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La Voix du département de Bakel

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Bakelinfo.com s'est entretenu avec un digne fils du département de Bakel en la personne de Monsieur Djibril Waly N'DIAYE, Ingénieur des travaux de planification. Un échange très fructueux sur son parcours, ses occupations professionnelles, sa vision du développement local, le département de Bakel et son engagement politique au sein de l'APR YAKKAR.

Bonjour Monsieur N’diaye, en quelques mots, qui se cache derrière les initiales D.W.N ?

Est-ce que je parviendrais à dire qui se cache derrière Djibril Waly NDiaye ? Néanmoins, essayons de voir : Monsieur NDiaye a fait ses premiers pas dans un coin de Bakel commune, appelé « Diabé Guidé » qui signifie littéralement en langue Soninké « Les pierres de Diabé ».

Aujourd’hui, il représente le quartier NDiayega 2 de la commune de Bakel. Natif de Bakel, Djibril Waly NDiaye a connu très tôt l’école coranique chez le Grand marabout Samba Dramé (longue vie et une santé de fer pour lui) qui, en étroite collaboration avec mes parents, m’ont inculqué des vertus cardinales comme la dignité, le sens de l’honneur, la discipline, le courage, l’abnégation dans le travail, l’amour du prochain pour ne citer que celles la. Monsieur NDiaye est un Ingénieur des travaux de planification, analyste de données... Il est marié, monogame et père de deux enfants.

2 - Pouvez-vous revenir sur les moments clés de votre parcours ?

Après l’élémentaire à l’école régionale (aujourd’hui, école élémentaire Ibrahima Malal Diaman Bathily) et le moyen au collège Waoundé NDiaye de Bakel, j’ai fréquenté le lycée Seydina Limamou Laye de Pikine puis l’Université Cheikh A. Diop de Dakar où j’obtins respectivement le Bac C et le DUES I en Math-Physiques. Ensuite, je réussis au concours d’entrée à l’Ecole Nationale d’Economie Appliquée (aujourd’hui ESEA : École Supérieure d’Economie Appliquée) où j’obtins le diplôme d’Ingénieur des travaux de planification. Durant cette formation, quatre étapes fondamentales m'ont beaucoup marqué. Malheureusement, le temps manquera pour les développer.

A la fin de formation à l’ENEA, j’ai travaillé dans le secteur privé avec plusieurs structures (Projets, Organisations, Institutions et autres) intervenant dans plusieurs domaines du développement auprès des populations à la base. Entre autres, j’ai eu à travailler comme Directeur Technique dans le cadre du Projet d’Appui à l’Elevage (PAPEL) auprès des éleveurs de la région de Diourbel où j’ai capitalisé beaucoup d’expérience (chargé de l’exécution de l’ensemble des tâches opérationnelles : plan d’action annuel, budget des activités, élaboration des projets, rapports de recherche de partenaires et d’activités, suivi des financements à la CNCAS et crédits de la mutuelle des éleveurs). J’ai eu aussi à participer à l’étude sur la capitalisation de l’expérience du Programme de Soutien aux Initiatives Locales (PISIDEL) dans les départements de Kolda, Sédhiou et Bignona, dont le PNDL est le prolongement par continuité de ce dernier.

L’étude sur le Développement Économique Local et le Secteur Privé : Enjeux, défis et perspectives au Sénégal pour le compte du Conseil National du Patronat (CNP) auprès de feu Papa Nalla FALL (je m’incline sur sa tombe et que Dieu l’accueille à FIRDAWSI), un PAPA, un ami qui m’a beaucoup marqué dans la vie professionnelle. J’ai eu à former sur les rôles et responsabilités des organes d’une Mutuelle d’Epargne et de Crédit, les outils comptables et l’élaboration d’un manuel de procédure d’une caisse auprès du Collectif des Femmes pour la Lutte contre l’Emigration Clandestine de Thiaroye, pour le compte de la Fondation Espagnole FCEAR. Egalement, j’ai été Responsable de planification pour les documents de planification (PLD, PIC) dans quatre collectivités locales de Dakar : YENE, Djiddah Thiaroye Kao, Dalifort et Yeumbeul Nord auprès de l’Agence Régionale de Développement (ARD).

Par ailleurs, je dispense des cours dans plusieurs Ecoles (ESEA ex ENEA, ISDL, etc) et aussi au Centre de Ressources de Dakar/Université de Bambey dans les disciplines telles que : Animation Economique, Planification, Evaluation Rapide des organisations, Gouvernance Territoriale et Management de la Santé Communautaire. Je suis depuis deux ans Membre ou Président de plusieurs jurys de soutenance de mémoires de fin d’études à l’ESEA.

