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Le Professeur Awa Marie Coll Seck a arpenté les Marches du Quotidien, pour la première fois, depuis qu’elle préside aux destinées du secteur de la Santé au Sénégal.

Le Quotidien qui a fait d’elle son «homme de l’année», comme d’autres l’ont fait, a eu l’insigne honneur de la recevoir dans ses locaux de la cité Djily Mbaye, quelques minutes seulement après sa descente d’avion en provenance de Conakry, lundi dernier. Accompagné d’une partie de son cabinet, le ministre de la Santé et de l’action sociale a diagnostiqué avec la Rédaction, les maux de son secteur, dans une ambiance très détendue, avec des anecdotes qui plongeaient parfois la salle, dans une hilarité générale. Dans cet entretien, qui sera publié en deux jets, le Pr Seck se félicite des résultats obtenus dans la riposte contre Ebola, tout en reconnaissant néanmoins, qu’il y a beaucoup à faire pour trouver des solutions aux difficultés auxquelles les Sénégalais sont confrontés dans le secteur.

 


A quoi peut-on s’attendre entre les deux pays, après votre voyage à Conakry ?
Je voudrais tout d’abord dire que nous avons des relations particulières avec votre journal qui a un intérêt particulier pour la Santé. Donc, c’est avec plaisir que je me retrouve au niveau de votre Rédaction avec mes collaborateurs pour discuter du secteur. Nous sommes allés ce matin (lundi) à Conakry rencontrer le président de la République Alpha Condé. J’étais porteuse d’un message de Monsieur le président de la République, en tant que chef de délégation. C’était un message d’amitié, mais également de demande d’ouverture des discussions concernant la réouverture des frontières comme eux en ont parlé antérieurement. Comme vous le savez, on les (frontières) ferme, mais on les rouvre à un moment et il faut préparer cela. Nous sommes allés sur le terrain avec quatre autres ministres de la République. Donc, c’était une grande délégation, avec le ministre de l’Intérieur, de l’Economie maritime, des Transports aériens et des infrastructures. Nous avons été aussi avec des gradés de l’Armée, dont le Général de la gendarmerie et l’Inspecteur en chef de la police. Nous avons eu une discussion avec Monsieur le président de la République qui a été vraiment très agréable. Il a montré que nous étions des pays frères et que vraiment, son intérêt à lui n’était pas qu’il y ait des cas d’Ebola au Sénégal, venant de la Guinée. Ce qu’il aurait voulu, c’est qu’on discute pour voir comment faire pour le mieux. Il y a eu une réunion d’un groupe d’experts et le résultat de tout cela, c’est que nous avons été invités à la frontière avec la Guinée, à Kalifourou dans le Kolda, pour voir quel est le diagnostic de la situation, quels sont les besoins, mais également quel type de mécanisme nous allons mettre sur pied pour pouvoir vraiment avoir une frontière avec une bonne surveillance épidémiologique.
On a prévu de rencontrer les équipes techniques guinéennes le 6 janvier et après cette rencontre, il y aura un procès-verbal qui sera retourné au niveau des ministres pour voir si ça passe ? Donc, c’est dire que c’est un processus que nous allons déclencher qui nous amènera, puisque c’est normal, vers la réouverture des frontières avec toutes les conditions qu’il faut.

La réouverture des frontières est-elle envisageable à court terme ?
C’est possible. Déjà dans une semaine, il y a une réunion qui est technique. Il faudra que tous les résultats soient validés par les ministres concernés et que les Présidents eux-mêmes en soient informés. Cela peut prendre un peu de temps. Le temps qu’on s’organise.

Mais entre-temps, qu’est-ce que le Sénégal est en train de faire pour aider les Guinéens à se mettre à niveau dans ces conditions ?
Les Guinéens ont vraiment beaucoup progressé. Je crois qu’aujourd’hui, ils ont un système très respectable. Ils ont eu des appuis de beaucoup de partenaires. Au niveau des frontières, ils ont le soutien de la France et 34 autres partenaires qui les appuient dans la lutte contre Ebola. Ils ont pris conscience de la gravité de la situation et ils ont même testé leur mécanisme au niveau des frontières, après les cas qu’il y a eus au Mali. Ils ont mis sur pied des équipes qui ont été mises à la frontière avec le Mali. C’est comme ce que nous faisons à Kidira (Tambacounda), dès que la personne arrive, elle se lave les mains, ensuite il y a le thermo-flash. Puis, il y a l’enquête avec une fiche, on pose un certain nombre de questions liées à l’origine et à la destination du voyageur. Une autre fiche est disponible pour que les gens qui ont le moindre problème puissent appeler sur des numéros de téléphone. A Kidira, c’est ce que nous faisons déjà.
Au niveau des frontières, des tentes sont montées pour isoler tout cas suspect, le temps de faire les examens complémentaires nécessaires. C’est ce que la Guinée est en train de faire de l’autre côté, au niveau de la frontière avec le Mali. Nous leur avons dit que c’est une affaire qui doit engager les deux pays. Le message est que personne ne doit quitter la Guinée sans être contrôlé, et quand des personnes arrivent au niveau de notre frontière, nous aussi, on fait la même chose. C’est ce qui fait qu’il y a, au moins, un chemin à faire entre la frontière guinéenne et notre propre frontière. Si vous voyez le cas de la frontière au niveau de Kalifourou ou de Kolda, il y a une trentaine de kilomètres entre la Guinée et le Sénégal. Ce qui veut dire que s’ils ne font pas leur travail de l’autre côté, c’est beaucoup de personnes qui entrent au Sénégal. Voilà pourquoi il faut vraiment que les deux pays s’engagent. Je crois que c’est à peu près ce qu’on s’est dit lors de la rencontre et moi, je peux vous dire que nous avons des partenaires pour ce travail.
Le gouvernement sénégalais a mis des moyens pour qu’on mette des constructions. Nous nous sommes dit que quand vous allez aux Etats-Unis et vous que voyez les gens sortir des avions, on les amène dans des services et non dans des tentes. Nous, ce qu’on veut, c’est qu’il y ait des structures qui peuvent même nous être utiles après la fin de l’épidémie. C’est notre projet qui va se faire dans les mois à venir. On va poser ce problème, celui d’avoir un centre d’isolement au niveau de la frontière et un centre de traitement dans la capitale pour pouvoir ouvrir les frontières en bonne intelligence.

