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dakar encombrement

«Dakar étouffe !» C’était le thème d’une exposition de photos de Kadia Sow, alors reporter-photographe à Sud Quotidien, dont le vernissage avait été présidé par l’ancien député-maire de Dakar, Pape Diop. A travers l’objectif de son appareil, elle avait fixé des images d’embouteillages, d’encombrements des routes et trottoirs par des marchands et autres, sans compter les détritus qui font toujours partie du quotidien des Dakarois. Relevant, dans le contexte d’alors, que le concept de mobilité urbaine constitue un «horizon lointain» pour les populations confrontées, à chaque instant, à la pollution, aux bouchons énormes et à l'insécurité.

Plus d’une décennie après, la situation, dans ce Dakar qu’elle avait choisi d’immortaliser en images, va de mal en pis. Dans la capitale sénégalaise, tout est question d’argent ! Entre installation de gargotes, cantines et autres formes d’occupation anarchique des trottoirs, entravant la mobilité urbaine (en ville), car les piétons obligés de partager la chaussée avec les véhicules au risque de leur vie, absence totale de cadre de vie avec des immeubles qui poussent partout comme des champignons et absence d’aires de jeux et d’espaces verts et de détente, Dakar est en train de devenir un grand «souk». Sud Quotidien vous promène dans ce mal vivre dans la capitale et sa périphérie. Reportages !

 
PARKINGS PRIVES, CANTINISATION ET OCCUPATION IRREGULIERE DES TROTTOIRS EN VILLE : La capitale sénégalaise, un grand «souk»

Des marquages au sol (en jaune) avec une ligne droite suivie numéro d’immatriculation du véhicule DK… ou encore des panneaux avec les inscriptions suivantes : «Parking payant», «Parking réservé». Ces deux indications que l’on peut apercevoir le long des trottoirs, aux devantures des terrasses, restaurants, banques, écoles et autres services au centre-ville, à Dakar, en disent long sur le mal vivre des piétons et les difficultés pour les automobilistes à circuler librement dans la capitale. Surtout des particuliers qui éprouvent de la peine à trouver où se garer dans la ville, le temps de régler un besoin. A Dakar, tout est question d’argent ! Des trottoirs sensés faciliter la mobilité, du fait de l’étroitesse grandissante de la capitale, sont entre les mains de quelques personnes qui en font leur domaine privé. A tort ou à raison ? Conséquence, en ville, garer ou trouver un espace où garer sa voiture devient problématique, avec le risque de voir sa voiture enchainée (avec les sabots des agents municipaux et autres), sous le motif d’un stationnement irrégulier. Si on n’est pas simplement prié de vider le lieu, une place d’autrui. Des parkings réservés qui fleurissent partout en ville et en périphérie, avec des agents qui veillent au respect de ces lieux.

PARKINGS RESERVES ET SABOTS SOUVENT SOURCES DE CONFLITS

Du boulevard de la République aux avenues Georges Pompidou, Blaise Diagne, Lamine Gueye, la rue Jules Ferry, etc. en passant par la Place de l’Indépendance, le constat est partout le même ou presque. Des trottoirs privatisés, du coup garer sa voiture devient une prouesse pour certains. A côté des coups de sifflets retentissants des agents de la Police et agents municipaux régulant la circulation très danse en ville, des hommes s’affairent autour des parkings. La méthode, un signe de la main envoyé à l’usager depuis son véhicule, pour lui dire : «Vous voulez garer ? Oui, rétorque Monsieur/Madame ! Venez, il y a de la place par ici.» Si certains des travailleurs de ces parkings sont réticents à notre interpellation sur le fonctionnement de ce «gagne-pain», d’autres livrent le secret qui entourent ce business. Ce jeune homme, âgé d’une trentaine d’années environ, sous le couvert de l’anonymat, est un employé de la SIDH. Trouvé à la Place de l’Indépendance, entrain de veiller au respect des places réservées, pour qu’elles ne soient occupées par des particuliers qui ne sont là que pour quelques minutes, il nous explique le procédé. «Je suis là depuis 2011. Les parkings sont privés et c’est la SIDH qui gère ces parkings que vous voyez ici. Et elle (SIDH) nous a employées pour gérer ces parkings. Sur ces traits jaunes que vous voyez là, il y a le matricule de la voiture pour attester que cette partie appartient à telle ou telle personne. Chacun doit garer dans son parking, c’est comme ça que cela se passe. Maintenant, s’il y a une place libre ou si son propriétaire n’est pas encore arrivé, tout véhicule qui veut y stationner, nous demandons au conducteur de nous donner les clés de contact. Si la personne refuse, il ne doit pas pouvoir garer son véhicule. En tout cas, c’est une directive de notre patron et nous exécutons», explique-t-il.