Après quelques années de vie professionnelle, c’était le retour à l’UCAD pour valider un Master  sur les Méthodes Statistiques et Econométriques (M.S.E)  et comme sujet de mémoire : Analyse des déterminants de la Consommation privée au Sénégal. Voici en quelques phrases, l’économie de l’itinéraire de Monsieur Djibril Waly NDIAYE.

3- Vous baignez dans plusieurs domaines aujourd’hui, de l’économie dans ses composantes « planification économique et micro-finances » à la gestion de projets en passant par la consultance et à la formation entre autres, que faites-vous concrètement de nos jours ?

Monsieur KOITA, il faut comprendre et retenir q’un Planificateur qui fait ses études à l’ESEA, doit être transversal c'est-à-dire qu’il doit être utile dans plusieurs domaines de compétences de la vie professionnelle (Economie, Finances, Statistiques, etc.). Ceci est le fruit des différents stages pratiques sur le terrain (auprès du monde rural, dans certaines structures de l’Etat et du secteur privé) lors des quatre années de formation. Par ailleurs, n’oubliez pas que l’obtention du diplôme de M.S.E. m’a permis de naviguer librement comme Analyste de Données qui recoupe encore plusieurs domaines de compétences.

En somme, Monsieur NDiaye est un consultant dans les domaines d’intervention que vous venez d’énumérer et un professeur vacataire à l’ESEA depuis 4ans.

4- Vous avez beaucoup de métiers pour avoir travaillé pour plusieurs organismes et participé à plusieurs projets, en tant que Ingénieur planificateur et consultant en développement local, quelle est aujourd’hui, selon vous, la potion magique pour sortir une localité quelconque de la promiscuité pour ne pas dire simplement de la pauvreté ?

J'espère que vous blaguez quand vous me dites que j’ai beaucoup de métiers. Ce n’est pas de la dérision j'espère ( Rires ). Bref, pour revenir à la question : il n’existe pas de potion magique pour arriver à ce que vous dites. A mon avis, il ne faudrait pas prendre ou considérer de manière singulière ou particulière une localité pour penser développer le Sénégal. Mon frère, j’ose dire que seul le Retour Vers la Terre peut sortir le Sénégal du marasme qu’il traverse depuis des décennies. Comment ?

Je vais vous raconter une anecdote de Monsieur Djibril Waly NDiaye et souhaite absolument que les présidents Abdoulaye Wade et Macky Sall puissent lire ce passage.

Il y a quelques années, je faisais parti d’une équipe de six experts évoluant dans plusieurs domaines du Développement Local. Nous avions eu à faire une étude sur la vallée du fleuve Sénégal de Gandon (frontière entre Louga et Saint Louis) en passant par Diorbiwol dans le Fouta pour atterrir à Balou (département de Bakel).

Alors, il ressortait de cette étude un programme conçu suivant quatre (4) composantes pour l’exécution d’un ensemble d’activités planifiées dans le temps pour une durée de 5 ans.

Devinez ce qui est arrivé, nous avions eu à l’époque à contacter plusieurs acteurs (Ambassades, Coopérations, UE, Association de l’Union des Elus Locaux, Commission Economique et Social de l’assemblée Nationale, Ministères, etc) intervenant au Sénégal pour un Développement Durable. Tous ont validé et apprécié positivement les impacts du programme à travers le pays.

Le Président Abdoulaye Wade nous avait adressés une lettre de Félicitation et nous a mis en rapport avec la cellule des grands projets du Chef de l’Etat à la Présidence, qui a apprécié et validé le programme (c’était le jour de l’enterrement de l’épouse de Karim Wade d'ailleurs).

Plus loin, nous avions bénéficié avec l’aide de Régina Brown (une américaine qui travaillait à l’USAID au Sénégal à l’époque) de deux visas pour les USA pour aller négocier des partenariats avec certaines universités américaines et décrocher un financement de 4,5 milliards de FCFA pour certaines composantes du programme. Par le canal d’un député du groupe parlementaire PDS de l’époque, on nous a fait savoir que Wade a remis 25 millions pour le voyage sur les USA. Mais, nous n'avons jamais vu la couleur de cet argent.

Ce qui est regrettable dans tout ça est que nous ne sommes pas allés et jusque là, Wade n’a jamais demandé après nous. L’américaine est rentrée définitivement, le programme a été copié et mal exécuté par un Ministre dont je tais le nom. C’est dommage et regrettable de voir un travail si fastidieux  finir par un échec à cause de telles méthodes. Juste pour expliquer que les efforts sont anéantis à des niveaux insoupçonnés.

En somme, il faut une synergie des actions de l’ensemble des acteurs ( État, populations, ONG, bailleurs de fonds, etc) œuvrant pour faire sortir le Sénégal de ce marasme.

