ÉMIGRATION ET RETOUR VOLONTAIRE A TAMBA ET SEDHIOU : La modicité du pécule alloué ne motive pas beaucoup de candidats
L’Assistance au retour volontaire et à la réinsertion, initiée par l’Organisation internationale des migrations (Oim), a concerné quelque 43 personnes et a été marquée par des fortunes diverses. L’évaluation a montré 33 insertions satisfaisantes, mais soulève des difficultés liées à la modicité du pécule : 320 mille frs, en plus des problèmes sociaux trouvés et laissés sur place, entre autre : le remboursement du voyage, l’enclavement des localités et les déplacements des familles. Ibrahima Cissé avait quitté son Diaroumé natal dans l’arrondissement de Bounkiling, région de Sédhiou pour l’Europe. Mais son trajet s’arrêta en Libye. Ce sont des centaines de Sénégalais qui, sont selon lui, dans le même cas. Il se retrouva comme manoeuvre sur les chantiers de construction mais ne parvint pas à joindre les deux bouts. Une vie meilleure qu’il recherchait ne l’était, selon lui, que sur les récits des émigrés prompts à égayer la galerie. « Ce que j’ai laissé au Sénégal était meilleur, en plus de la téranga qui n’existe plus si l’on sort du pays, à coté de l’insécurité, la supercherie et des comportements qui frisent l’esclavage. En cas de maladie, tu ne peux joindre les structures de Santé officielles, de peur de se voir rapatrié manu militari. Après un séjour dans les geôles, ils prennent comme prétexte le Sida. En apprenant que l’Oim a mis en place un projet d’assistance au retour volontaire et à la réinsertion, je me suis inscrit pour recevoir 130 dollars ». A Tambacounda, grâce à l’Agence nationale de conseil agricole, une formation en gestion et un plan d’affaire sont mis en œuvre, en plus d’une pécule de 320.000 Fcfa qui a lui permis d’acheter des marchandises dans le domaine des services des cellulaires et autres produits des téléphones portables. A présent, c’est un chiffre d’affaires de plus de 400 mille frs qu’il brasse, en plus du soutien de sa famille. Son aire grave et ses explications sur l’émigration en disent long sur le calvaire des clandestins. Il a invité les différents candidats à l’émigration à chercher la voie légale.
Immigration : La première "journée sans immigrés" mobilise surtout à Paris et en Italie
La première "Journée sans immigrés", un nouveau mode d’action consistant à se "retirer" de la vie économique pour montrer l’apport de l’immigration, a mobilisé lundi des centaines de personnes à Paris et a suscité de multiples initiatives en Italie. Des personnes participent à un rassemblement sur le parvis de l’Hôtel de Ville à Paris, le 1 mars 2010, dans le cadre de la "Journée sans immigrés". De 12H00 à 14H00, le parvis de l’hôtel de ville à Paris, a été la scène de débats, d’histoires familiales partagées, de musique, d’échanges entre plusieurs centaines de personnes d’horizons différents se reconnaissant dans un refus de stigmatisation de l’immigration. Chefs d’entreprise et cadres d’origine étrangère, étudiants d’Europe de l’Est, militants du collectif "24H00 sans nous" ou collectifs de sans-papiers ont martelé leur "ras-le-bol de l’instrumentalisation politique de l’immigration". "Le message des citoyens qui sont ici est clair", résume Alexandre Mesin, jeune ingénieur venu en compagnie de sa femme Weiwei, née en France de parents chinois, "nous en avons marre d’entendre parler de l’immigration comme d’une menace et non comme une richesse". "La France ne serait rien sans ses immigrés", renchérit Rym Cherifa, 24 ans, styliste d’origine marocaine. "Ce rassemblement réveille le vivre-ensemble". Le collectif, lancé en juin dernier, a calqué l’idée de boycott économique (24H00 sans consommation et sans travailler) sur un vaste mouvement de protestation mené par les Latinos-Américains aux Etats-Unis en 2006 contre la politique d’immigration. Le "déclic" de la quinzaine de personnes à l’origine du mouvement a été provoqué par les propos lancés par Brice Hortefeux à un jeune militant d’origine maghrébine lors de dernière université d’été de l’UMP. La date du 1er mars a été choisie car elle marque le cinquième anniversaire de l’entrée en vigueur du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA), qui instaurait une immigration "choisie" sur des critères économiques.