Quelle est la situation que vous avez trouvée sur place ?
Il faut dire que les Guinéens vaquent à leurs occupations. Moi, j’avoue que j’ai suivi la situation depuis longtemps et je croyais trouver un pays un peu plus chaotique. Nous avons traversé la ville comme le Palais présidentiel est de l’autre côté. On ne peut pas dire que nous n’avons rien vu. Ce que nous avons vu, ce sont des gens qui vont et qui viennent dans les marchés. C’est différent de la situation qu’on a vue en Sierra-Leone où vous avez des cadavres dans les rues. Ce n’est pas du tout la même chose en Guinée. C’est vrai que la Guinée sort d’une situation très difficile, mais elle est en train de gérer cette situation. Ce qu’on a vu, ce sont des slogans. On a même vu une affiche de la Première dame qui se lave les mains. A partir de l’aéroport, on sent un certain engagement. Sur place, on a relevé nos températures quand on entrait et quand on sortait. Des produits antiseptiques ont été utilisés. Le Docteur Mamadou Ndiaye (directeur de la Prévention) a visité leur aéroport et regardé tous les détails. Il nous a dit que tout ce qui se fait chez nous est en train d’être fait là-bas et même, je ne veux pas dire mieux, ils ont un aéroport neuf et ils sont très bien encadrés par les Français. On voit des agents français à côté des Guinéens, c’est pour sécuriser l’aéroport par rapport la France. C’est pour vous dire que je n’ai pas vu le chaos en Guinée et c’est une bonne chose. Puisque nous parlons d’Ebola, il y a aussi la fièvre diplomatique… En tout cas nous avons été bien reçus. Nous ne sommes pas allés là-bas pour baisser les bras. L’accueil que nous avons eu du Président Condé lui-même est chaleureux. Il a même dit : «Nous allons tout faire pour que les choses se passent dans les meilleures conditions.» Il a même demandé à ses ministres d’être ouverts dans les négociations. La fièvre et les problèmes diplomatiques, s’ils existent, nous ne les avons pas trouvés sur place. Vous savez, on parle souvent de tension diplomatique entre les deux pays, mais nous restons des pays frères. Le Président Condé lui-même disait qu’ouvrir les frontières, ce n’était pas simple. C’est un processus complexe qu’il faut mener jusqu’au bout. Est-ce qu’il n’y a pas eu une absence de dialogue quand le Sénégal a décidé de fermer ses frontières ?Il y a eu un moment de refus qui a existé et qui a fait que le dialogue était très difficile. C’était : «Oui, ils nous en veulent», «Ce sont nos frères qui nous plantent le couteau dans le dos». C’était plus cela. Et dans ces conditions, c’était difficile que les gens puissent se parler. Le ministre des Affaires étrangères, à chaque fois que nous avons fait un geste concernant les frontières, la première fermeture, la seconde, l’ouverture, etc., a toujours parlé à son homologue guinéen.Personnellement, j’ai aussi parlé avec le ministre de la Santé de Guinée. Mais à chaque fois, on sentait vraiment un blocage et une grande déception. Quand nous avons eu notre cas et que d’autres pays ont fermé leurs frontières, tout le monde était fâché. J’ai vu des Sénégalais dire : «Pourquoi le Rwanda a fermé ?», «Pourquoi le Cap-Vert ferme ses frontières ?». Même nous, nous étions un peu fâchés. Souvent, je disais : «On a fermé nos frontières avec la Guinée, pourquoi vous refusez que les autres aient aussi peur et ferment leurs frontières ?» La fermeture des frontières n’est jamais très bien perçue de l’autre côté, même si vous y mettez les formes. Cela a perduré et c’était à une période où eux n’étaient pas prêts du tout. Ce qui est clair, c’est qu’ils n’avaient pas très bien pris cette fermeture et que le dialogue était assez difficile à ce moment-là. Il a fallu que les choses se tassent pour que le dialogue puisse se faire.Le Sénégal n’avait donc pas abandonné la Guinée pendant cette période ?Non justement. Je crois qu’ils ont fini par le comprendre. Je prends l’exemple de l’Institut Pasteur de Dakar, qui a été tout le temps en Guinée. C’est eux qui faisaient tous les prélèvements. D’ailleurs, le Président (de la Guinée) le sait. Il l’a même dit aujourd’hui (lundi à Conakry). Il a parlé de l’institut Pasteur de Dakar. Ils étaient là et c’était important pour le pays de pouvoir avoir des résultats. Nous avons également beaucoup travaillé avec des volontaires qui étaient en Guinée, en Sierra-Leone et au Liberia. Le Sénégal ne l’a pas abandonnée et on l’a montré tout doucement. Les gens ont compris qu’en réalité, même s’ils ne sont pas d’accord pour que le Sénégal ferme ses frontières, ce n’était pas une façon de les laisser tomber. C’était important pour qu’on puisse avoir une nouvelle possibilité de dialogue. La riposte est également nationale, est-ce que vous n’avez pas le sentiment que l’intensité de la lutte est en train de baisser avec le temps ?C’est pour cela que nous avons créé une nouvelle dynamique. Nous sommes tout à fait d’accord avec vous. Je prends l’exemple, qui n’est peut-être pas le meilleur, qui est celui de se serrer la main. A la mosquée qui est à côté de chez moi, il fut un temps où personne ne se serrait plus la main. L’imam lui-même, disait de faire attention à Ebola. Les gens étaient très inquiets, trop peut-être. Les gens avaient la pression d’Ebola, donc se lavaient facilement les mains, etc. Mais, c’est la nature humaine qui est comme ça. Quand le cas était guéri et qu’il n’y avait pas d’autres cas, petit à petit, les choses se sont tassées. Nous nous en sommes rendu compte, d’abord parce que les gens recommencent à se serrer les mains sans problème. Mais, les bonnes habitudes restent. Les gens ne se lavent plus les mains et pourtant ils ont pratiquement tous, des produits antiseptiques dans leur poche. On ne peut pas mettre tout le temps la pression sur les gens pour une maladie comme celle-là. Mais, nous pensons qu’il est temps de reprendre d’une autre manière, changer un peu les slogans, les spots, faire d’autres choses pour remettre en marche cet état important de vigilance. Mais aussi, Ebola a fait un an. C’était le 26 décembre que le jeune Emile (celui par qui la maladie s’est propagée en Guinée) a eu la fièvre et il est mort deux jours après. On est vraiment dans l’anniversaire. Si cela dure encore un an, on ne peut pas passer notre temps à ne faire que du Ebola. Il y a le palu, les méningites, les hypertensions, le Diabète, les structures sanitaires, l’accueil et plein de choses. On s’est dit qu’il était temps que l’on crée ce Centre des opérations d’urgence géré par le Docteur Abdoulaye Bousso pour qu’à chaque fois que l’on a une alerte, on puisse s’en occuper. Des gens dynamiques 24 /24 ne font que cela. S’il y a des alertes comme celle d’hier (le cas suspect déclaré à Grand-Yoff), c’est lui qui s’en occupe. C’est une équipe avec des gens dévoués : quelqu’un du Samu, quelqu’un de l’équipe du Docteur Ndiaye qui s’occupe de Surveillance épidémiologique, quelqu’un pour les réseaux sociaux. Il y a également ceux qui s’occupent de logistique, de l’administration. Il y a toute une équipe d’une quinzaine de personnes dans un local bien précis. On est même en train de construire quelque chose au niveau de l’hôpital de Fann. On veut que les choses changent un peu.

