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La Voix du département de Bakel

Pour la énième fois, les autorités sénégalaises, sous l’impulsion des Syndicats de transport du pays viennent d’interdire l’accès des transporteurs maliens sur leur territoire. Les bus et cars venant du Mali sont désormais confinés à Kaolack, la ville frontière nonobstant une décision de l’UEMOA invitant le Sénégal au respect du principe sacro-saint de la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace. Depuis quelques mois déjà, le trafic entre les deux pays à travers les compagnies de transport est interrompu. La décision émane des autorités compétentes sénégalaises faisant interdiction aux maliens de traverser leur pays. Il s’agit manifestement d’une grave violation des textes intégrateurs de l’UEMOA et de la CEDEAO. Mais les transporteurs sénégalais n’ont cure de ces considérations. Leurs syndicats en sont arrivés jusqu’à agresser des transporteurs maliens sur leur territoire. De quoi s’agit-il en fait ?
Suite à la construction de l’axe routier Bamako - Dakar, il allait de soi que les transporteurs s’engagent désormais à exploiter à fond cette infrastructure. Côté malien, les choses sont allées très vite. Ils sont en effet très vite parvenus à monopoliser le marché dans les deux sens. Et pour cause, ces entreprises maliennes de transport sont mieux équipées et assez expérimentées pour ravir la vedette aux professionnels du même secteur au Sénégal. Pendant que les transporteurs maliens sont équipés de cars assez confortables avec un coût de transport préférentiel, ceux du Sénégal proposent des voitures 5X4 inadaptées à la circonstance et communément appelées   « 7 Places ».  

C’est donc très facilement que les Maliens ont conquis le marché des deux côtés.  Les voyageurs, adviennent que pourra, évitent ces véhicules et préfèrent sagement attendre les cars maliens. Conséquences : les compagnies et propriétaires des véhicules « 7 places » ont commencé à mettre la clé sous le paillasson. Dans leurs multiples tentatives de changer la donne, les syndicalistes sénégalais sont pervenus à faire imposer une batterie de mesures aux maliens : interdiction pour les maliens de disposer d’une gare autre que la principale de Dakar; paiement de primes aux syndicats sénégalais, etc. Pour autant qu’ils se soient pliés aux exigences, les Maliens n’ont pas cessé d’être leaders dans le secteur. Suite aux multiples échecs, leurs homologues du payus hôtes ont fini par interdire purement et simplement la ville de Dakar aux transporteurs maliens. Ces derniers s’arrêtaient donc à Kidira, la ville frontalière. Suite à la protestation du ministre malien des transports, des négociations ont abouti, dans un premier temps, à l’ouverture du trafic et à un retour à la normale, ou presque. Mais une fois encore les sénégalais se montreront intraitables. Ils iront jusqu’à agresser physiquement des transporteurs maliens. Ceux-ci décidèrent de leur propre chef de choisir la ville sénégalaise Kaolack comme destination finale. Cela, les Dakarois ne le toléreront et s’emploient une fois de plus à empêcher cet arrangement. Face à toutes ces tracasseries et aux incessants rebondissements, les transporteurs maliens ont décidé de ne plus accéder à Dakar. Une fois de plus, c’est Kaolack qui leur sert de base. Toutes choses qui n’empêchent pas les voyageurs de se rendre là afin de pouvoir emprunter les cars maliens et poursuivre leurs voyages.

Faut-il rappeler que le Mali s’est fait taper sur le doigt par l’UEMOA et la CEDEAO pour avoir refusé aux opérateurs économiques étrangers, dont des sénégalais, de s’approvisionner en riz au Mali ? Les autorités du pays durent alors se plier aux exigences des organisations fédératrices. Voilà qu’aujourd’hui le Sénégal remet çà pour la énième fois, sans être nullement  inquiété. 

OUMOU H. MAIGA , Aurore

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