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La Voix du département de Bakel

EAU POTABLE

 

Le Sénégal, avec un taux d’accès à l’eau potable de 80 % dans le monde rural, se classe à la première place en Afrique au Sud du Sahara. Le programme de 300 forages, le volet hydraulique du Programme d’urgence communautaire (Pudc), le projet de 18 milliards de FCfa de l’Union européenne, l’apport de la Bad de 29 milliards FCfa sont autant d’investissements qui accélèrent la marche vers la couverture universelle dans les campagnes. Mais dans ce domaine, aucune donnée n’est définitive.

 


L’accès à l’eau est un défi permanent à travers le monde. Le Sénégal n’échappe pas à cette triste réalité. Aujourd’hui, dans le monde rural, l’espoir de couvrir une bonne partie des besoins se concrétise. Le projet de 300 forages et le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) qui va construire 63 forages et 69 châteaux d’eau dans 9 régions du Sénégal d’ici à 2016, éloignent davantage des communautés du stress hydrique. L’Union européenne exécute un important projet de construction de forages dans les zones reculées du monde rural où le taux d’accès à cette ressource reste très faible. Plusieurs spécialistes et observateurs du secteur s’attendent à l’atteinte de la couverture universelle dans la campagne où le taux de desserte se situe à 80 %. « Avec les investissements du Pudc, le programme des 300 forages, l’appui de 18 milliards de FCfa de l’Ue, celui de la Bad qui a mis 29 milliards de FCfa et de la Belgique, nous laissent croire que le Sénégal se dirige vers une montée en puissance de l’accès à l’eau en milieu rural. Nous aurons des pics de taux d’accès d’ici à 2016 et 2017 », soutient le coordonnateur du Programme d’eau potable et d’assainissement du millénaire (Pepam), Amadou Diallo. Au fur et à mesure que les ouvrages hydrauliques sortent de terre, des localités s’émancipent du stress hydrique. Les disparités se dissipent. Le gouvernement a exprimé son intention d’établir les équilibres et l’équité dans la répartition des infrastructures. Au regard des actions sur le terrain, cette intention n’est pas une incantation. Dans la région de Tambacounda, plus précisément dans le département de Goudiry, pour la première fois dans l’histoire du Sénégal, les localités sont desservies. L’eau coule à flot à Diabougou, Bannippely Yérimalé, Fidy-Bidy, Sinthiou Seydou Ndoulou, Saré Youpé Pellé, Youpé Handi, Diamwell, Dendou-Doka. Ces dernières sont toutes situées dans la commune de Sinthiou Fissa qui est dans la zone de socle où la nappe est pauvre.
La profondeur des puits cinquantenaires est d’au moins 30 mètres. Ici, les femmes ne dormaient presque pas. Elles étaient dans une perpétuelle psychose hydrique. Aujourd’hui, c’est un nouveau jour qui se lève dans ces localités. « Avec le projet de 300 forages, nous visons un taux exceptionnel de couverture dans le monde rural », a fait remarquer Diène Faye, secrétaire d’Etat chargé de l’Hydraulique rurale. Cet ancien directeur de l’Hydraulique sous les présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade est bien placé pour analyser l’intérêt particulier que le régime du président Macky Sall accorde à l’amélioration de l’accès à l’eau dans le monde rural. « Je voudrais rappeler que le président de la République Macky Sall a été ministre de l’Energie, de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Lorsqu’il était ministre et Premier ministre et quand il a quitté le gouvernement, il a mesuré les difficultés que les populations du monde rural rencontraient pour accéder à l’eau potable. C’est pour cela que l’un de ses projets majeurs dans le cadre du Pse, c’est la réalisation de 300 forages d’ici à 2017 », rappelle M. Faye. Les techniciens estiment qu’au moins 2 millions de Sénégalais du monde rural seront desservis rien qu’avec les forages et les forages multi-villages.   

Le transfert de l’eau dans les îles du Saloum
L’alimentation des villages où la nappe n’est pas productive se fera par le transfert de l’eau. C’est l’une des options de rétablissement de l’équité. Elle est en cours aussi bien dans le département de Goudiry que dans les îles du Saloum. Au total plus de 80.000 insulaires auront de l’eau potable en permanence. « Le système de transfert consiste à amener de l’eau des zones où elle est bonne vers des zones où elle est saumâtre et insuffisante comme dans les îles du Saloum. Dans ces sites, soit on fait un traitement de l’eau pour la distribuer ou on la fait venir d’une source », a expliqué le secrétaire d’Etat en charge de l’Hydraulique rurale, Diène Faye.
L’espoir est permis. Mais les défis de la pérennisation se posent avec acuité. La maintenance de façon globale est un maillon faible en Afrique. C’est une composante qui est en général négligée. « La question, c’est la gestion. Nous allons mettre beaucoup d’ouvrages qui vont coûter des milliards. Nous devons rentabiliser les investissements », estime le coordonnateur du Pepam, Amadou Diallo.
L’actuel taux n’est pas une donnée définitive. Le défi, c’est de le préserver ou de le consolider. Un rapport présenté par l’Organisation de la coopération et du développement économique et le Conseil mondial de l’eau prévoit un déficit global en eau de 40 % d’ici à 2030.