PARIS — Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a annoncé mercredi vouloir engager une "réflexion" sur les "mariages gris", qualifiés "d'escroqueries sentimentales à but migratoire", un projet immédiatement dénoncé par les associations de droit des étrangers. Ces "mariages gris" désignent des mariages conclus entre un étranger et une personne de nationalité française de bonne foi, abusée dans ses sentiments par un(e) étranger(e) dont l'objectif est d'obtenir titre de séjour ou nationalité française. Réunissant dans son ministère des hommes et des femmes se disant victimes de tels mariages, Eric Besson a d'abord fait valoir devant la presse que le nombre de mariages mixtes représente environ 30% de la totalité des mariages (273.500 en 2008). Un chiffre contesté par le sociologue Eric Fassin qui lui, donne le taux de 26,5%. Plus de 100.000 naissances issues de couples mixtes ont été enregistrées en 2008, soit 13% des enfants nés en France, contre 6% il y a dix ans, a également indiqué le ministre. M. Besson a souligné que le mariage représente aujourd'hui la principale "source" d'immigration en France: avec 50.000 autorisations de long séjour délivrées chaque année à ce titre, il représente le double du nombre de titres de séjours délivrés à titre professionnel. Une réalité qui ne correspond pas à l'objectif fixé par le président Sarkozy de parvenir à 50% d'immigration par le travail (l'immigration "choisie"). Par ailleurs, sur 100.000 acquisitions de nationalité française en 2007, les accessions par mariage ont représenté à elles seules près de 30.000. Le ministre a encore précisé que 80% des cas d'annulation de mariage concernent des mariages mixtes. Si Eric Besson a pris soin d'affirmer que les mariages mixtes représentaient "un enrichissement pour notre société", il a néanmoins souligné que leur défense "doit aller de pair avec la lutte contre les mariages de complaisance". Il a chargé Claude Greff, députée UMP d'Indre-et-Loire, d'"engager une réflexion" sur le sujet, à laquelle sera associé le ministère de la Justice. "Nous étudierons l'opportunité de proposer de nouvelles mesures afin de lutter plus efficacement contre les mariages de complaisance", a-t-il ajouté. "On est en train de fabriquer une peur, un danger pour préparer le terrain à un durcissement de la législation", a rétorqué Nicolas Ferran, porte-parole du collectif des "Amoureux au ban public", qui défend les couples franco-étrangers.
Contribution: EMIGRATION ESTUDIANTINE OU HEMORRAGIE INTELLECTUELLE
La préinscription est devenue l'arme fatale de tout étudiant. En effet, elle est si importante qu'elle apparaît comme une seconde carte d'étudiant et figure parmi ses documents les plus confidentiels. Certains n'hésitent pas à consacrer leurs maigres bourses pour assurer certains frais relatifs à son obtention tandis que d'autres, se connectant toujours sur CAMPUS France, gardent les pieds plantés au Sénégal tandis que leur esprit les ont longtemps devancés en Europe et aux Etats-Unis. De quoi manque le Sénégal et ses universités et quelles sont les dispositions de l'Occident qui troublent le sommeil de ces étudiants, ambassadeurs intellectuels et espoirs de leur nation? Quelles sont les réelles motivations, autrement dit les raisons diffuses qui les incitent à partir ? Ces étudiants étrangers développent-ils le Sénégal ou développent-ils l'Occident par le ralliement de ses structures de croissance ? Pourquoi ceux qui ne travaillent pas ne rentrent pas ? Voilà la problématique essentielle qui constitue l'ossature de cet essai. L'université Sénégalaise en panne. Depuis le XVIII e siècle, si nous interrogeons bien l'histoire, des étudiants quittaient l'Afrique en général et le Sénégal en particulier pour continuer leurs études dans les métropoles respectives. Et, depuis quatre décennies environ, l'émigration estudiantine est devenue un