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La Voix du département de Bakel

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<<Nous n’avions pas le métro parisien ni le tramway marseillais dans le département de Bakel, mais nous disposions du "métro de Diawara" de Mody Béré et du " Concorde " d' Ali Kanouté sans oublier le "Tgv" d' Ousmane Tambo Diarra de Moudery>>. Le département de Bakel, malgré son enclavement, disposait d'un réseau dynamique de transports en commun. Quotidiennement, les villages environnants empruntaient les routes sinueuses du département à bord de voitures souvent insolites.  Si les Tuabounkos et Koughaninkos, de part leur proximité avec la ville de Bakel, la ralliaient avec des charrettes ou des bicyclettes, les autres villageois, eux, ne se passaient jamais de ces célèbres "Pick-up" et autres utilitaires. Ils portaient des noms insolites comme "Métro de Diawara", "Concorde d'Ali", "TGV de Moudery" ou souvent " AIR VILLAGE". La gare routière de Bakel, qui était à l'actuelle place de "Doumou Night", est désormais au quartier HLM, juste derrière la station Shell, terminus de ces bolides hors pair.
Dès le matin, ces voitures, aux noms insolites, prenaient d'assaut la gare routière de Bakel saara Demba. Elles venaient du goye inférieur (Tuabou, Manaél, Yelingara, Diawara, Moudery, Galladé et Gandé) et du Goye supérieur (Koughany, Golmy, Yafera, Ballou et Aroundou), voire du Boundou (Gabou, Kidira, Goudiry)... Ces voitures étaient des Pick up transformés en véhicules de transport en commun par le génie de nos maîtres artisans du département (Tôliers, Menuisiers, mécaniciens). Les marques les plus visibles sur le sol Bakélois étaient Toyota, Peugeot, Mitsubishi, Renault, Land Cruiser... Chaque propriétaire décorait sa voiture selon son bon goût et s'arrangeait toujours à valoriser son village à travers la décoration. Les transporteurs les plus connus étaient Feu Ousmane Tambo avec son véhicule " Air Moudery", Ali Kanouté avec " Air Dembakani" plus connu sous le nom de" Concorde", Modou Béré avec son " Métro de Diawara». A coté, on avait les véhicules " Air Tuabou " de Mamadou Sidibé, Air Yafera, "Air Moudery" de la famille Seck, "Air Golmy" de la famille Cissokho... Ces différents transporteurs assuraient le transport intervillages. Le Goye inférieur était plus desservi que de le Goye supérieur.

Le manque de fluidité du trafic Bakel-Goye supérieur s'expliquait par le nombre limité de transporteurs, mais aussi par l'état délabré des routes. Le tronçon Bakel-Dembakani était plus praticable. Il comptait également plusieurs transporteurs. Le tarif variait entre 200 Francs CFA pour aller simple Bakel - Tuabou à 500 Francs CFA pour Bakel - Diawara dans les années 1990. Au gré des fluctuations du prix du carburant et des effets pervers des plans de restructuration des instances de Breton Woods au Sénégal, les prix augmentaient pour atteindre 400 Francs CFA, voire 700 Francs CFA pour les mêmes trajets. Les usagers de ces routes étaient très courageux et endurants. Les transporteurs faisaient très souvent des surcharges. Ils entassaient les passagers comme des sardines à un point que certains restaient souvent debout pendant tout le trajet faute de places assises. Souvent, les pneus de secours servaient de sièges. De plus, une heure de voiture pouvait dorer le passager de poussière à tel point que l'on croirait qu'il s'était peint le visage. En plus de la poussière, il faut compter également les innombrables secousses qui faisaient succomber plusieurs malades agonisants. Ces routes n'étaient guère goudronnées. Récemment, le tronçon Bakel- Gandé avait fait l'objet de réfections, mais faute de bitumage les pluies diluviennes ont eu raison des couches de graviers. En plus de ces mauvaises routes, les passagers étaient souvent victimes des coupeurs de route qui les dépossédaient de leurs biens. Voyager entre Bakel et ses villages n'était guère une promenade de santé. Les risques perduraient. Combien de malades ont-ils succombé à cause de la lenteur de leur acheminement vers le District de Bakel ? L'état des routes et des voitures rallongeait le temps de trajet et causait d'innombrables pertes humaines et matérielles.


