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Forage
Le secrétaire d’Etat à l’Hydraulique rurale, Diène Faye, apporte, dans cet entretien, les raisons qui ont poussé l’Etat à déléguer au privé les services en milieu rural où la vente de l’eau génère plus de 30 milliards de FCfa chaque année. Au juste, la délégation des services dans la zone de Palmarin a été précédée d’un atelier d’information à l’intérieur de tous les privés opérant dans le secteur avant de lancer les appels d’offres en respectant toutes les procédures. Un initiative inédite dans la perspective de la réalisation de 300 forages d’ici à 2017.
Quels sont les types de forages que le département de l’Hydraulique est en train de construire à travers le territoire national ?
L’un des projets majeurs du président de la République, dans le cadre du Pse, est la réalisation de 300 forages d’ici à 2017. Par forages multi-villages, il faut comprendre l’ouvrage de captage capable de produire 30 à 100m3/h, un château d’eau d’une capacité de 100 à 200 m3, érigé sur une tour de 20 mètres, un réseau capable de desservir les villages situés à moins de 6 km du forage pour un montant de 200 à 300 millions de FCfa par système. Le programme d’un coût de plus de 60 milliards, permettra un meilleur accès à l’eau à plus de 1,2 million de personnes et près de 10 millions d’Unités de bétail tropical (Ubt). Parallèlement, dans la zone du socle, notamment la région de Kédougou et le département de Bakel, la réalisation de plus de 100 forages dotés de pompes manuelles est prévue dans la même période, pour un coût de près d’un milliard de FCfa. Il faut préciser que dans cette zone, la nappe ne peut pas produire de grands débits. En sus des 300 forages multi-villages, des systèmes de transferts d’eau, sur plusieurs dizaines de kilomètres, permettront également l’alimentation des zones enclavées ou des zones à ressources très faibles. Ainsi, un système de transfert d’un coût de 6,5 milliards de FCfa est en cours de réalisation au profit des îles du Saloum (financement Badea/Etat du Sénégal). Il permettra d’alimenter en eau douce 80.000 personnes qui, jusqu’à ce jour, n’ont eu que de l’eau saumâtre en faible quantité. Un autre système sur l’axe Goudiry-Kidira permet, à partir de forages situés à Dendoudy Doka et Ainoumahdy, de desservir, sur près de 80 km, une vingtaine de villages, pour un coût de près d’un milliard de FCfa (sur financement de la Banque mondiale/Etat du Sénégal). Le système a été mis en service en janvier 2015. La répartition par région des 147 forages est la suivante : 30 ont été réalisés à Saint-Louis, 29 à Matam, 18 à Kaffrine, 16 à Louga, 13 à Tambacounda, 7 à Thiès, 8 à Fatick, 6 à Diourbel, 8 à Kaolack, 2 à Kolda, 3 à Sédhiou et 7 à Ziguinchor. Pour les châteaux d’eau, 24 ont été construits à Saint-Louis, 25 à Matam, 13 à Tambacounda, 9 à Kaffrine, 8 à Ziguinchor, 7 à Louga, 3 à Diourbel, 7 à Fatick, 4 à Kolda, 4 à Sédhiou, 10 à Kaolack, 3 à Thiès, 3 à Fatick. Les réalisations sont plus importantes dans les zones de concentration des grands projets en cours. Il faut rappeler que le taux d’accès à l’eau en milieu rural est à 84 %, dont 60 % par forage et 24 % par puits. Le reste de la population (16 %) est considéré comme n’ayant pas un accès correct à l’eau. Ces taux diffèrent d’une région à une autre, et les nouveaux projets sont orientés vers les zones à faible taux.
Atteindra-t-on l’objectif fixé en 2017 ?
L’ensemble des financements mobilisés actuellement auprès de nos partenaires techniques et financiers, environ 48,55 milliards de FCfa, dont 25,30 milliards de FCfa sous forme de don, et les financements propres de l’Etat dans le Bci permettront de réaliser, outre les transferts et les pompes manuelles, 156 systèmes multi-villages supplémentaires. Donc, l’objectif sera largement atteint. Nous allons consolider les acquis et poursuivre l’effort de desserte de nouveaux villages.
Parlez-nous du nouveau mode de gestion de ces forages ?
