seront jugés par un tribunal militaire. « Le jour où la vérité sur Thiaroye apparaîtra au grand jour, ce sera radioactif comme déflagration ! », lance un témoin. Ce jour n’est pas encore arrivé.

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