BOKIDIAWE ET THILOGNE : A la source de la bonne gouvernance des services de l’eau
Les communes de Bokidiawé et Thilogne, situées sur l’axe Ouroussogui-Saint-Louis, sont des centres urbains du monde rural. Ces villes ne sont pas desservies par une société concessionnaire.  L’approvisionnement en eau de Bokidiawé et de Thilogne qui comptent respectivement environ 10.000 et 20.000 habitants est confié aux Associations des usagers des forages (Asufor) à des prix plus accessibles que ceux pratiqués dans les villes qui sont dans des périmètres affermés. Au fil des années, ces associations ont assuré la production de l’eau, la maintenance des ouvrages et l’extension du réseau. Bokidiawé et Thilogne sont des cas d’école en matière de gouvernance des services de l’eau dans le monde rural.
Une petite effervescence à la gare-routière de Bokidiawé, ce mercredi 21 octobre 2015. Des voitures débarquent des passagers. Des habitants des villages environnants arrivent petit à petit à bord de charrettes. Dans cette cité, on vend une gamme de marchandises. Le marché est pris au milieu des villas modernes. Çà et là, on peut voir des maisons carrelées. D’autres sont en construction. Bokidiawé est une ville de la zone rurale. L’alignement des maisons est le symbole de l’effort de modernisation sous l’influence des émigrés. Ces derniers ont joué un rôle clé dans la construction de forages hydrauliques. La bonne organisation de l’Association des Usagers des forages (Asufor) n’est pas étrangère aux expatriés de la localité. Ces derniers ont toujours un regard sur leurs fonds.
Depuis des années, la population de cette localité n’a cessé de suivre une courbe ascendante. On y dénombre entre 9.000 et 10.000 personnes. Depuis 2005, l’approvisionnement en eau est confié à l’Asufor de Bokidiawé. « Vous pouvez faire le tour et demander aux populations, nous leur fournissons régulièrement de l’eau. Nous avons fait des investissements de plus de 100 millions de FCfa pour l’extension du réseau. Nous nous acquittons de nos factures d’électricité qui oscillent entre 800.000 et 1.200.000 FCfa », confie Mamadou Ndiaye, le président de l’Asufor. Bokidiwaré est parcouru par un réseau de plus de 30 km en 2015 contre 13 km  en 2005. Beaucoup d’eau y a donc coulé sous les ponts. Au fil des années, les bornes fontaines et les puits disparaissent peu à peu.

Des  prix à la portée des consommateurs
Dans les ménages, c’est la course à l’abonnement. C’est une concurrence saine entre les émigrés au regard de la poussée des belles villas. Le mètre cube coûte 100 FCfa pour les écoles et les jardins, 175 F Cfa pour les ménages. Il est gratuit pour les mosquées et les cimetières. L’Asufor facture l’abonnement domiciliaire à 30.000 FCfa. Cette somme sert à payer le matériel, le plombier et, dans certains cas, à l’achat du compteur. « Nos coupures d’eau sont souvent liées aux travaux de réparation », clarifie Silèye Diaouné, secrétaire général adjoint de l’Asufor. Rien n’est pourtant acquis de façon définitive. Des grains de sable perturbent la clarté de la ressource dans cette localité. Ce sont les signaux d’alerte de fin de vie d’un ouvrage construit en 1985. « Ce forage est en train de partir. Je pense qu’il faut programmer son renouvellement », préconise Abou Fall, le responsable de l’Hydraulique régionale de Matam. La suggestion est partagée par Lansana Gagny Sakho, directeur général de l’Office des forages ruraux (Ofor). Séante tenante, il saisit ses services en charge des travaux pour anticiper sur d’éventuelles ruptures d’approvisionnement en eau. « Nous ferons tout pour programmer un nouveau forage en 2016. Nous ne devons pas prendre de risque, si l’actuel forage tombe en panne, ce sont beaucoup de personnes qui se retrouveront sans eau », a-t-il laissé entendre.
Non loin de Bokidiawé, nous rallions Thilogne au bout d’une heure. De part et d’autre de l’artère principale, de belles villas et des maisons en construction poussent comme des champignons. Un pan du conservatisme du Fouta s’est effondré au plan architectural. Les chaumières n’ont plus droit de citer au centre de Thilogne comme à l’entrée. D’imposants bâtiments en dur ceinturés par des murs font désormais partie du décor. Les parcelles habitables situées au bord de la route sont clôturées. La sécurisation foncière est dans l’air. A partir de la mairie, une rue latéritique nous mène au château. L’extérieur peint en jaune tire vers une couleur de rouille. Il est à quelques jets de pierre du Centre de formation des femmes.