Un an après, qu’est-ce que la lutte contre Ebola a apporté en matière d’expériences et mises à niveau à notre pays ?
Dans notre pays, on aura l’avant et après Ebola, c’est sûr. D’abord, le personnel de santé a été formé. Je suis enseignante, j’ai enseigné les maladies infectieuses et quand on parlait de la maladie Ebola, en disant que c’était juste une fièvre hémorragique et si on voulait être bavard, on disait qu’elle existe au Congo. Les étudiants en médecine qui sont aujourd’hui sur le terrain, les infirmiers, tout ce beau monde ne connaissait Ebola que de nom. Personne n’avait une vraie connaissance de comment est cette maladie dans le détail ? Comment faire pour la traiter ? Déjà la prise en charge des maladies. Aujourd’hui c’est Ebola, demain cela peut être autre chose. Il y a toutes sortes de maladies dans le monde. Ce genre de centre va continuer le travail que nous avons fait pendant presque neuf mois, mais le faire d’une manière bien organisée et directe sur le terrain avec toutes les régions, avec tout le personnel. Cela permet au personnel d’être prêt, pour le cas où on a un autre type d’épidémie. C’est un acquis. On a également du matériel qu’on ne connaissait pas. Je peux vous raconter que la première fois que je suis allée à l’aéroport rendre visite au personnel qui avait été formé et qui voulait faire une démonstration de comment on s’habillait, la personne qui a fait ça était tellement stressée que ça a pris du temps et c’était très compliqué. Si c’était devant une infection, la personne serait infectée. C’est pour vous dire que c’est tout un apprentissage. La troisième chose que je pense importante aussi, c’est la surveillance épidémiologique. Aujourd’hui, on a mis sur pied un système de vigilance au niveau des structures sanitaires qui n’existait pas. Les gens vont être beaucoup plus vigilants pour cette maladie comme pour d’autres, si jamais ils voient des signes pour alerter, envoyer des messages là où il faut et une riposte se fait tout de suite. Ça aussi, c’est un acquis et il faut construire sur cela. Comme acquis aussi, nous voulons, au lieu de ne mettre que des tentes, construire. Donc il y aura au plan infrastructurel, de nouveaux édifices surtout dans les régions. On sait que les pays sont fragiles quand leur système de santé est fragile. On sortira beaucoup plus aguerris, après cette épidémie et cela permettra au Sénégal de faire d’autres types de performance. L’hygiène au niveau des populations nous permet peut-être de régler le problème au niveau de Ebola, mais aussi du Choléra, de diarrhées d’une manière générale, toutes les maladies qui sont liées, la typhoïde, etc.

