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dandemayo

Le Fouta, c’est d’abord le fleuve. Tout se fait dans et autour du fleuve. Des activités économiques à celles domestiques. C’est le «Dande Mayo».

 

De l’eau par ci. De l’eau par là. De l’eau partout. Ce pourrait être le générique d’une des séquences de Kirikou. Mais non, ce n’est que la situation géographique du Fouta qui coule entre fleuve, lagunes, marigots. Sans doute, le Fouta est plus que bien arrosé. Le pays peul, c’est aussi des terres. De vastes étendues de territoire à perte de vue. Un vaste paysage verdoyant avec des arbustes, des fruits sauvages. Des troupeaux : chèvres, boucs, brebis, bœufs, vaches… La nature n’a pas été avare avec le peuple foutanké.

 

 

 

Elle qui a moulé ses frontières le long de l’un des plus grands cours d’eau d’Afrique. Ainsi, les peuples du Fouta peuvent s’adonner à l’élevage, l’agriculture et à la pêche. Plusieurs cités comme Matam, Podor, Diatar, Donaye, Dioudé Diabé, Thioubabel, Saldé, Ali Ouri, Thialy, Ganguel Soulé, Odobéré, Béli Thiowi, Béri Jalo, Nawlé, Ngawlé… sont posées juste sur la berge du fleuve. Et avec cette installation, toutes les activités qui se sont développées autour. Ce que ces Foutankés appellent le «Dandé mayo».

 

 

Au bord du fleuve, le tableau est plus qu’artistique. Tout autour, un vent doux, malgré cette période de chaleur, soulève les feuilles de la dizaine de manguiers qui délimitent le cours d’eau. Pas l’ombre d’un rayon de soleil. Le rapprochement des manguiers offre l’illusion d’un ciel vert. Chaque partie de cette presqu’île est un dessin difficilement reproductible tellement le paysage est époustouflant. A Ngawlé, petit village avec des maisons en argile situé à 3 kilomètres à l’ouest de Podor, une bonne partie de la population de Ngawlé est venue, ce jour-là, faire ses petits travaux. D’un côté, Penda Kâ, la cinquantaine. Assise à même le sol, les jambes étalées et une calebasse coincée dans ses mains, elle ne semble pas prêter attention à ce qui se passe autour d’elle. Tout à son occupation d’éplucher ses légumes. Pour la plupart des carottes cueillies quelques minutes plutôt sur les vergers entre le fleuve et les cases en argile. Un peu plus loin de Penda, Aliou. La vingtaine bien sonnée, le jeune homme se dirige d’un pas lent mais décidé vers les eaux. Dans sa main, un nécessaire de toilette. Près de la berge, Aliou ne se gêne pas le moins du monde pour dévêtir son maillot du Fc Barcelone. Comme s’il était seul au monde. Il ne lui reste qu’un petit short pour cacher sa nudité. Il s’assoit tranquillement sur une racine d’un manguier qui immerge dans le fleuve. Sur le point de prendre son bain matinal, il arrête son geste. Aliou a changé d’avis, ce sera le linge avant la douche. Il asperge d’eau son maillot, y passe un coup de savon et commence à frotter. A côté de lui, des enfants alternent baignade et course poursuite. Sur la rive, un cheval est en train de s’abreuver. Plus loin de ce beau monde, des filets de pêche et des pirogues de fortune attestent de l’activité économique des habitants de Ngawlé. Sur l’autre côté du fleuve, des habitations. Un village du même nom. A ceci près qu’il est de l’autre côté de la frontière. Ngawlé Mauritanie. «Ce sont des mêmes familles qui habitent les deux villages. Nous sommes tous parents ici», renseigne Alima, occupée à étaler son riz. Au même moment, une pirogue qui revient de la Mauritanie accoste et les passagers se précipitent vers la terre ferme, avant de disparaitre dans le village. Ici comme dans tous les villages riverains du fleuve, toutes les activités tournent autour du fleuve. «Nous faisons tout avec les eaux du fleuve. C’est juste à cette période de l’hivernage qu’on arrête de boire cette eau. Ce n’est plus sûr. Sinon il suffit juste de la purifier pour qu’elle soit consommable. C’est dans le fleuve qu’on se baigne. C’est là-bas qu’on lave les ustensiles. Tout se fait là-bas. D’un autre côté, c’est avec cette eau qu’on cultive nos terres. Nous récoltons assez de riz que nous traitons nous-mêmes. D’ailleurs, il nous arrive d’en vendre à Podor. Idem pour les légumes et autres. Et tout ce que nous mangeons comme poissons, c’est nous qui les pêchons. Même si le fleuve n’est plus aussi poissonneux qu’autrefois», révèle Moustapha Sarr, un jeune apprenti qui officie dans l’atelier du maitre tailleur du village.

