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La Voix du département de Bakel

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           JourneeCulturelle2020 1
Mocirédin se rappelle, avec beaucoup de nostalgie, l’organisation, la première de Bakel et même de tout le Sénégal des JOURNEES CULTURELLES très populaires ayant réuni des centaines d’acteurs jouant plusieurs rôles différents allant de circoncis à « Bao » le Protecteur, en passant par les forgerons chargés de la circoncision aux cavaliers, des jeunes filles aux femmes, mères de ces enfants qui vont rejoindre la case des hommes.
Cela date de plus de trente ans mais dans sa vieille mémoire usée par le temps, l’époux de Diambéré Khoumba, le pauvre Mocirédin n’oublie aucun moment, aucun détail de cette fabuleuse époque où les Thierno Bocar Cissokho, Diaman Bathily, Kader Tandia, Adama Traoré dit Dallas, en compagnie d’autres hommes et femmes engagés au côté de Cheikh Abdoul Khadre Cissokho pourtant ancien Ministre  des Eaux et Forêts et non de la Culture puis ancien Président de l’Assemblée Nationale, ont réussi à placer Bakel, la capitale du Gadiaga au-devant de la scène culturelle internationale.


Quel engouement autour de ces Journées ! Durant des mois, presque pendant une année entière, une effervescence particulière électrisait tous les participants à cette première édition de ces Journées Culturelles.
Au bureau, dans les écoles, au marché, sur les terrains de sports, dans les pirogues sur le fleuve Sénégal, après les salutations, l’on ne parlait plus que de ce Festival !
Les jours, les mois et les années se sont écoulés. Dans tous les coins, dans les villages les plus reculés du Sénégal, les Journées Culturelles s’organisent faisant maintenant la fierté des communautés qui se retrouvent autour de leur patrimoine, leur culture.
La CULTURE ? Elle est devenue de nos jours, un moyen de détournements d’objectifs des moyens, surtout financiers, pour les organisateurs, politiciens en général, qui se cachent derrière le savoureux mot « DEVELOPPEMENT » pour leurrer les malheureuses populations, « se beurrer » et s’enrichir sur leur dos.
Mocirédin a aussi suivi dans sa ville natale, avec son ami Ndirissa Sidy, le Festival Ondes d’Intégration du jeune Directeur de JIIDA FM, Abdoulaye Bomou, qui a animé le Département durant plusieurs années.
Mais depuis deux ans, c’est le calme plat. Même si Soninkara Kafo, cette association créée par les Adama Ndiombo Traoré, Saloum Coulibaly, Bougary Soumbounou, Aladji Ndiaye, Mountaga Kamara, Tobodji Traoré, Maba Djidou Camara, Maran Dali Dansira… pour initier la jeune génération dans les chants et les danses d’autrefois, la relève est presque nulle ! Au cours de ses prestations, Soninkara Kafo, malgré la volonté affichée par ses créateurs, ne parvient pas à faire deux représentations annuelles afin de servir aux populations actuelles, la physionomie du temps de nos grands-parents. Leur matériel, très lourd, n’est plus adapté. Leurs déplacements sont difficiles et coûteux.
Le Conseil Départemental de Bakel vient à temps, profitant de l’accalmie pour innover en organisant sur deux sites différents l’Intronisation de l’Almamy du Boundou à Sénoudébou et celle du Tounka à Tuabou. Ces deux manifestations du Président Ibrahima Diallo ont permis de sortir Bakel dans la léthargie qui commençait à l’ankyloser.
Ces vendredi 21, samedi 22 et Dimanche 23 Février 2020, la relève s’est bien engagée avec l’arrivée sur le terrain de jeunes « loups » aux dents longues, ambitieux et pleins de bonne volonté pour continuer le travail culturel de leurs « pères », de leurs aînés dans le Département.
L’Association INITIATIVES POUR LE DEVELOPPEMENT LOCAL (IDL) du jeune Président Aly Diacko s’est retroussée les manches pour tenter de relever tous les défis (organisation et participation) qui ont conduit à une réussite de la 1ère édition du Festival Culturel de Développement de Bakel (FESBAK).
DEROULEMENT DES JOURNEES CULTURELLES
Le jeudi 20, dans l’après-midi, une caravane a fait le tour de la ville pour annoncer, rappeler aux populations l’événement incontournable dans la capitale du Gadiaga.
Vendredi 21 Février 2020
Dans la matinée, il était prévu un Don de sang dans la Salle des fêtes. Les agents de Santé étaient présents mais, il n’y avait pas de donneurs. Cela s’explique par le fait qu’un don de sang avait eu lieu il y a quelques jours seulement dans la Salle de Conférence de la Mairie.
A la place Waoundé Ndiaye, les femmes des associations ont étalé sur des tables leurs produits, la plupart alimentaires, locaux, avec aussi des tissus et des produits artisanaux. Cette Foire, d’un genre particulier a vu des Mauritaniennes de Sébibaly présenter, elles aussi leurs produits.
A partir de 17 heures, « Béra Khoré », la grande place, plus tard baptisée Waoundé Ndiaye, a refusé du monde. La Marraine des Journées Culturelles, madame Salymata Cissokho, Présidente de l’Association MAMANS SANS FRONTIERES a été accueillie au son des tams-tams et des chants. Après le tour du grand cercle formé pour saluer les invités, madame Cissokho s’est installée avec le premier Adjoint au Maire, monsieur Tairou Diakhité, le Président d’IDL Aly Diacko, monsieur Aliou Bâ de l’Association Feede Bamtare Diokere Indam Sénégal (Mbour), de messieurs Amady Aissé Diol et Yaya Idi Sow artistes, de madame Mariame Tall et Amadou Gorel Bâ journalistes en Langue Pulaar, de la famille et des amis des organisateurs dont Mère Kadia Diop.
Plusieurs allocutions ont été prononcées par le Maire monsieur Diakhité, par la Marraine madame Cissokho, par monsieur Abdoulaye Diallo de l’Ecole des Maris de (Payar) Koumpentoum, par monsieur Diaw Goumbala de l’ASBEF et enfin par monsieur le Président Diacko avant que les batteurs ne permettent aux chanteurs et aux danseurs de s’exprimer à leur tour à travers la musique.
A partir de 20 heures, une assez longue pause de plus de deux heures vide la place Waoundé Ndiaye avant qu’elle ne retrouve son monde pour une soirée mémorable qui a retenu acteurs et spectateurs jusqu’au-delà de deux heures du matin avec la remarquable prestation de l’Association du Président Abdoulaye Siby des Maures du Département de Bakel, composée de treize villages dont Béma, Kounghany, Yaféra...
Samedi 22 Février 2020
Dès 8 heures, les malades se dirigeaient vers la salle des Fêtes pour des consultations gratuites, pendant que (coïncidence), dans la Salle de Conférence de la Mairie, tout près, se déroulait une Audience Foraine avec le Président Diouf du Tribunal Départemental de Bakel. A voir le monde « fou » qui s’est déplacé pour chercher un jugement de naissance, l’on est en droit de s’inquiéter sur le degré de compréhension de l’importance de cette pièce d’Etat Civil !
A la place Waoundé Ndiaye, les Femmes des Associations sont toujours là pour vendre leurs produits. En face d’elles, un peu à l’écart, des communications d’une grande importance, en rapport avec le DEVELOPPEMENT, ont été faites par monsieur Harouna Sy, Coordonnateur de TOSTAN (Bakel) par messieurs Yakhouba Diawara Chef du Service Départemental du Développement Rural, le Délégué de la SAED, le Chef du Service de l’Elevage, le Responsable de Tabital Pulangu Balé Sow pour un plaidoyer pour les Langues Nationales, le Président de l’IDL pour une présentation de sa structure et la Présidente de MAMANS SANS FRONTIERES.
Sur les rives du Fleuve Sénégal, une cérémonie particulière a drainé une foule curieuse pour d’abord écouter la belle voix d’Amady Aissé Diol, ensuite suivre cette dame entrée dans l’eau jusqu’aux genoux pour offrir une calebasse pleine de lait caillé au Génie protecteur du fleuve. Les nombreux spectateurs regardaient avec insistance la surface de l’eau pour apercevoir un caïman ou un hippopotame attiré par les chants de ce Communicateur hors-pair.
A 21 heures, la place Waoundé Ndiaye a encore refusé du monde. Les batteurs ont tellement bien joué qu’à un certain moment de la nuit, les deux « Djembés » tenus par Mahamadou Cissokho de Mandiou Ndakha et par le Fils du Diable, Djinna-din Diaman Kanté ont complètement été déchirés.
Des solutions étaient heureusement là avec des artistes comme Ousmane Koité, Issa Bomou, Bambo Sakho, qu’on ne présente plus (Président des Communicateurs Traditionnels du Département de Bakel), les deux talentueux jeunes Rappeurs d’And Jubo Kalidou Sam et Djiby Coulibaly venus de Goudiry, les Awloubés (pluriel de Gawlos) de Grimpallé, sans oublier les magnifiques Amazones, ces belles Hôtesses, infatigables, accueillant, accompagnant, dansant, animant, avec toujours le même sourire éclatant aux lèvres !