5- Vous êtes originaire du département de Bakel, localité à contrecourant du progrès économique et social depuis plusieurs années, quelles sont les différentes « maladies » qui empêchent cette localité orientale du Sénégal de prendre son envol ?

Le constat est là... On a même plus besoin d'exposer sur ces maux. Ils sont connus de tous depuis des années. Mais des solutions existent et comme le dit l'adage " Qui veut peut " ou tout simplement vouloir  c’est pouvoir. Il faut tout simplement essayer de mettre en synergie les actions et initiatives de tous les acteurs étatiques et non étatiques, engagés de près ou de loin dans le processus du développement local durable de Bakel. Donc, ce qui fait défaut pour la plupart des actions menées, c’est l’absence de coordination de ces actions entreprises par les différents intervenants.

Egalement, comment peut on vouloir développer une localité quelconque en manœuvrant dans le pilotage à vue. On ne soucie aucunement de l’élaboration d’un ou de documents de base comme le PIC (Plan d’Investissement Communal) par exemple, qui permet à la commune d’avoir une meilleure orientation et visibilité de sa politique de développement et d’associer les populations à la base par une approche participative, inclusive et interactive.

Essayez de mener des enquêtes pour savoir depuis quand Bakel commune n’a pas élaboré de document de planification je veux dire le PIC.

Alors, concrètement comment la « mairie de Aminata Diallo » parvenait à planifier les actions et s’en sortir ? Je n’ai rien contre cette sœur, mais il me semble aberrant de ne pas se munir d’un document de planification durant tout son mandat à la tête de la municipalité. C'est une grosse bourde pour une Mairie.

6- Il se dit que vous êtes comptable au même titre que toutes les autres ressources humaines de Bakel de cet état de torpeur de votre terroir, quel péché votre « crew », je veux dire la tête pensante (Cadres, politiques, hommes de métiers…) a-t-il commis ?

Oui, j’assume ma part de responsabilité mais nous sommes dans un Etat unitaire, donc il faut que nous comprenions que le développement de Bakel doit se faire à travers des programmes et stratégies locaux adossés à ceux définis et mis en œuvre par l’Etat du Sénégal.

Maintenant, charge aux politiciens et/ou l’ensemble des ressortissants de Bakel de se battre ensemble pour que les besoins exprimés du département et de sa population soient pris en compte dans le cadre des réformes envisagées par les nouvelles autorités du Pays. En ce qui me concerne, je m’inscris dans cette dynamique et c’est ce qui justifie mon engagement politique auprès de Son Excellence Macky SALL, Président de la République du Sénégal et notre Parti «  APR YAKKAR ».

7 - Vous venez de sérier quelques « maux » qui font patauger Bakel dans les eaux troubles du développement, croyez –vous en une issue de secours pour ce territoire ? Quel doit être, selon vous, le plan « Marshall » adapté susceptible d’extirper le département de Bakel des abysses de la pauvreté ?

Le plan " Marshall" se situe dans le projet de l’Administration, notamment la Territorialisation qui constitue un chantier par lequel le Président Macky Sall compte s’adosser pour corriger les disparités entre certaines villes comme Dakar et le reste du pays en terme d’infrastructures et de gestion du service public que l’Etat se doit de garantir à tous les citoyens où qu’il se trouve.

8- Bakel est également une forte zone d’émigration, comment peut-on convenir les ressources de l’émigration dans notre terroir en dehors des circuits classiques à savoir l’immobilier, le commerce ?

Je reviens (comme c’est dit dans la question 4) pour dire le véritable pôle de développement pour nous c’est le retour vers l’Agriculture dans son grand ensemble. Vous savez les sous secteurs de l’Agriculture permettent non seulement de créer des petites et moyennes entreprises mais également vont impacter sur le revenu des ménages donc la création de richesse. J'aurais bien aimé développer cette partie mais le temps fait défaut. Peut être à l’avenir on aura la chance de débattre sur tout ceci. Dans nos contrées, l'agriculture est la porte de sortie la plus probable.

9 -Vous êtes Trésorier de l’association « Convention des Cadres du département de Bakel », peut-on dire que la CCB est l’initiative de la « dernière chance » ?

Pourquoi ? Non Samba, je pense comme tout bon citoyen, nous essayons de contribuer à notre manière et d’apporter tant soit peu notre pierre à l’édifice pour un développement harmonieux et durable du terroir. Alors, il n’est pas dit que nous détenons la clé du succès à tous les problèmes de la localité mais si nous (politiques, population et autres responsables) essayons de serrer les coudes et se concerter dans l’ensemble des actions et prises de décisions, nous arriverons à juguler les maux de cette contrée. J’espère que l’on va y parvenir…

10- Certaines personnes voient cette association comme « le bal des CSP+ déconnectés », je veux dire des hommes et des femmes ayant tiré leurs épingles du jeu hors de nos contrées et aux antipodes des souffrances des populations, quel commentaire faites-vous face à de telles thèses ?