Le Sénégal n’a pas découvert de médicament contre Ebola, alors comment avez-vous fait pour guérir le cas qui s’est présenté ?
En réalité, c’est un traitement symptomatique. Quand vous êtes malade, parfois vous vomissez beaucoup et vous êtes déshydraté. Vous pouvez mourir de ça. Le malade, il avait vomi, il avait de la diarrhée, tout de suite, il a eu des perfusions. Cela a permis à ce malade, de ne pas mourir de déshydratation. On lui a donné des antibiotiques pour traiter la diarrhée. A chaque fois que vous avez de la diarrhée, il y a d’autres germes qui s’associent à la maladie. Les traitements symptomatiques ont permis de maintenir ce malade et ne pas le faire basculer dans certaines complications mortelles. Quand vous êtes déshydraté et que vous n’êtes pas perfusé, vous pouvez mourir, surtout d’insuffisance rénale. Beaucoup de malades meurent comme ça, parce qu’ils n’ont pas les premiers soins, parce qu’on le veuille ou non, c’est une maladie qui tue 50% des malades. Dans tous les cas, même s’il n’y a pas de médicaments étiologiques, rien qu’en réglant les symptômes, parfois les personnes s’en sortent, en tout cas c’est ce qui est arrivé au Sénégal. Nous n’avons rien utilisé de particulier qui serait les médicaments que les gens considèrent comme étant bons comme les sérums ou des vaccins. Mais, on a pris en charge le malade quand il est allé un peu mieux, on l’a bien alimenté, il a vraiment eu une prise en charge complète. 

Vous n’avez pas rencontré ce jeune-là cette fois-ci en Guinée ? 
Il n’habite pas à Conakry, mais on l’a eu plusieurs fois au téléphone après son départ et là ce matin (lundi), je me disais peut-être que je vais l’appeler, puis je me suis dit que je ne voulais pas gêner les autorités, peut-être qu’il n’est pas trop leur copain, je ne sais pas, on verra. Mais c’est quelqu’un dont on a le contact.

Quoi qu’il en soit, la manière dont ce cas a été traité vous a rendue célèbre. Si on peut s’exprimer ainsi, vous êtes devenue quasiment la personnalité de l’année, dans ce pays. Vous êtes devenue une sorte de référence en matière de traitement des maladies infectieuses, ça ne vous pose pas quelques problèmes ?
Je pense que sans doute, les Sénégalais ont eu très peur et cette notoriété dont vous parlez, elle est aussi une réaction de survie de tout le monde. A un moment, les gens ont pu se dire : «Mon Dieu, si elle gère ça bien, on est sauvés, si elle ne gère pas bien, on est morts.» C’est ce qui a entraîné toute cette réputation, je crois entre guillemets. Mais moi, je voulais vous dire et je l’ai dit à mes collaborateurs, pour moi cette notoriété est un défi à relever et c’est grâce à ces collaborateurs, à tout ceux qui ont eu à intervenir, parce que c’est une vraie équipe. Il y a eu énormément de personnes qui étaient là, le Docteur Pape Amadou Diack (directeur général de la Santé) a pendant tous ces mois, géré la coordination de la lutte. Il était là à 7h 30 du matin, c’est toute une équipe qui a travaillé. C’est vrai qu’ils sentaient toujours ma présence, ils sentaient ce leadership comme ils me disent, mais ils étaient là et moi aussi j’étais à l’aise, parce qu’il y avait toute une équipe autour. Je ne vois pas ça, comme un esprit de star ou autre, ce n’est pas du tout notre philosophie, mais il faut être aussi très conscient de la réalité. Ce sont des choses qui arrivent comme ça, on vous plébiscite et puis 3 mois après, surtout vous (Le Quotidien), c’est une autre histoire qui va ressurgir. Alors moi, je fais mon travail comme je le peux et je prie à chaque fois le Bon Dieu pour que ça se passe bien, c’est tout, le reste importe peu…