Du bon usage des ressources financières
Les aspects extérieurs font penser qu’il est d’un autre âge. On aurait pu croire qu’il est hérité du système colonial si l’on pense que Thilogne était un ancien chef-lieu du canton de Bosséa avant 1962. C’est par la suite qu’il est devenu successivement, chef-lieu d’arrondissement, chef-lieu de la communauté rurale et commune depuis septembre 1996. Le forage est construit dans le cadre du Budget consolidé d’investissement (Bci) de l’Etat du Sénégal. Son débit de 80 mètres cubes à ses débuts est tombé à 60 mètres cubes aujourd’hui. Un paradoxe.
La population de Thiolone est de 20.000 personnes. Ici, le mètre cube est vendu à 200 FCfa aux ménages, 125 FCfa pour les maraîchers. Au total on y dénombre 10142 branchements. L’approvisionnement en eau est assuré par l’Asufor. « Nous assurons la couverture des besoins de Thilogne. Toutefois, nous avons, de temps en temps, des habitants qui nous disent qu’il y a des dépôts de matière rougeâtre au fond des récipients lorsqu’ils laissent le liquide au repos », avertit le président de l’Asufor de Thilogne Aboubakry Kane. Le taux de paiement est de 92 %. L’Asufor a une dizaine de millions dans son compte.
Elle puise dans son compte pour les réparations, le renouvellement des pièces. Ici, on cultive la prévention des avaries. Comme à Bokidiawé, le directeur de l’Ofor a donné une bonne note à l’Asufor. Une licence d’exploitation leur sera aussi délivrée pour leur ancrage dans le formel.

COMMUNE DE WOUROUSIDY : Du bon usage des fonds générés par la vente d’eau
La vente d’eau a généré des bénéfices d’un million de FCfa, rien qu’au mois de septembre, à Songhé situé dans le département de Ourossogui. L’Association des usagers des forages, qui regroupe les villages de Songhé pulaar, Sabé, Fora et Wendoualy, a enregistré des bénéfices de plus 23 millions de FCfa au cours des 3 dernières années. Les recettes servent parfois à supporter des dépenses en santé et en éducation, même si les textes l’interdisent.
Toutes les Associations des usagers des forages (Asufor) ne peuvent pas être logées à la même enseigne. Celle de Songhé qui polarise les villages de Songhé Sabé, Songh » Pulaar, de Fora et Wendoualy est citée en exemple en matière de gestion. La vente d’eau a généré 896.500 FCfa à la fin du mois de septembre. Au cours des trois dernières années, l’Asufor de cette localité a enregistré des recettes de 23.909.072 FCfa. « Je suis étonné lorsque j’entends des personnes dire que les Asufor ne font pas de bénéfices », confesse Moussa Konaté, le président de l’Asufor de ces villages précités situés dans la communauté rurale Wourousidy. 
L’Asufor a permis l’extension du réseau. On y dénombre 164 branchements sociaux dans ces villages. Selon le président Moussa Konaté, les habitants ont commencé à comprendre la nécessité de payer les services qui sont fournis en dépit de la survivance de l’idée selon laquelle l’eau est bien de la nature. Par conséquent, tout le monde a le droit d’en bénéficier. « Les habitants de ces villages paient à la fin de chaque mois. Nous ne tolérons qu’un mois de retard. Si le bénéficiaire ne s’acquitte pas de sa facture, on interrompt la fourniture de l’eau », dévoile Moussa Konaté.
Dans ces localités, ce sont les émigrés qui sont à la base de la construction des ouvrages hydrauliques. Les anciens ont à la retraite. Mais leurs investissements servent encore à la prise en charge des besoins dans des écoles et des structures sanitaires. « Les fils des anciens émigrés n’ont aucune réalité des villages d’origine de leurs parents. Notre association n’a plus de force. Mais c’est avec les recettes de la vente d’eau que nous parvenons à régler des problèmes communs aux villages au plan sanitaire et scolaire », justifie Moussa Konaté. Les nouvelles réformes interdisent que les recettes supportent des dépenses d’autres secteurs. L’argent de l’eau doit servir le secteur pour reprendre une expression en vogue avec l’avènement de l’Ofor.

