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Lassdiallo

 

Lassdiallo

Lassana Diallo a perdu l’usage de ses yeux il y a dix ans. Il effectue tous ses mouvements à l’aide d’un guide. Pourtant, il est mécanicien à Bakel. Frappé par le glaucome, il parvient néanmoins à démonter et monter les moteurs de véhicules et les réparer.

La cinquantaine bien sonnée, Lassana Diallo est un aveugle qui fait des travaux de mécanique. Ses yeux rouge, grandement ouverts, donnent l’impression d’une vision bien normale, mais l’apparence est bien trompeuse. Le personnage ne voit rien. Même ses mouvements, il les effectue en s’aidant d’un guide. Cela fait une décennie que le glaucome l’a frappé. Cette affection oculaire due souvent à une montée de la pression oculaire, et qui atteint le nerf optique des personnes âgées de plus de 45 ans, l’a atteint à la force de l’âge. Néanmoins, son rêve de devenir un grand réparateur de véhicules à moteur et offrir des emplois aux jeunes, ne l’a jamais quitté, même s’il a subi un sacré coup. Aujourd’hui, malgré cette maladie, il exerce « convenablement » son métier. Il est assisté par ses apprentis et des amis qui fréquentent son atelier.

 

(…)

Pour un profane, voir un aveugle démonter ou remonter des pièces d’un engin, cela relève d’un prodige. Mais, pour l’intéressé, cela n’a rien d’extraordinaire pour quelqu’un qui n’a pas perdu toutes ses facultés physiques et mentales. A la question de savoir comment il parvient à s’acquitter de ce travail, sans rien voir, il répond par un sourire, avant de faire savoir que « l’œil est un miroir, mais il y a quelque chose qui est plus utile que celui-ci, c’est l’esprit. Avant ma maladie, j’avait tout en tête ». il avoue que pour réparer un véhicule, il a juste besoin d’un indice. La personne qui est à ses côtés le lui fournit. L’essentiel est de lui dire ce qu’il a besoin de savoir sur l’emplacement du défaut.

Les premiers signes du glaucome se sont apparus chez Lassana Diallo en 1999. Il avait déjà assimilé les arcanes du métier.

« Au départ, je pouvais voir jusqu’à 3 mètres », se remémore-t-il. En 2004, les dernières lumières laissent définitivement la place aux ténèbres. Pourtant, il a dépensé ses maigres moyens pour se soigner au Centre de Bopp et à l’hôpital général de Grand Yoff, en vain. Les médecins ont pu détecter la maladie sans parvenir à le débarrasser de ce mal qui le rongeait.

Toujours, dans sa volonté de recouvrer  sa santé, il n’a pas hésité à se rendre auprès de guérisseurs traditionnels.  Même résultat. Dans des circonstances pareilles, souligne-t-il, certaines personnes préféreraient mettre fin à leurs jours. (…). Mais, Lassana Diallo, lui n’a jamais imaginé un tel scénario. Sa foi en Dieu lui a été d’un grand secours.

« Ce qui m’a aidé, c’est ma foi en Dieu, c’est ma croyance en Dieu, dit-il. Walahi, je n’ai jamais pleuré pour ce qui m’est arrivé. J’ai toujours espoir qu’un jour je vais recouvrer ma santé. »

Alors, il a pris son courage à deux mains et ouvert son atelier pour gagner au lieu d’aller quémander. Plusieurs années après cet épisode de sa vie, ce marié, père de quatre enfants, a du mal à oublier certaines choses de sa vie.

« Lorsque j’ai été atteint de la maladie, la majorité de mes amis d’enfance qui ne me quittaient presque jamais, m’ont fui. Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux passent leur temps à me dénigrer ».

Aujourd’hui, seul dans son atelier avec ses apprentis, Lassana Diallo espère et souhaite un appui des autorités, au premier chef, le président de la République, Macky Sall.

Mamadou Sakiné, Le Quotidien

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