Vous savez même le Prophète Mohamed (PSL) a entendu n’importe quel qualificatif à fortiori des personnes ordinaires comme nous. Ce qui est important dans la vie de l’homme c’est : " quand on a des objectifs nobles pour son terroir, il ne faut jamais abandonner si le chemin emprunté vous semble meilleur."

Nous ne sommes pas les meilleurs mais nous avons osé au moins affronter et je pense et espère avec la nouvelle équipe dans son grand ensemble on ira loin avec la Convention inchallah.

11- Ma petite enquête me fait découvrir que vous êtes militant de la première heure de l’APR, pourquoi ce « plongeon » dans la sphère politique ?

Je vous ai dit, ci-haut, que c’est toujours pour combattre l’injustice et la mal gouvernance qui constituent les sources de pauvreté et de sous développement de notre pays gangrenant du coup, le développement économique et local des contrées éloignées de la Capitale, notamment notre cher Bakel.

12- Bakel peut-il continuer à croire à la politique si l’on sait que depuis des décennies ses fils ont occupé des postes stratégiques ( Présidence Assemblée Nationale, Ministères, Députés… ) sans réels impacts économique et social ?

Oui Bakel a tout intérêt à croire à ses jeunes politiques pétris de qualités, occupant des responsabilités ailleurs, et prêts à s’investir pour leur localité.

13- Quels combats doivent mener aujourd'hui les nouveaux députés de votre département au sein de l'A.S ?

Ils doivent être des députés du peuple sénégalais et les premiers défenseurs des intérêts des populations de Bakel. Je les félicite pour leur élection et je crois qu’ils seront solidaires et travailleront en équipe. L’espoir est permis et rassurez-vous l’honorable député-maire, Ibrahima SALL, m’a fait part de son engagement sans faille à satisfaire les attentes de la Population de Bakal.

14- Peut-on imaginer voir Monsieur D.W.N candidat aux fonctions de député ou Maire dans un proche avenir ?

En politique, il ne faut rien exclure et j’ai des ambitions politiques comme tout homme politique, il ne faut pas sans cacher, mais pour l’instant, mon objectif est d’accompagner nos élus à réussir leurs mandats au grand bonheur des bakelois et bakeloises. Après, on verra !

15- La commune de Bakel manque de « gueule » ( couleurs, beauté…) sur le plan de l’aménagement urbain et de la restauration de son patrimoine, que feriez-vous si vous étiez Maire de Bakel ?

Il ne faut pas attendre d’être maire pour participer à la résolution des maux dont souffre notre commune, mais il s’agit d’appuyer aujourd’hui et maintenant les actuels tenants du pouvoir local dans leurs projets et programmes de développement local. A cet égard, je remercie le Bon Dieu, l’honorable député-adjoint au maire, Ibrahima SALL, est et demeure une autorité attentive aux conseils, suggestions et recommandations de tous les cadres ressortissants de Bakel. Ainsi, je m’attèle régulièrement à lui parvenir mes propositions.

16- « Bakel aime mieux les étrangers que ses propres fils » partagez-vous ce sempiternel quolibet ?

Excusez-moi, c’est un faux débat. Pour moi, il n’y a pas sénégalais étrangers à Bakel. Ce sont des citoyens comme nous autres nés à Bakel et le plus important c’est d’arriver à impliquer tout le monde dans la voie du développement de notre commune.

17 -Vous êtes loin de votre contrée pour des raisons professionnelles, pouvez-vous partager avec nous quelques un à deux souvenirs inoubliables de votre Bakel ?

Attention, je suis toujours à Bakel quand l’occasion m’est offerte. Si je vous dis rien que pour l’année 2012, je me suis rendu six (6) fois à Bakel. J’ose affirmer que c’est le meilleur score de tout bakelois résident à Dakar et environnant (Rires).

Le souvenir inoubliable pour moi, c’est la traversée du fleuve Sénégal : Bakel- Gouraye au moins deux fois par jour avec les amis d’enfance où j’étais l’un des meilleurs nageurs.

18 - Votre dernier mot ?

Vouloir, c’est pouvoir et qui veut, peut ! Enfin , je vous remercie pour l’interview et vous encourage à redoubler d’efforts car vous êtes sur la bonne voie...

Interview réalisé par Samba Fodé KOITA dit EYO, www.bakelinfo.com

 

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