Dimanche 23 Février 2020
Dernier jour du Festival. Ultimes moments des Journées Culturelles sur le concept : « LA CULTURE, VECTEUR DE LA PROMOTION DU DEVELOPPEMENT DURABLE ».
Venir à Bakel sans visiter ses principaux sites, c’est comme partir à la Mecque sans voir la KAABA ! Une visite guidée par messieurs Abou Diallo et Idrissa Diarra a commencé par la Tour BRUE, plus connue sous le nom de Tour aux Pigeons, à Diabé Guidé, la Place de l’Indépendance, puis le Fort Faidherbe ,actuelle Préfecture, la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC), le Pavillon René Caillé, le Cimetière des Militaires Français, la Tour Descéné appelée aussi Tour du Mont aux Singes, Goundeyni pour parler de Feinda le génie de cette partie du fleuve et en fin, faire un plaidoyer afin qu’un semblant d’intérêt soit accordé au CIMETIERE DES CENT CIRCONCIS aussi pour sa revalorisation en construisant un mur de clôture et des tombes dignes de ce nom.
Partout où les visiteurs ont été, des photos ont immortalisé leur passage.
Pour une première édition d’un Festival, l’on peut dire sans sourciller que le coup d’essai a été un coup de maître.
Idrissa Diarra, bakelinfo.com

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