phénomène social total, un phénomène à part entière et non pas entièrement à part.Le moteur des universités publiques ne fonctionne plus et l'enseignement supérieur est entrain de traverser une zone de turbulences. Ceci étant dû à un chapelet de facteurs parmi lesquels nous pouvons noter : - La violence revendicative qui déstabilise la tranquillité et la sérénité psychologique, gages d'une excellence véritable et durable. Il ne peut y avoir de production intellectuelle dans un climat de violence et les étudiants, pensant que seule cette violence peut les aider à satisfaire leurs revendications majoritairement alimentaires, déposent sur leur table de bilan annuel des morts et des blessés graves. - Les mouvements intempestifs de corps administratif et professoral portent atteinte à l'amélioration de l'éducation et de la formation. Même si leurs revendications sont légitimes, un déficit de connaissance, l'avenir brisé d'un nombre incalculable d'étudiants qui peinent à s'en sortir à cause de contrôles continus rapprochés et de rattrapages mal programmés, constituent des dérives qu'aucune faveur syndicale ou avantage pécuniaire ne saurait légitimer ou justifier.
Immigration régulière : La France crée une carte de résident à 10 millions d'euros
Pour résider légalement en France, il suffit d'y investir 10 millions d'euros, soit plus de six milliards de francs Cfa. Et le préfet lui délivrera ‘une carte gold’ pour ‘contribution économique exceptionnelle’. Le décret qui institue cette carte vient d'être publié dans le journal officiel français. C'est comme dire que la France inaugure une autre version de l'immigration choisie. (Correspondant permanent à Paris) - Celui qui veut avoir une carte de résident en France, il suffit seulement d'être riche. En effet, la France vient de créer une carte de résident à 10 millions d'euros, soit plus de six milliards de francs Cfa. Pour obtenir cette carte, il faut simplement investir à hauteur de cette somme dans l'Hexagone. Le décret a été publié, hier, dans le journal officiel français. Une façon d'attirer, après les intellectuels qui ne sont pas forcément riches, des investisseurs potentiels. De là à en conclure que c'est une autre déclinaison de l'immigration choisie du président Nicolas Sarkozy, signée entre autres avec le président Wade, sous la forme d'immigration concertée, ce n'est qu'un pas que le ministre de l'Immigration français, Eric Besson, a franchi. Pour lui, la carte de résident à 10 millions d'euros, appelée aussi ‘carte gold’, est ‘un instrument supplémentaire au sein de la boîte à outils de l'attractivité’. La ‘carte gold’ est créée pour les personnes qui auront apporté une ‘contribution économique exceptionnelle’. Donc elle est destinée à attirer les investisseurs étrangers en France. La ‘contribution économique exceptionnelle’, c'est un investissement de 10 millions d'euros ou la création ou la sauvegarde de 50 emplois dans l'Hexagone. ‘Est concerné, le ressortissant étranger qui, personnellement ou par l’intermédiaire d’une société qu’il dirige ou dont il détient au moins 30 % du capital, remplit l’une de ces deux conditions’, lit-on dans le décret. Et le candidat à cette carte devra faire sa demande auprès du préfet du département dans lequel il réalise son opération. Il doit aussi produire ‘les indications relatives à son état civil et, le cas échéant, à celui de son conjoint et de ses enfants à charge’, écrit-on dans le décret. Le demandeur doit aussi présenter ‘un justificatif de résidence en France. (Et) s'il est marié et ressortissant d'un Etat dont la loi autorise la polygamie, une déclaration sur l'honneur selon laquelle il ne vit pas en France en état de polygamie’. Ce n'est pas tout puisqu'il doit aussi verser dans son dossier de candidature ‘trois photographies de face, tête (…) et les pièces attestant de la régularité de son séjour en France’.