Il faut rappeler que le Sénégal compte 1550 forages gérés par l’Etat par le biais de la Direction de l’exploitation et de la maintenance (Dem) remplacée actuellement par l’Office des forages ruraux (Ofor). La Dem assure la gestion des forages à partir de ses services déconcentrés (subdivisions et brigades), en collaboration avec les Associations d’usagers de forages (Asufor). Avant 1980, il y avait moins de 100 forages. L’Etat assurait le paiement du conducteur, la fourniture du gasoil et d’huile de vidange ainsi que la prise en charge de toutes les réparations en cas de panne. Le principal service de maintenance appelé Subdivision outillage mécanique hydraulique (Somh) basé à Louga sillonnait tout le territoire pour la réparation des pompes. La décennie 1980-1990, décrétée par la communauté internationale Décennie de l’eau potable et de l’assainissement (Depa), a été marquée par l’accroissement du nombre de forages de 100 à 400 unités. Devant l’impossibilité de l’Etat de faire face aux charges d’exploitation, des comités ont été créés autour de chaque forage pour assurer le fonctionnement et participer faiblement à la maintenance. A partir de 1996, avec plus de 700 forages à gérer, le comité a été remplacé par l’Asufor, association disposant d’un récépissé, d’une licence d’exploitation et mieux formée à la maintenance, à la gestion et à la sensibilisation. Les Asufor ont permis de faire prendre aux usagers une part plus prépondérante du coût de l’entretien, de réparation et de renouvellement des équipements de pompage (équipements d’exhaure). Toutefois, eu égard au nombre sans cesse croissant de forages, le suivi des Asufor est devenu très difficile, notamment le renouvellement des bureaux à bonne date, le contrôle de la gestion et la formation appropriée. Cette difficulté à suivre les Asufor s’est traduite par une dégradation prématurée des installations et un manque de transparence dans la gestion des fonds. C’est la raison pour laquelle l’Etat a créé un Office en remplacement de la Direction nationale qui aura une autonomie de gestion et se propose de confier la maintenance opérationnelle à des opérateurs privés. Les dispositions seront prises pour assurer une desserte en eau continue à un coût supportable par les usagers.
La vente de l’eau génère plus de 30 milliards de FCfa dans le monde rural. Quels sont les critères de choix des opérateurs ?
La délégation de service public se fait par appel d’offres international selon les procédures définies dans le code des marchés publics. L’Ofor va veiller au respect, par les opérateurs, du cahier de charges, parce qu’aucune défaillance ne peut être acceptée dans la distribution de l’eau. L’intérêt des usagers sera également préservé. Il convient, cependant, de préciser qu’en dépit du chiffre d’affaires important, le prix de l’eau en milieu rural ne prend pas en compte l’amortissement des ouvrages structurants. C’est toujours l’Etat qui intervient pour remplacer un forage ou un château d’eau.
Quelles réponses apportez-vous à ceux qui disent que les procédures du choix de l’opérateur pour la zone de Notto Palmarin n’ont pas été respectées ?
Je voudrais préciser que le système Notto Palmarin est un système de transfert d’abord entre Palmarin et Notto et ensuite Palmarin et Ndiaganiao. Il s’agit d’un champ de captage à Notto où on a construit 4 grands forages et un réservoir de 5.000 mètres cubes et plus de 800 km de conduite qui vont jusqu’à Palmarin. Parallèlement, au nord du pays, une douzaine d’unités de traitement d’eau de surface ont été réalisées par la Direction de l’hydraulique, notamment dans la zone de Gorom Lampsar. Compte tenu de la spécificité du transfert et du traitement d’eau brute, il a fallu faire appel à un opérateur privé. Lequel a été choisi par appel d’offres. Nous avons d’abord organisé un atelier d’informations qui a enregistré la participation de tous les privés nationaux et internationaux. Nous sommes allés plus loin en invitant les ambassadeurs des pays comme la France, le Royaume-Uni, la Belgique et le Maroc, ainsi que tous les bailleurs de fonds traditionnels du secteur, à savoir la Banque mondiale et l’Union Européenne, la Bad, entre autres.
Tous les privés sénégalais qui opèrent dans le secteur ont été invités à cet atelier précédant le lancement de l’appel d’offres. L’objectif était d’informer tout le monde et d’expliquer aux uns et autres la démarche. Cette réunion a été convoquée le 8 février 2012. De mars à octobre 2012, les études sur le plan d’affaire et le mode de gestion ont été menées et validées. L’appel d’offres est publié le 12 novembre dans le quotidien « Le Soleil » en deux étapes : l’étape technique et, par la suite, l’étape financière. Au bout de cette procédure, nous sommes arrivés à des dépôts d’offres financières le 30 avril 2014. Nous avons choisi définitivement l’adjudicataire le 27 juin 2014. Cela est vérifiable dans « Le Soleil » du 27 juin. La signature du contrat a eu lieu en décembre. Celui qui dit que c’est une entente directe, il ne comprend rien du tout ou il a écrit son article à dessein. Toute la procédure a été transparente.
Au cours de ces deux dernières années, seuls deux marchés ont été passés par entente directe par la Direction de l’hydraulique : l’un relatif à l’audit de la conduite Alg qui était urgent et l’autre aux travaux du Magal de Touba 2014 confiés à la Sde compte tenu des délais très courts de réalisation. Tous les autres marchés ont été attribués après appel d’offres national et international.
Quelle est votre position par rapport au passé des Asufor ?
Le bien-fondé de la réforme réside essentiellement dans la nécessité d’adapter le mode de gestion au nombre d’ouvrages. Le patrimoine, dont la valeur avoisine 300 milliards de FCfa doit être confié à des professionnels pour arriver à une exploitation optimale, gage de rentabilité de l’investissement. En conséquence, il s’agira, à terme, de recentrer le rôle de l’Asufor sur les tâches de représentant des usagers et adapter cette mission au contexte actuel, notamment l’Acte 3 de la décentralisation.
Propos recueillis par Idrissa SANE
Le Soleil

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