AMADY HOUNARE : Les liens de parenté, un  frein aux  recouvrements des factures
Le faible taux de recouvrement des factures d’eau à Amady Hounaré est lié à la vie en communauté. Dans cette localité où les liens de parenté ont encore tout leur poids, l’Asufor ne délivre pas de bons de coupure à tour de bras.
Les liens de parenté priment sur tout à Amady Hounaré, situé dans la région de Matam. Dans cette localité où la population ne cesse de croitre, l’Asufor a tous les problèmes pour recouvrer les factures d’eau. On compte déjà des ménages qui ont un cumul de factures de plus de 200.000 FCfa. L’Asufor hésite avant de livrer des bons de coupure. « Le non paiement des factures ne peut pas continuer. Les ménages ont des arriérés qui s’élèvent à plus de 200.000 FCfa. Ils ne paient pas. Il nous faut trouver une solution », se désole Safiétou Kane, un membre de l’Asufor de Amady Hounaré.
Des ménages cumulent des factures et se retrouvent au bout du compte avec des sommes élevées. Lors de la séance de travail avec l’Ofor, les intervenants ont pointé du doigt les liens de parenté. « Ici, nous sommes tous des parents. C’est difficile de venir couper le robinet d’un ménage où ta sœur est mariée. C’est un exemple que je donne. Les liens de parenté sont l’obstacle principal au recouvrement des factures », rapporte une dame.
Plusieurs intervenants ont abondé dans le même sens. L’Asufor n’a pas les moyens de faire face correctement à ses charges. Le groupe électrogène consomme 80 litres de gasoil par jour. Les heures de pompage tournent entre 9H et 15H. Les écoles et les cimetières ont de l’eau gratuitement. Mais ici comme à Kanel, la gratuité de l’eau accordée à certains fonctionnaires commence à faire grincer des dents. « C’est difficile de faire des investissements. Nous avons un réseau vétuste. Nous sommes obligés de faire des interventions. Nous n’avons pas assez de fonds pour faire face à toutes les charges », confesse le président de l’Asufor de Amady Hounaré.

REFORMES DE L’HYDRAULIQUE RURALE : La perte des emplois au centre de toutes les angoisses
La délégation du service public de l’Hydraulique rurale va assurer la continuité des services  et l’amélioration de la qualité de l’eau dans le monde rural. Mais l’arrivée des privés soulève des inquiétudes.
L’Association des usagers de l’eau de Ourossogui fait face à la radio Tim-Timol Fm, non loin du marché. Il est 17 heures. Les membres de l’Asufor sont debout à l’entrée de leur siège. Ils accueillent le directeur général de l’Ofor dans la solennité. Après les salutations, nous voici, dans une petite salle équipée de trois ordinateurs, de cartons remplis de piles de papiers. Le siège fait office de centre de coordination des opérations. C’est dans cette petite salle que l’on coordonne toutes les actions et que l’on prend des mesures pour assurer la continuité des services. L’approvisionnement en eau de 30.000 personnes repose sur les épaules de 14 personnes. La délégation de cette activité à un privé soulève des inquiétudes. « Nous voulons savoir si les personnes qui ont travaillé et qui sont parvenues à fournir de l’eau seront intégrées. Est-ce que les emplois seront sauvegardés ? », s’interroge Soulèye Dia. La nouvelle équipe qui vient de boucler deux mois fait valoir l’argument du bilan de l’équipe sortante. C’est un fait rare. Mais la circonstance l’exige pour convaincre ceux qui sont venus expliquer les enjeux de la réforme de l’hydraulique rurale. « Si vous sortez d’ici, vous allez voir, nous avons commencé à faire des extensions. C’est vrai que nous avons beaucoup de problèmes. Mais il faut reconnaître qu’un bon travail a été fait pour donner de l’eau aux populations », brandit un intervenant. Le directeur de l’Ofor ne nie pas les efforts qui peuvent se mesurer sous l’angle des raccordements à domicile dans ce centre urbain qui n’est pas dans le périmètre affermé.
Cette interrogation est partagée. Sur un ton posé, le président de l’Asufor, Seydou Mamadou Niang, ne cherche pas à s’emporter. Au contraire. Il dépassionne le débat. « Est-ce que dans les réformes, les Asufor pourront intervenir sur les maillons production, maintenance et gestions ? », demande M. Niang. Après les interrogations suivent les éclairages. Les futures réformes induisent une redéfinition des missions des Asufor. « Il n y aura plus d’équipes de maintenance dans les brigades hydrauliques. C’est pour vous dire que nous sommes aussi concernés », précise le responsable de l’Hydraulique régionale, Abdou Fall.
La sauvegarde des emplois est au centre de toutes les interrogations. La vente de l’eau dans la ville de Ourossougui a permis de sécuriser les salaires de 14 personnes avec une masse salariale de 1.600.000 FCfa. Tous voulaient des éclairages voire des assurances sur ce point de la sécurisation des emplois. « Dans le contrat d’affermage, le fermier aura non seulement à payer son personnel, mais il doit également verser des cotisations. Beaucoup de personnes sont des bénévoles. Nous voulons que ces agents des brigades soient recrutés par le fermier », assure Lansana Sakho.
L’atmosphère se détend. Le jeu de questions-réponses emprunte alors les chemins de la conciliation. Le changement de cap est un impératif pour ce centre urbain en pleine expansion où il y a nécessité d’étendre le réseau d’adduction d’eau. A Bokidiawé et à Diawara, les membres des délégations ont aussi remis sur la table la sécurisation des emplois.