La demande n’arrive toujours pas à être réglée au Sénégal et les malades souffrent dans les hôpitaux. Est-ce qu’avec cette nouvelle année, il est prévu de nouvelles politiques de gratuité pour soulager les malades ?
Ce n’est pas notre fierté qu’on ne nous lie qu’à Ebola. Il y a quelqu’un hier ou avant-hier (l’entretien a eu lieu lundi dernier) qui me disait : «Je ne suis pas contre qu’on dise femme ou homme de l’année, mais qu’ils lient ça à Ebola, je trouve que vous avez tellement fait au niveau de ce ministère, qu’on devrait faire ressortir aussi d’autres choses.» J’ai fini par être tout à fait d’accord avec cette personne. Il y a que le secteur de la Santé est un secteur qui souffre, c’est pour ça qu’il y a beaucoup d’initiatives qui ont été prises. Mais, on ne peut pas être dans un gouffre et que du jour au lendemain que tout marche. Le temps de sortir de ce gouffre, il y a des initiatives qui sont prises qui nous permettent d’avoir de l’espoir pour l’avenir. Ce dont vous parliez tantôt, c’est vraiment une réalité, il y a beaucoup de maladies, il y a beaucoup de problèmes mais nous avons beaucoup d’initiatives. Déjà, il y a les acquis avec la tuberculose, le Sida, le paludisme. Pour ce dernier, on a récemment eu un prix, c’est pour vous dire qu’il y a beaucoup de choses qui ont été renforcées et qui tiennent la route. Il faut maintenant que les gens se rendent compte du travail quotidien qui se fait pour maintenir ces acquis.
Nous avons également considéré que les maladies non transmissibles étaient trop négligées à part l’insuffisance rénale qui avait fait l’objet antérieurement d’efforts, dont la diminution des coûts. Nous avons juste complété en rendant ça gratuit et en créant des centres secondaires pratiquement dans toutes les régions, comme celle de Ziguinchor qui va bientôt ouvrir. C’est quand même important, les malades ne quitterons plus Ziguinchor pour venir à Dakar se traiter. Il y a la dialyse à Kaolack, à Tamba, à Touba, à Saint-Louis, etc.

«On aura une baisse du prix des médicaments anticancéreux, ça devait même se faire en fin décembre 2014.»

C’est pour dire que ce sont des choses qui sont considérées comme normales, mais c’est beaucoup de travail et beaucoup d’investissement. Vous savez que rien pour la dialyse, sa gratuité et tous les centres qui ouvrent, c’est 3 milliards et quelques par an. Il y a quand même quelque chose que nous sommes en train de consolider. Puis, il y a tout ce qui est Maladies non transmissibles comme le diabète. Vous avez vu beaucoup d’activités autour du diabète, les Sms, les dépistages, beaucoup de choses qui se font et avec très peu de moyens.
Le cancer, c’est mon défi pour 2015, parce que je considère aujourd’hui qu’il y a trop de personnes qui souffrent et qui n’ont pas de quoi payer. Les prix du traitement sont chers, c’est tout un travail à faire et nous l’avons commencé. D’abord, les médicaments anticancéreux n’étaient pas du tout sur la liste des médicaments essentiels. Le privé, qui vend les médicaments anticancéreux avec la Pharmacie nationale d’approvisionnement et tous les médecins cancérologues se sont mis autour d’une table pour choisir les bons produits et avec des prix en gros et des génériques. On aura une baisse du prix des anticancéreux, ça devait même se faire en fin décembre 2014, mais ça va bientôt aboutir.
En 2015, on pourra avoir accès à ces médicaments, à moindre coût. Ce sera toujours important parce que ce sont des maladies dites chroniques. Nous sommes en train de voir comment trouver des partenariats, nous avons déjà l’insuline qui est gratuite au Sénégal. C’est pour vous dire qu’il y a des efforts qui sont faits au fur et à mesure. Nous avons le projet d’un centre, dans le cadre du plan Sénégal émergent, un institut du cancer qui doit être construit, ce sera un plus pour le Sénégal d’avoir un institut où vous avez tout sur place.
La Couverture maladie universelle est en train de prendre son envol. Les gens disent souvent : «On ne voit rien, on n’entend rien.» Mais quand vous commencez quelque chose, il faut le préparer, c’est ce qui s’est passé. Nous n’avons pas voulu suivre les échos des gens qui parlent tout le temps pour dire que ça ne va pas. Nous considérons qu’il fallait construire quelque chose et c’est en cours.

Est-ce que ce n’est pas un problème de communication justement ?
J’aillais en venir, parce que quand je dis ce qui marche, je dis aussi ce qui ne marche pas et voilà ce qui ne marche pas. Parce que nous n’avons pas voulu communiquer tant que ce n’est pas bien. C’est comme quand vous faites de la mayonnaise, il faut que ça prenne, avant que vous ne disiez que la mayonnaise est là. Les gens vont venir alors qu’il n’y a pas de mayonnaise, donc en gros, c’était ça notre problème. Il faut dire aussi qu’il y avait peu de moyens sur la communication. Il y a un de vos aînés qui était notre consultant pour faire la stratégie de communication, la stratégie a mis 7 à 8 mois pour être faite. Elle existe et les moyens commencent à arriver. Quand vous regardez tout ce qu’il y a comme mutuelles de santé qui sont appuyées, des personnes qui sont aujourd’hui avec les Bourses familiales, prises en charge dans les mutuelles de santé, les handicapés avec les cartes d’égalité des chances qui sont multipliées, qui sont également inscrits dans les mutuelles de santé, vous verrez que les choses avancent à grands pas. Il y a des choses qui se passent, mais nous aurons les vrais résultats fin 2015 parce qu’on l’avait prévu comme ça, et en 2017 on pense arriver à 75% de couverture, là on verra quelque chose. Il y aussi les 0 à 5 ans, cette gratuité, on a insisté là-dessus au niveau des postes de santé, les centres de santé et dans les urgences, dans les hôpitaux, voilà un peu des choses qui se font.

