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violence conjugale

Brimées, battues, agressées, violées, humiliées, nombre de femmes subissent les foudres de leur conjoint. Véritables souffre-douleurs d’un mari belliqueux, voir macho, beaucoup de femmes mariées sont contraintes de vivre leur calvaire dans le secret de leurs chambres. Selon un rapport du Groupe d’études et de recherche genre et société (Gestes) de l’Ugb, «au Sénégal, 53% des ménages connaissent des violences conjugales».

 


A Saint-Louis, «les violences faites aux femmes représentent 60% des contentieux familiaux instruits par le tribunal régional, ou soumis au service régional de l’Action éducative en milieu ouvert (Aemo)», note le Comité de lutte contre les violences faites aux femmes. Et cela est encore loin de refléter la réalité, car souvent, ce n’est qu’au bout du rouleau, qu’elles se résignent à se plaindre auprès des organistes, structures de défense, ou devant les tribunaux. Ces violences prennent différentes formes, elles sont physique, morale, économique et même sexuelle. Témoignages de femmes aux cœurs meurtries.

Le ras-le-bol des épouses

Astou 42 ans – «Mon époux est resté 3 ans, sans me toucher»

«Tout allait bien entre nous, jusqu’à ce que mon mari prenne une seconde épouse. Avant qu’il n’ait une bonne assise financière, on s’entendait parfaitement bien. On était même des complices. Je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour l’appuyer financièrement. J’étais femme de ménage dans une maison et c’est avec mon maigre salaire qu’on vivait. Aujourd’hui, avec le recul, je peux dire que je préférais de loin cette vie, parce que la paix régnait entre nous. On vivait chez mon père qui lui en avait fait la proposition, puisque mon mari n’avait pas encore de travail. Un jour, il est parti à l’étranger. Il s’acquittait normalement de son devoir. Lorsqu’il est revenu pour la première fois au bercail, j’ai rejoint le domicile conjugal. Seulement, depuis qu’il a pris une seconde épouse, il nous a complément abandonnés, mes enfants et moi. Pis, il a tout fait pour me pousser à quitter la maison. Il me violentait et me lançait des insanités devant ma coépouse et mes enfants. Et puisqu’il savait que je n’étais pas disposée à retourner chez moi, il m’a répudiée sans raison. Je suis retournée chez mes parents, avec mes trois enfants qu’il avait cessé d’assister financièrement. Six années après notre divorce, il est revenu redemander ma main. Devant l’insistance de mes parents, j’ai accepté de repartir avec lui. C’était en 2011. Mais c’était sans intérêt, puisqu’il ne m’a pas touchée, pas une seule fois, durant tout le temps qu’a duré notre deuxième mariage. Il n’est jamais venu se coucher dans mon lit, durant ces trois années. Un beau jour du mois de décembre 2014, il m’informe de son intention de se séparer à nouveau de moi. Ce qui a fait déborder le vase, c’est qu’il ait voulu vendre le domicile conjugal et nous mettre dehors, mes enfants et moi. Ce, parce qu’il avait nourri l’intention de voyager avec sa seconde épouse. J’ai alors saisi les structures de protection des droits de l’Homme pour mettre fin à ce supplice…»

Nabou 32 ans, mère de quatre enfants – «Mon mari se comporte comme un animal avec moi»

«Physique, morale, économique et même sexuelle. Mon mari me fait subir les pires formes de violences. Injures, mots déplacés et humiliants commencent dès qu’il arrive à la maison. En acceptant de me marier avec lui, j’étais persuadée que j’allais être la plus choyée, car je suis sa deuxième épouse. Que nenni. Mon mari me maltraite et je suis contrainte de supporter ces supplices parce que j’ai quatre enfants. Le plus jeune a un an et demi et le plus âgé, 14. Les deux sont issus de mon premier mariage qui a échoué. Je suis obligée de rester dans mon ménage parce que ma mère ne peut pas m’accueillir chez mon beau-père, avec qui elle s’est remariée, suite au décès de mon géniteur. C’est pour mes enfants que je me force à rester dans ce mariage, duquel je n’ai le moindre bonheur. Je veux être toujours là pour eux, les aider, pour qu’ils aient un avenir prometteur. Parfois mon mari reste deux mois sans entretenir de relations sexuelles avec moi. Et si l’envie lui vient, il me force à coucher avec lui. Que je sois fatiguée par les tâches ménagères, ou malade n’est pas son problème. Parfois, il va jusqu’à me violer. Il se comporte comme un animal. Il exige une obéissance aveugle, se réclamant de la vieille école. Pis, là où j’habite, c’est un parent qui me l’a prêté. Pourtant, il avait promis de m’acheter une maison. C’est dans une seule pièce que je vis avec mes quatre (4) enfants, alors qu’il a une maison qu’il a mise en location. Le seul répit que j’ai eu, c’est quand je suis allée me plaindre auprès de ses parents, sans trop entrer dans les détails, il m’a accordé un répit de quelques jours, avant de reprendre sa mauvaise et vieille habitude. C’est devenu mon triste quotidien.»

AIDA COUMBA DIOP, GFM.SN

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