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La Coupe du monde féminine de football débute vendredi 7 juin dans l'Hexagone. Parmi les 27 arbitres sélectionnées, trois sont des Africaines [1], dont l’Éthiopienne Lydia Tafesse, âgée de 38 ans. Portrait.

Les gestes sont précis, le corps exprime la fermeté qui sied à la fonction. Sifflet au bout des doigts et sourire au visage, Lydia Tafesse réprimande une joueuse du club de la banque commerciale d’Éthiopie, qui reçoit le club d'Hawassa. Sous la pluie fine de cette fin du mois de mai, dans un quartier excentré d'Addis-Abeba, l'arbitre internationale éthiopienne officie pour une rencontre de première ligue féminine. « Les femmes sont meilleures ! », lâche-t-elle en riant avant d'aller vite se changer pour ne pas attraper froid à quelques jours de son départ pour la France.

Sourire, fermeté, pédagogie et parfaite connaissance desdix-sept lois du jeu. « Quand elle est sur le terrain, elle est très sérieuse, concentrée, et tout le monde la respecte, affirme Solomon Akanaw, supporter d'Hawassa, qui l'a vue arbitrer pour la première fois il y a sept ans. Elle ne fait jamais d'erreur. Elle est différente des autres, y compris les hommes. » Son ancien instructeur, Gizateh Alemu, abonde. Selon lui, Lydia [2] est « charmante », « franche » et « honnête ». Cette dernière qualité, les clubs éthiopiens la lui prête aussi volontiers. « Après quelques années, nous lui avons donné des matches de première ligue masculine et elle a convaincu tout le monde ! Les clubs la choisissaient », se rappelle son ancien mentor.

La trentenaire a pourtant commencé avec un autre ballon, plus lourd et que l'on manie à la main. Dans sa région natale caféière de Jimma, la même que celle de l'actuel Premier ministre Abiy Ahmed, Lydia Tafesse jouait au basketball. « Elle pratiquait au lycée puis au niveau régional », se souvient Mekonnen Kuru, désormais directeur technique de la fédération éthiopienne de football mais à l'époque patron des entraîneurs sportifs de la région Oromiyaa. Puis « soudainement », il l'a vue arbitrer un match de football. « C'est très intéressant, constate Mekonnen. La plupart des arbitres éthiopiennes, contrairement aux hommes, viennent du terrain. » Elles prolongent ainsi une tradition du sifflet chez le géant de la Corne de l'Afrique, qui « avait déjà des arbitres éthiopiens de renom il y a 20, 30 ou 50 ans ».

Cela fait maintenant 14 ans que Lydia est arbitre au niveau international. Elle a participé à de plusieurs Coupes d'Afrique des nations (CAN) et était présente à la dernière Coupe du monde féminine, en 2015 au Canada. Mais à partir du 7 juin, ce sera sa grande première à ce niveau en tant qu'arbitre centrale, avec une nouveauté : le fameux VAR, l'assistance vidéo à l'arbitrage. L’Éthiopienne a réalisé deux stages pratiques au Qatar pour se familiariser avec la technologie. « Pendant les 90 minutes d'un match, je me souviens que le VAR ne m'a pas appelé mais cela ne m'a pas empêchée de toujours communiquer avec mon assistant vidéo. Il faut toujours communiquer avec lui, notamment en cas de contact dans la surface ou lorsque tu donnes un carton jaune ou rouge. Le VAR est là pour minimiser les erreurs humaines, nous sommes tous humains après tout. »

Les relations humaines sont l'une des facettes qu'elle apprécie le plus. Lors des rassemblements d'arbitres continentaux, au départ, elle se retrouvait un peu seule au milieu des anglophones, francophones et swahilophones. « Mais j'apprends vite et je suis sociable », confie celle qui dit avoir désormais des amies, notamment la Sénégalaise Fadouma Dia. Cela permet aussi d'éviter de ressentir le manque. Sa fille de 5 ans et demi et son mari ne la suivront pas en France, « pas de famille », a prévenu la Fifa. Mais ils « comprennent », assure Lydia Tafesse.

[1] La Zambienne Gladys Lengwe et la Rwandaise Salima Mukansanga.

[2] Lydia est bien son nom. Il n'y a pas de prénom en Éthiopie mais un nom usuel auquel l'état-civil accole celui du père et du grand-père (pour les femmes comme pour les hommes). Tafesse est le nom de son père, Abebe celui de son grand-père paternel.

RFI

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