Concernant cette gratuité de 0 à 5 ans, est-ce qu’il n’y a pas problème. Dans beaucoup de structures, on est obligé de payer. Qu’est-ce qui est gratuit, qu’est-ce qui ne l’est pas ?
Ça aussi, c’est important. Nous avons fait une stratégie progressive au début, nous n’avons parlé que du ticket modérateur, parce que vous savez que la santé a un coût, mais il ne faut pas ce celui-ci bloque les personnes à aller dans une structure, et c’était ça notre premier problème à gérer. Vous voyez des femmes qui ont des enfants malades durant la journée, mais elles attendent le soir, parce qu’elles disent qu’elles n’ont pas 200 ou 500 francs Cfa pour payer le ticket. Elles attendent que le mari vienne et la consultation est reportée au lendemain. Ça, c’est pour que les gens aillent dans la structure au moins et cela permet que quelqu’un voit l’enfant. S’il y a urgence, qu’on ait des gestes d’urgence et après maintenant, on fait des ordonnances, etc. Dans les postes de santé du coin, l’enfant peut être vu et en fonction des médicaments qu’il y a au poste de santé, il peut avoir ces médicaments. Maintenant, s’il n’en y a pas dans ces postes où il n’y a que du paracétamol, il aura le paracétamol. Mais, il ne faut pas qu’on croit que le poste va donner des choses qu’il n’a pas. Quand vous allez dans le centre de santé maintenant, c’est un peu plus. On avait dit une semaine d’hospitalisation gratuite pour l’enfant et à l’hôpital il y a des gens qui m’ont dit : «On a amené l’enfant à l’hôpital et il a payé.» L’hôpital, c’est quand il y a urgence ou quand vous êtes référé par un centre de santé.

«Nous aurons les vrais résultats sur la Couverture maladie en fin 2015, parce qu’on l’avait prévu comme ça et en 2017, on pense arriver à 75% de couverture.»

Mais, quand vous ne le savez pas, vous arrivez comme ça, on vous demande de faire la queue et de payer comme tout le monde. Cela choque les parents, parce que la communication n’est pas bien faite. On a vu un spot à un moment qui expliquait cela aux gens, puis on n’avait plus d’argent pour payer et on a arrêté le spot.
Maintenant, il y a une autre difficulté qui est qu’on rembourse à la structure, parce que comme les gens venaient et qu’ils payaient, c’est de l’argent qui allait dans la caisse de la structure pour la faire fonctionner. Aujourd’hui, cet ar­gent ne rentrant plus, on demande des pièces justificatives, parce que là aussi, on a mis en place un cahier des charges.

Vous avez parlé d’investissements tantôt, pour cette année votre budget a eu encore 7 milliards de plus. Peut-on dire que maintenant les con­ditions sont réunies pour régler les problèmes en 2015 ?
Régler des problèmes, sans doute, quand même 7 milliards, ce n’est pas rien. Mais régler tous les problèmes.  Non. Vous avez souvent des critiques par rapport aux hôpitaux. Déjà, il faut dire qu’avec la Loi rectificative du budget N°2, il y a 3 milliards pour rembourser la dette hospitalière, qui est de 6 milliards. Donc, c’est déjà un pas, parce que les hôpitaux jusqu’à présent, souffrent de cela. Ensuite, dans les hôpitaux vous savez qu’il y a une masse salariale qui est très lourde et c’est un grand problème que nous avons. C’est pour cela, qu’il y a un papier dans le circuit pour le personnel des établissements de santé afin qu’on puisse harmoniser cela. Parce qu’aujourd’hui, ce qu’il se passe est très compliqué et les hôpitaux vont vous dire que les médecins de l’autre hôpital gagnent mieux, donc grève tout de suite. Il faut qu’il y ait une harmonisation, donc c’est un document qui est en cours et devrait passer en Conseil des ministres, etc. Il y a des choses à faire, mais je peux dire aussi que 2015 va être une année de réception de beaucoup de structures. Vous savez que l’hôpital Dalal Jamm (Guédiawaye) normalement, il y a eu quelques problèmes avec les partenaires financiers mais en 2015, cet hôpital qui va être sans doute le plus beau du Sénégal devrait ouvrir. Vous avez l’hôpital de Matam, celui l’hôpital de Fatick, qui a commencé à travailler, mais il restait le bloc chirurgical qui a juste été monté et on n’avait pas ouvert la maternité, parce qu’il n’y avait pas de bloc. Dans quelque temps, on pourra dire que l’hôpital de Fatick fonctionne normalement. Ce sera la même chose pour l’hôpital de Ziguinchor et avec ces 7 milliards, dont vous parlez, nous avons prévu certains centres et postes de santé avec des partenaires. Vous avez aussi Médina Gounass qui devrait ouvrir avant le Daaka. C’est pour dire qu’il y a beaucoup de choses qui ont pris du temps, mais qui vont pouvoir maintenant fonctionner.

