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L’alimentation sénégalaise dépend fortement des importations. De plus, diverses politiques sont menées par les régimes pour assoir une sécurité alimentaire. C’est ce qui ressort de l’Etude sur l’Etat des Politiques alimentaires présentée hier, vendredi 10 septembre, à travers un webinaire organisé par Cicodev-Afrique.

 
L ’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev-Afrique), en partenariat avec l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (Afsa), a tenu un webinaire hier, vendredi 10 septembre, pour la restitution d’une Etude sur l’Etat des lieux des Politiques alimentaires au Sénégal. Selon le professeur Ibrahima Sall, du département de géographie de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, réalisateur de l’enquête, il existe plusieurs politiques, programmes et projets pour atteindre la sécurité alimentaire dans notre pays. Il y a aussi une forte dépendance aux importations de denrées alimentaires. L’enquête a également montré que l’incidence de la Covid-19 risque de mettre en péril le système alimentaire. Ainsi, pour contenir les incidences de la Covid-19, il trouve l’Etat met en œuvre des Stratégies de résilience du système alimentaire. Organisé autour de chaine de valeurs agro-sylvo- pastoral et halieutique, le système est marqué par de profondes mutations dans les habitudes alimentaires en lien direct avec l’urbanisation. Les campagnes adoptent les modes de consommation de la ville, avec une prédominance du riz qui supplante les céréales locales. Les productions restent aléatoires et sont tributaires des variations pluviométriques.

UNE ALIMENTATION EXTRAVERTIE ET FORTEMENT SUBORDONNEE AUX IMPORTATIONS

Mieux, relève l’étude, 53% des dépenses des ménages sont réservées à l’alimentation. 37% de ce budget alimentaire servent à acheter des céréales et du pain. 8,6% sont destinés aux protéines animales, comme la viande. 12% de ce budget sont réservés à l’achat de légumes. 9% sont utilisés pour la consommation de poissons. Les exploitations familiales, quant à elles, sont fragilisées par l’insécurité foncière et le développement de l’agrobusiness. Les terres agricoles sont fortement dégradées. L’étude montre aussi un manque de cohérence des politiques agricoles, le mode de consommation extraverti, avec une préférence des produits importés. En outre, les politiques alimentaires sont fortement marquées par l’essoufflement des politiques d’exportation et recentrage sur la sécurité alimentaire. Il y a aussi des politiques inspirées des stratégies sous régionales, mais aussi la multiplication des programmes spéciaux. Les politiques agricoles et alimentaires du Sénégal continuent de souffrir d’un déficit de cohérence, perceptible à l’échelle du secteur agricole et de ses sous-secteurs. Les cultures végétales jouissent d’une attention prioritaire, au détriment de l’élevage et de la pêche, sans pour autant répondre à un objectif politique précis. Parmi les manquements, on note aussi un déficit d’intégration des différents acteurs, l’individualisme qui caractérise le jeu des acteurs, en raison des fortes pressions financières.

1.984.531 TONNES DE CEREALES IMPORTE EN 2018, POUR UNE VALEUR DE 210 MILLIARDS, CONTRE 207,1 MILLIARDS EN 2017

L’alimentation sénégalaise est fortement subordonnée aux importations. En 2018, le Sénégal a importé 1.984.531 tonnes de céréales réparties comme suit : 50% concernant le riz, avec 997.280 tonnes, 30% de blé, soit 604.498 tonnes et les 20% des céréales maïs et mil. La valeur monétaire des importations, en 2018, est de 210 milliards contre 207,1 milliards de F Cfa en 2017. La production céréalière qui couvre 68,6 des besoins est évaluée à 2.909.307 tonnes, en 2018, soit un gap de 1.000.000 tonnes. Ce qui atteste de la subordination aux importations. Après tous ces constats, l’auteur de l’Etude n’a pas manqué de formuler des recommandations. Elles sont, entre autres, le renforcement de la volonté et l’engagement des autorités politiques à mettre l’alimentation au cœur des Stratégies territoriales et locales de développement, la cartographie analytique des acteurs et de leurs rôles dans le système alimentaire au niveau national, le renforcement des interventions et les interactions entre les parties prenantes et la promotion des chaines de valeur fortes sur la base d’une approche systémique et du renforcement des relations intersectorielles.

Fatou NDIAYE, sudonline.sn

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