 À coté de ces tronçons Bakel-Gandé et Bakel-Aroundou, le département compte également d’autres voies de communication reliant Bakel aux villages du Boundou. Bien que ces axes soient bitumés par le biais de la coopération Taiwano-Sénégalaise, les ponts reliant le département à l'intérieur du Sénégal (Pont de Bondji et pont de Moudibougou) cèdent à chaque hivernage et causent souvent des accidents spectaculaires. L'enclavement du département s'explique souvent par ces mauvais routes et ponts. Aujourd’hui encore, le département souffre toujours de ces routes vétustes, malgré les multiples réfections. Bakel-Gandé a fait l'objet d'une importance restauration. À défaut de goudrons, cette route a bénéficié de couches de graviers considérables pour le grand plaisir des automobilistes et autres conducteurs d'engins cyclables. Comme dit l'adage Soninké " An ga na Kori an ma an na an maama sugu ". À l'intérieur de Bakel commune, un vaste programme de bitumage a également été entrepris ces dernières années. Les deux grands axes routiers ont ainsi bénéficié d'importantes couches de bitume. Le revêtement considérable de ces voies constitue malheureusement une embellie qui cache l'épineux problème des routes départementales surtout dans la partie supérieure du département (Koughany à Aroundou). Pendant la période hivernale, ces villages sont pratiquement coupés du chef lieu du département par voie terrestre. Le fleuve devient alors la seule alternative pour voyager de Bakel à Aroundou. Ce transport fluvial, malgré les risques de noyade dus à la surcharge et à la vétusté des pirogues, constituerait une véritable option à explorer par les autorités du département afin de résoudre le transport intervillages dans le département de Bakel.


Par ailleurs, d’un point de vue économique, le transport intervillages est créateur d'emplois. Plusieurs jeunes apprennent le métier de chauffeur sur ces routes et deviennent apprenti-chauffeurs.Un métier très prisé de nos jours et qui fait vivre plusieurs familles sénégalaises. Le flux quotidien de villageois vers Bakel commune génère également de retombées financières considérables. Les ruraux viennent quotidiennement faire leurs courses dans les grands marchés de Bakel surtout à l'approche des grandes fêtes musulmanes. Une clientèle très convoitée par les "Baol Baol". Les villageois viennent écouler également leurs productions agricoles. Les vendeuses à la sauvette y trouvent souvent leurs comptes en se faufilant entre les voitures et les pirogues selon la période, plateaux de fruits ou de gâteaux sur la tête. Les villages du département de Bakel sont de très grands consommateurs. Dès leur arrivée dans la vieille ville, ils se ruent vers les dibiteries et « tangana » pour prendre leur petit déjeuner. Cette clientèle est particulièrement recherchée par les restaurateurs Bakélois. Certains aménagent même des coins de repos et de détente afin de fidéliser ces ruraux. Cette ruée vers les « tanganas » Bakélois s'explique également par l'inhospitalité de leurs hôtes, d'où l'étiquette " Saaralokhé xo Bakélinké " (Inhospitalier tel un Bakélois). Les autres villes ou villages du département de Bakel sont de vrais moteurs du développement de Bakel Commune. Tous les jours, le même rituel se répète entre Bakel commune et ses voisins. Une réfection approfondie des routes reliant les villages du département de Bakel est plus que nécessaire. L’État doit s’atteler au bitumage des routes principales et à au revêtement des routes secondaires. Sortir le département de sa torpeur actuelle passera certainement par la mise aux normes de ces voies de communication.

Samba Fodé KOITA dit EYO 


 

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