400 FCfa le mètre cube à Bakel, au bonheur des populations
L’Office des forages ruraux (Ofor) a décidé de baisser le prix de l’eau dans la commune d’arrondissement de Diawara où le mètre cube est le plus cher au Sénégal. Il coûte entre 400 et 450 FCfa, alors dans les centres urbains, il se vend à un peu plus de 200 FCfa.
Les sociétés qui ont contractualisé avec les Associations des usagers des forages (Asufor) n’ont pas cherché loin. Elles ont fixé le prix sur la base que les localités de Diawara, Yelingara, Moudiry, Tuabou comptent beaucoup d’émigrés. C’est ce qui transparaît à travers l’analyse des grilles tarifaires en milieu rural sur toute l’étendue du territoire. La preuve, à Ourossogui, qui compte plus de 30.000 habitants, le mètre cube est vendu à 175 FCfa. Il en est de même à Bokidiawé. A Kanel, il coûte 225 FCfa. « Nous devons remettre à plat ce contrat. Les gens disent que les Soninkés ont de l’argent, donc ils peuvent payer l’eau. Il n’y a pas d’autres explications. Il faut baisser le prix de l’eau dans cette zone », a décidé le directeur de l’Office des forages ruraux, Lansana Gagny Sakho qui était en tournée dans la zone. La fixation du prix a fait l’objet d’âpres négociations entre la société concessionnaire et l’Asufor de Diawara. La société avait proposé, dans un premier temps, 600 FCfa alors que l’Asufor a opposé un prix d’au moins 300 FCfa. Les deux parties ont fait des concessions pour s’entendre sur 400 FCfa. « Au début, j’avais dit tout haut que ce prix était très élevé pour les populations. Après les échanges et les interventions des partenaires, nous avons trouvé l’accord autour de 400 FCfa le mètre cube. Aujourd’hui je reste sur ma position. Nous sommes pour la baisse du prix préconisé par l’Ofor », rappelle le président de l’Asufor de Diawara au cours d’une séance de travail à laquelle a pris part le préfet de Diawara Mansora Diallo.
La cherté de cette tarification se lit aussi sur les marges de recettes de la société concessionnaire. La masse salariale tourne autour de 2 millions de FCfa et aussi sur le fonds de roulement de l’Asufor qui s’élevait à près de 16 millions de FCfa. Les frais d’abonnement s’élèvent à 45.000 FCfa. « C’est avec ce montant que l’Asufor paie le compteur, le plombier et d’autres matériaux », dévoile  un membre de l’Asufor.
A quelques jets de pierre de Diawara, se trouve Moudyri. Ce village est aussi peuplé de Soninké. C’est l’une des zones où l’eau coûte plus cher au Sénégal. Le mètre cube est vendu à 450 FCfa. Ici, les Asufor et la société concessionnaire n’émettent pas sur la même longueur d’ondes. Les ménages paient aussi les frais des pannes des compteurs. Dans ces circonstances, la consommation des ménages est estimée. Cette situation perdure dans plusieurs localités. Les responsables de l’Asufor estiment que les ménages y trouvent leur compte. Mais rien n’est sûr.


Dossier réalisé par Idrissa SANE, lesoleil.sn

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