«Il y a une masse salariale très lourde dans les hôpitaux et c’est un grand problème que nous avons. C’est pour cela, qu’il y a un papier dans le circuit, pour harmoniser les salaires du personnel des établissements publics de santé.»

Maintenant pour les équipements, j’ai reçu 4 scanners en 2014 et j’ai même 2 scanners qui arrivent, l’un pour remplacer celui de Ziguinchor et l’autre pour l’hôpital de Pikine. Donc, il y a du matériel qui est mis en place et qui va relever le plateau technique. Aujour­d’hui, il y a aussi au moins une vingtaine de radios numériques dans des hôpitaux. Vous avez des échographes et des mammographies. Monsieur le président de la République va inaugurer je vous le dis déjà le 20 janvier, le centre d’angiographie de Le Dantec qui sauve aujourd’hui des vies. Toutes les personnes qui ont des risques d’infarctus et des choses comme cela peuvent être sauvées à Dakar.

Vous dites qu’il y a des scanners dans toutes les régions et d’autres appareils, sauf qu’il n’y a pas de sages-femmes par exemple ni de gynécologues surtout à l’intérieur du pays…
Vous me permettrez de répondre encore, car vous ne me donnez que de bons prétextes. Vous avez 1 000 personnes recrutées, vous n’avez jamais vu cela. 1 000 agents de santé recrutés au Sénégal, le maximum c’était 500. Parmi ces 1 000, vous avez 500 sages-femmes. C’est encore une autre chose qui va permettre de changer le Sénégal. En début d’année, on pourra faire le déploiement de sages-femmes. La majeure partie ira dans les régions périphériques, mais nous savons qu’il y a des poches au niveau même de Dakar, Thiès dont on parle tout le temps. Vous allez à Mbao, il y a des postes de santé où il n’y a pas de sages-femmes. Vous allez à Rufisque, j’ai visité récemment, il y a des coins vraiment où il n’y a pas de sages-femmes. Donc aujourd’hui, je veux privilégier les régions périphériques, mais nous allons garder quand même des sages-femmes pour les régions de Dakar et de Thiès. Le reste, ce sont des médecins, des infirmiers, des pharmaciens, des Gynécologues, etc. Je crois que notre politique commence à donner des fruits.
C’est vrai que pendant trop d’années, nous n’avons formé que des étrangers, mais nous avons décidé de donner des bourses puis d’augmenter leur niveau. Aujourd’hui, nous avons 250 à 300 Sénégalais qui sont dans ce circuit. Les spécialisations durent 4 ans en moyenne, donc cela veut dire que si j’investis aujourd’hui, peut-être que je ne verrai même pas les gens sortir. Mais ce n’est pas grave, car si vous ne le faites pas aujourd’hui, demain vous ne verrez rien et on continuera comme cela. Avec 300 Sénégalais dans le circuit de spécialisation, cela veut dire que dans deux à trois ans on va avoir une quantité de chirurgiens, de cardiologues, de gynécologues qui pourront enfin être dans les structures périphériques. Aujourd’hui, on a 8 gynécologues et j’attends la proposition des services pour que nous puissions les affecter, en réfléchissant bien, parce que c’est 8 seulement.

Les évacuations posent problème surtout au niveau du monde rural, à cause entre autres des pistes en mauvais état, comment résoudre ce problème ?
Ce n’est pas un problème qui va être résolu par le ministère de la Santé seulement. Mais, nous allons faire notre partition. Il y a un grand programme de pistes rurales. Parfois, le fait que la route soit chaotique fait que même une femme enceinte peut accoucher en cours de route. Donc, ce sont des réalités qui existent dans ce pays. D’autres ministères interviennent dans le but de résoudre ce phénomène et il y a des instructions fermes en ce sens. Mais, ce que nous pensons devoir faire, c’est vraiment accélérer le programme de mise à disposition d’ambulances dont 40 ont été déjà réceptionnées par le chef de l’Etat. Il y a une dizaine que nous allons recevoir. Vraiment, nous sommes en train de nous battre pour faire bouger les choses parce que pour nous, c’est une urgence. Je me bats pour qu’on trouve un financement pour pouvoir acheter 150 ambulances ou plus et les mettre partout pour que les gens puissent en bénéficier. Donc, les défis sont nombreux. Mais, celui de trouver des ambulances pour chaque poste de santé avec les collectivités locales, les immigrés, etc., est une nécessité.

Pour la pérennisation de la Couverture maladie universelle (Cmu), est-ce que le vote d’une loi est envisageable ?
Tout à fait. Nous faisons partie de ceux qui le veulent et la loi est préparée. Elle est dans le circuit administratif pour les études, l’implication des autres ministères. Elle permettra au moins, d’encadrer la Cmu. Nous sommes d’accord avec certaines Ong, certains mutualistes. Actuellement, c’est un travail en commun qui est fait pour qu’on puisse aller vers cette loi. La seconde loi, c’est celle qui a été votée sur les taxes. On est en train de travailler sur des décrets pour pouvoir utiliser les taxes sur l’alcool, le tabac, etc., pour renforcer le financement de la Cmu. Le coordonnateur de la Cmu dit qu’il faut normalement 27 milliards par an. Or, nous, on a que six milliards dans notre budget. Si on prend les gratuités qui viennent de la santé de la reproduction et autres, au total, on a peut-être 14 milliards au maximum. Donc, on n’a même pas la moitié de ce qu’on voudrait. Sous ce rapport, il y a encore beaucoup de travail pour faire une mobilisation des ressources et trouver des financements innovants.
Vous n’en parlez pas, mais la vaccination est un secteur où nous avons énormément progressé au Sénégal. Avec la vaccination, nous étions en 2012, à 7 ou 8 antigènes.

