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La Voix du département de Bakel

Diawara Bakel

C’est une oasis au cœur du «désert» bakelois. A 18 kilomètres du département de Bakel, le village de Diawara est la plus française des communes de Bakel et pourtant, son développement est plombé par un manque criant d’infrastructures routières.

Reportage !

Le voyage commence dès l’entame de la route qui mène à Bakel. La piste, du moins. Escarpée, rocailleuse, couverte de nids-de-poule, la route reliant Tambacounda à Bakel est une véritable torture pour l’allochtone. Ici, point de traces de goudron. L’asphalte est composé d’une large couche de latérite, bossu par endroits, craquelé en d’autres, couché sur des crevasses immenses qui singent des cratères. Sur les bas-côtés, l’absence de vies humaines ou animales attire l’attention du visiteur. Hormis les camions qui font la navette Bamako-Dakar, rien ne laisse présager que cette route est une zone de passage qui mène vers l’un des 45 départements du Sénégal, le chef-lieu de Bakel.

 

Quelques arbres, presque immobiles, veillent sur leurs branches qui jonchent le sol. Le sable, principal décor de l’endroit, en dehors des feuilles mortes, s’incruste dans les chaussures. Sec et poussiéreux, on aurait pu le croire docile, s’il ne se faisait délateur. De temps en temps, un feu de brousse se déclare sur le versant gauche de la route. Etendant ses tentacules sur les arbres morts et la paille sèche qui tapissent le sol aride. Puis, au bout de quelques heures, Bakel apparaît. Enfin. Hameau soumis au bout de centaines de kilomètres, Bakel tend ses bras rachitiques au visiteur. Comme une vieille femme aux seins flasques et ramollis, vidée de sa sève nourricière. Monotone, désertique et comme dépeuplée. Dans la chaleur de la nuit de ce mercredi, Bakel ressemble à une amante délaissée. Malgré la touffeur de la ville, les populations sont terrées chez elles. Quelques autochtones se hasardent encore dans les rues à cette heure avancée de la nuit. Il est 23 heures. Pas le temps de faire le tour de la ville. Juste une envie : filer sous la douche, se débarrasser de ce nuage de poussière qui colle comme une seconde peau et se mettre au lit pour reposer ces membres fourbus et engourdis par 687 kilomètres de route. Mais, face à la situation, les rêves d’un sommeil réparateur devront être reportés à une heure ultérieure. On n’est pas sorti de l’auberge. Encore faudrait-il en trouver une. A Bakel, l’autre grand handicap qui plombe le développement de la localité, après l’absence d’infrastructures routières, c’est le manque criant de réceptifs hôteliers. La seule enseigne qui affiche le signalétique «Hôtel» ressemble plus à une auberge de jeunesse, en améliorée, qu’à autre chose. Une partie du groupe y trouvera logis. A trois (3) dans une chambre. Le reste de la troupe devra se contenter des chambres rustiques d’une structure gouvernementale de la place où il devra cohabiter avec salamandres, grillons, grenouilles et autres bestioles qui pullulent dans la contrée. Heureusement, l’aube bienfaitrice vient délivrer les visiteurs des tenailles d’une nuit mouvementée. Au dehors, Bakel s’extirpe nerveusement de la chaleur d’étuve de la nuit. Après le casse-tête du petit-déjeuner, cap sur Diawara, après un rapide détour au cimetière militaire et au Fort de Bakel.

Diawara ou le petit Paris de Gajaaga

Ici, depuis des siècles, des hommes s’accrochent à un bout de terre. Accrochés à la gencive du fleuve Sénégal, tels des résidus de repas, ils attendent, résignés, un probable mandat des leurs, partis quêter la bonne fortune sous des cieux plus cléments, lucratifs, dira-t-on. Ou suspendus aux aléas du climat, espérant une bonne récolte. Au loin, les minarets des 18 mosquées, figées dans leur certitude, dressent fièrement leurs silhouettes multicolores et semblent narguer les 18 kilomètres qui les séparent de Bakel. Avant que la réalité de leur enclavement ne les rattrape. Heurtant le sol dur et poussiéreux, les pieds d’Abdourahmane Magessi, habitant du village, hume avec appétit la petite brise qui les chatouille, la morsure du sable chaud et des quelques épines qui rappellent la présence de la vie jusque dans les extrémités oubliées du corps. Et pourtant, ce presque quinquagénaire que la marche du temps n’a pas épargné, fait plus que ces 45 années d’existence affichées au compteur. Silhouette fine engoncée dans un boubou en basin jaune, dentition clairsemée, le quinqua accueille avec une chaleur presque confondante, alors qu’on a juste envie de prendre ses jambes à son cou et s’abriter sous le premier arbre rencontré. Et pourtant, il serait difficile de ne pas céder à sa convivialité, propre aux gens du terroir. De Diawara, la bourgade la plus française de Bakel, avec ses 60% de binationaux, ses 12 100 habitants, dont 1 200 établis en France, ses belles maisons presque toutes construites en étage, son stade, son centre de santé, son lycée technique moderne et sa station d’épuration d’eau fraîchement inaugurée. «Notre village est très moderne. Nous avons de l’eau potable, de l’électricité et même l’internet», lance goguenard, Abdourahmane. Mais sous ses airs de cité moderne, Diawara, point de départ du conflit sénégalo-mauritanien, souffre cruellement du manque de routes bitumées. Killé Sakho, maire de la localité, étale sa liste de complaintes : «Diawara est une cité française qui est confrontée à de nombreux problèmes, tels que l’éducation, la santé et le manque d’infrastructures. Il s’y ajoute que les populations rencontrent d’énormes difficultés pour bénéficier des déclarations de nationalité ou encore d’extraits de naissance. La route est un problème de santé publique et nous souhaitons le bitumage de l’axe Bakel-Diawara-Golleré.» Dans ce petit Paris niché au fin fond de Bakel et peuplé en majorité de Sarakholé, les fils du pays établis en Hexagone ont réalisé la plupart des infrastructures, sans l’aide des pouvoirs publics. Et pourtant, la population en redemande encore. A l’image d’Abdourahmane Magessi ou encore de Mohammed Cissé, intendant du lycée. En attendant, Diawara savoure sa nouvelle source d’eau potable, la station d’adduction d’eau financée à hauteur de 250 millions de FCfa. Une belle initiative qui en appelle d’autres. Cette fois-ci, noires et au goût du coaltar.

NDÈYE FATOU SECK (DE RETOUR DE BAKEL) GFM

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