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Guy Marius Sagna

Guy Marius Sagna de Frapp France-dégage a vécu un quart d’heure à Malicounda, une localité dans laquelle il s’était rendu suite à un litige foncier.
Il a été malmené comme l’a été aussi Serigne Bara Sène, le fils du marabout Cheikh Ndigeul Sène à Dohine. La même actualité nous renseigne que les mêmes violences opposent les populations de Dougar aux forces de l’ordre, là aussi pour un problème foncier. Et comme la terre est souvent source de beaucoup de conflits dans notre pays, à Ndingler, des affrontements ont causé de nombreux blessés. Si nous devons répertorier tous les
conflits qui émaillent l’actualité ces derniers temps avec parfois mort d’hommes comme c’était le cas à l’Université de Dakar entre étudiants de Kékendo et de Ndefling, la liste serait longue. Ce qui se passe, c’est que le fait pour les populations de se faire justice par elles-mêmes devient une
nouvelle tendance. Pis, on s’attaque maintenant à des édifices publics y compris à des brigades de gendarmerie qui contiennent des dépôts d’armes et de munitions.

A cette violence physique, s’ajoute une violence morale d’une rare intensité à laquelle personne n’échappe sur les réseaux sociaux. Derrière les claviers, on se déchaîne y compris sur les symboles les plus sacrés de notre société et de notre république. Certains sont d’ailleurs devenus célèbres parce qu’ils insultent des autorités. Nous avons une société où la violence s’installe de plus en plus pour devenir le mode de communication et de règlement des différends des plus intimes aux plus politiques. A ce propos, les insultes, les invectives et les complaintes ont remplacé le débat en toute civilité entre personnes responsables. Ainsi, les leaders les plus écoutés et donc les plus invités sont ceux qui sont en général les plus extravagants. On s’en moque de savoir s’ils sont raisonnables ou pas. Face à cette situation, il est important pour les pouvoirs publics, de fixer des limites et de réagir avant que la situation ne dégénère. Nous savons tous que nombre pays africains ont sombré parce qu’à un moment donné, certains de leurs fils ont cru qu’avec la violence, ils peuvent régler leurs problèmes.

Le génocide rwandais est souvent cité en exemple avec ses milliers de morts mais presque tous les pays ont sombré, à un moment ou à un autre, dans la spirale de la violence. Bien sûr, le Sénégal a pendant longtemps, su mettre en place les mécanismes sociaux et institutionnels nécessaires à une bonne vie en harmonie. Hormis le conflit casamançais qui commence à être un mauvais souvenir, notre société a su trouver les ressources nécessaires pour désamorcer de nombreux conflits grâce à un ingénieux système de cousinage à parenté, des médiateurs sociaux très respectés et des institutions publiques qui fonctionnent tant bien que mal. Mais, malheureusement, aujourd’hui, c’est tout cela que l’on est en train de remettre en cause. Sans oser parler de planification de ‘’forces occultes’’, on peut penser que ce n’est pas un hasard si tout ce qui faisait notre fierté est aujourd’hui remis en question. Les exemples les plus patents, c’est que les chefs religieux sont de plus en plus critiqués et l’Armée, réputée naguère comme la grande muette, fait aujourd’hui la Une des journaux. Une situation qui fait suite à la disparition de la ‘’peur du gendarme’’ et à l’effritement de l’autorité de l’Etat. Une situation qui, naturellement, laisse place à des règlements de compte de plus en plus importants. A tous les niveaux de la société. Il suffit juste que leurs intérêts soient menacés.
On ne se contente plus de porter des brassards rouges. On s’engage en attaquant et on cognant. Et aucun segment de notre société n’échappe à cette logique. La preuve, on a vu les cas de plus en plus importants de parricides avec comme une des dernières victimes, un marabout assez respecté. C’est pourquoi il est temps de travailler à mettre en oeuvre tous les mécanismes d’antiviolence optimaux afin de prévenir les scènes de violence et au cas échéant de punir les coupables. Ceux qui font l’apologie de la violence y compris dans le monde virtuel qui est internet, doivent aussi subir la même foudre des autorités chargées de veiller sur la sûreté et la sécurité publique. Nous tenons enfin à rappeler que dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, vaut mieux prévenir que guérir. Et qu’aujourd’hui, tous les signaux sont au rouge.


ASSANE SAMB, rewmi.fr

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