«Le président de la République va inaugurer le 20 janvier, le centre d’angiographie de Le Dantec, qui sauve aujourd’hui des vies.»

Aujourd’hui, on en est à 12. On a ajouté le vaccin contre le pneumocoque. Tous les enfants qui ont le nez qui coulent, souvent, ce sont des maladies à pneumocoque. Nous avons introduit le rotavirus, la deuxième dose de rougeole et la rubéole, le vaccin polio-injectable, etc. La vaccination a joué un grand rôle dans la diminution de la mortalité infantile au Sénégal. Si les enfants sont vaccinés, ils font moins de diarrhée et ils ont moins de pneumonie. Pour Le Hpv (virus qui est à l’origine du cancer du col de l’utérus), si on vaccine les jeunes filles maintenant, elles ne feront plus du cancer du col de l’utérus. Et ce sont des investissements sur le long terme. Si on ne le fait pas, dans 20 ans, on va subir les conséquences du cancer du col plus que maintenant. Raison pour laquelle on a déjà commencé les vaccins tôt pour immuniser les jeunes filles.

Permettez-nous de revenir sur Ebola et sa gestion dans les manifestations religieuses. Nous sommes à quelques jours du Gamou, comment le Sénégal s’organise pour que des cas ne se manifestent pas ?
C’est beaucoup de travail. Si je prends l’exemple de Touba, nous nous sommes impliqués personnellement pour aller voir les autorités religieuses et leur parler. C’est un déplacement obligatoire pour leur dire qu’il y aura beaucoup de personnes dans la ville, c’est une démarche obligatoire. La seconde chose, nous avons fait des activités de sensibilisation au niveau des différentes villes. Personnellement, j’ai assisté à une campagne de sensibilisation qui était organisée par les petites filles de Sergine Touba. Il y a eu partout dans Touba, des activités, du porte-à-porte. On a aussi fait des dons. Nous avons passé là-bas deux jours durant lesquels, nous avons fait beaucoup d’activités. Les gens étaient vraiment sensibilisés. Après, il y a le Service national d’éducation pour la santé qui était sur le terrain avant, pendant et après pour sensibiliser la population. Nous allons faire la même chose pour le Maouloud, comme on l’a aussi fait pour le Cices.

Parlons maintenant politique. Est-ce que vous avez une carte de l’Apr ?
Je l’ai dit à plusieurs reprises. J’ai soutenu le Président Macky Sall, je le soutiens encore et j’ai une grande confiance en lui. J’ai créé un mouvement citoyen qui s’appelle Collectif en mouvement pour les valeurs, l’équité et l’action (Comeva). Il est dans les quartiers et s’occupe de changer les mentalités. On a beau faire de la politique, mais si le citoyen lui-même ne reprend pas nos valeurs fondamentales, s’il n’y a pas d’actions au niveau communautaire, les choses ne vont pas changer. Nous, on fait des activités pour faire évoluer les choses et nous accompagnons la politique du Président Macky Sall. Je ne suis pas dans le parti, mais je crois que je fais énormément pour qu’il mène le pays dans la bonne direction. C’est en changeant les esprits, en essayant d’avoir des vrais citoyens qu’on arrivera à faire du Sénégal ce qu’on veut en faire.

N’avez-vous pas peur qu’on vous accuse de manque d’engagement politique, comme cela a été le cas avec Wade en 2003 ?
En tout cas je vais mobiliser pour Macky Sall, parce que je considère que cinq ans, ce n’est pas assez. Et je sais qu’il a une grande ambition pour le Sénégal et je voudrais bien lui donner l’opportunité de continuer de faire ce qu’il veut faire pour le pays. Donc, je n’ai pas d’état d’âme ni rien du tout en ce sens.
A un moment, on vous a citée pour le poste de Premier ministre. Est-ce que ce poste fait partie de vos perspectives à l’horizon ?
Je n’ai pas du tout de perspectives, ça me fait un peu rire d’entendre cette question. Ma contribution, c’est-à-dire ce que je sais faire jusqu’à preuve du contraire, c’est d’essayer d’aider les populations à avoir une bonne santé. Je crois que c’est là où je peux aider le mieux. Je n’ai pas d’ambition par rapport à quoi que ce soit. J’espère que le Président va continuer avec les personnes qu’il a choisies, notamment le Premier ministre que je considère comme un très bon Premier ministre qui me voue un grand respect et que moi aussi je respecte.
En tout cas, vous êtes très proche de la première place, parce que vous êtes deuxième sur la liste du gouvernement…
Je reste là-bas.

 

LEQUOTIDIEN.SN

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