 

 

A l’embarcadère de Matam, le soleil pointe ses premiers rayons. Les femmes, bassines de linge sur la tête, profitent encore de l’air frais. Sur place, plusieurs de dizaines de femmes ont déjà commencé leur besogne. Courbées, les muscles bandés, l’habit léger, elles frottent fort sur les habits. Au même moment, les pirogues assurent la navette entre la Mauritanie et le Sénégal. A chaque voyage, elles arrivent avec beaucoup de voyageurs maures ainsi que d’autres denrées. Sur cette rive, ce sont surtout les femmes qui tirent profil de l’eau. Tous les travaux ménagers s’y retrouvent à cette heure matinale. Tandis que la plupart est occupée à laver la montagne de linge, d’autres prennent leur bain matinal, habillées légèrement. Une scène cocasse qui n’attire l’attention de personne. Plus loin, une jeune fille termine de laver une batterie d’ustensiles. Comme à Ngawlé, l’eau du fleuve sert à tout à Matam. Comme partout ailleurs dans cette partie du Fouta où le fleuve se révèle être au cœur des activités.  Les villages poussent comme des champignons le long du fleuve, dans la capitale régionale, en longeant le fleuve vers l’est jusqu’à Ganguel Soulé, fief du chef religieux Cheikh Moussa Kamara. Béri Jalo est de ceux-là. A cause de l’abondance des pluies la vieille, les herbes sont verdoyantes tout autour du village. Mais, les pistes argileuses deviennent impraticables. A l’entrée du village, se dresse une maison de trois cases implantées dans le désordre. Une grande tente de fortune est dressée au milieu de la concession. Devant la plus grande case, Mamadou Ndiaye fait la sieste. Pendant que sa douce moitié s’occupe du « ataya ». Cette famille Thioubalo cherche le diable, dans le fleuve, pour lui tirer la queue. Même s’il reconnait les bienfaits de ce cours d’eau, Mamadou Ndiaye estime qu’il avait quitté le village de Naweli à la recherche de point plus poissonneux. Au départ, les espoirs nourris étaient plus que satisfaits. «Il fut un temps où le fleuve était poissonneux. On pêché tellement de poissons qu’on en vendait une bonne quantité à Matam. Mais depuis un temps, nous n’arrivons qu’à disposer de quoi mettre dans les marmites», raconte-t-il. A part ce gros problème, rien à signaler. Le cours d’eau remplit son rôle correctement. «Bien sûr que le fleuve est important. On fait tout avec. Même boire. Seulement pendant l’hivernage, il n’est pas sûr de boire cette eau», explique le chef de famille qui se prépare à aller voir ses filets qu’il avait étendus dans le fleuve pendant la matinée. Cette fois-ci encore, les poissons n’ont pas mordu. Mais Mamadou Ndiaye ne se décourage pas. «Si nous n’arrivons pas à avoir beaucoup de poissons, nous avons de belles récoltes. Nous cultivons tout ici du gombo, de la patate, de la citrouille, de l’oseille, du mil, du riz. En plus, le fleuve nous aide dans l’élevage. On ne se plaint pas vraiment», affirme Mamadou Ndiaye. A Béri Jalo, ce qui se passe chez Mamadou Ndiaye est la règle générale.

 

 

Manantali , bourreau économique

 

 

Plus loin, c’est le village de Béli Thiowi qui se pointe à l’horizon. Comme les autres localités à côté du fleuve, le village s’étend le long du cours d’eau. Un gros village avec des concessions énormes. Des bâtiments luxueux contrastent avec  les vieilles cases. Dans ce village, le protocole est respecté à la lettre. Personne n’ose recevoir ou s’entretenir avec des étrangers sans l’aval du chef de village, le vieil Al Housseynou Diallo. Dans sa grande concession, une dizaine de femmes s’activent autour de la théière. Ici, l’intégration est à prendre au pied de la lettre. Il faut parler pular pour être compris. Même pour le français approximatif du chef de village, il est difficile de comprendre les idées. Dans ce village aussi, c’est le fleuve qui sert de cœur aux activités des villageois. Et à force d’aider, il joue parfois au capricieux et devient source de tous les malheurs de Béli Thiowi. «Le fleuve est très important. Mais il faut des moyens pour s’en sortir surtout avec l’agriculture et l’élevage. Même pour la pêche où il y  a problème. En fait, il n’y a plus beaucoup de poissons dans le fleuve. On dirait que c’est le barrage de Manantali qui empêche les poissons de remonter jusqu’ici», explique Housseynou Diallo. Il faut aussi dire qu’il arrive au fleuve de sortir de son lit. Ce qui détruit toutes les cultures, surtout pour le riz. Comme Béri Jalo, Béli Thiowi ou Ngawlé, les localités du Fouta tirent profit du fleuve. Malgré quelques malheurs avec notamment les cas de noyades notés d’un village à l’autre. A Nawel. En début de soirée, sous le pont qui enjambe un cours d’eau qui rejoint le fleuve, un groupe de jeunes se baignent. Ils jouent, et rient aux éclats. Les femmes finissent leurs travaux tandis que d’autres arrivent avec leurs bassins pleins. De l’autre côté, loin des gens, un troupeau de bœufs arrive juste au point d’eau. Certains s’abreuvent alors que d’autres continuent à se nourrir de l’herbe verte. La vie des villageois de Nawel dépend en bonne partie du fleuve. Toutes les activités des villageois dépendent de l’eau du fleuve. L’agriculture, l’élevage la pêche. Pour dire que le Fouta a été béni.

 

 

Makhaly Ndiack Ndoye

 

(Envoyé spécial dans le Fouta ) GFM.SN

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