POURQUOI LES SABOTS ?

«C’est la mésentente qui fait que parfois nous mettons des sabots au niveau des pneus. Si vous venez et qu’on vous dit que ce parking est réservé, vous ne devez pas forcer pour vouloir garer votre voiture. En tout cas, tout ce qui adviendra, c’est la personne qui a forcé qui va subir les conséquences. Il y a aussi des personnes qui viennent garer juste à côté de ces parkings. Et si le véhicule (propriétaire) qui se trouve dans le parking veut partir, comment il va faire ? A chaque fois, il y a des disputes. Nous ne sommes que de simples agents qui faisons leur travail. Maintenant, nous disons aux gens, qui se plaignent du fait que leur véhicule soit accroché avec des sabots, il faut aller à la SIDH ou à la mairie pour y voir beaucoup plus claire», précise-t-il.

Avant de conclure : «Des fois, il y a des clients qui comprennent, dès que vous leur expliquez le fonctionnement de ces parkings. Mais, parfois, il y a certains qui refusent de comprendre et veulent faire le forcing. Mais ça fait partie du terrain», renchérit l’agent. Un travail accompli de concert avec les agents de la Ville de Dakar, faciles à identifier par leurs tenues, toujours à la Place de l’Indépendance. Composé d’hommes et de femmes, ils s’activent à ce que les véhicules stationnent bien et n’empiètent pas sur les voies réservées à la circulation. Cette dame de teint noir, portant un gilet de couleur verte accompagné d’un sifflet, fait partie du groupe. Très enthousiaste, en témoignent ses gestes, elle est très passionnée. Interpellée alors qu’elle échangeait avec une dame qui veut se rendre dans une agence de voyage et qui ne parvient pas à trouver une place pour stationner, elle déclare : «le travail est vraiment passionnant. Nous veillons au respect des règles de stationnement, précisément sur les ailes de la chaussée. En d’autres termes, faire en sorte que les véhicules stationnent normalement dans ces parkings, sans gêner ceux qui sont en circulation. Même le président de la République passe régulièrement par ici. Donc ça doit être bien régulé».

AVIS DIVERGENTS D’USAGERS

Un travail diversement apprécié par certains automobilistes. Pour Amadou Gaye, chauffeur à la Direction des Comptes publics et du Trésor, ces agents font du bon boulot. «Ils font du bon boulot. Ils facilitent vraiment la tâche aux automobilistes. Je peux en juger parce que chaque jour je suis là. Ils respectent en même temps les automobilistes», témoigne M. Gaye. Et d’ajouter : «Ceux à qui on met des sabots n’ont pas respectés les règles. Tu ne peux pas avoir ta voiture et la garer en pleine route et que tu empêches les autres automobilistes de circuler. Mais, si on vient te mettre un sabot, il faut payer. Moi je suis d’accord avec les agents de la mairie qui mettent les sabots aux gens qui ont mal garé», peste-il. Moussa Sané est un «thiak-thiak man» (transport rapide via un scooter). Il prend le contre-pied d’Amadou Gaye. «En ville, c’est compliqué ; avec les travaux, tout est barré, il n’y a pas de voies par où passer. Or, quand tu vas en ville, dans une banque, magasin ou dans une Direction, c’est pour un rendez-vous ou un besoin. Je ne peux pas avoir un besoin dans ce lieu et garer loin. Maintenant, si tu ne peux pas garer là où tu vas, où est-ce que tu vas le faire ? Et si tu stationnes, les agents viennent te mettre des sabots. Ce n’est pas normal», regrette-til

PAR ABDOULAYE A. SAKHO (STAGIAIRE) & ID

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