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Après Issiar Dia, Moussa Sow et Henri Saivet, un international espoir français d’origine sénégalaise, Younousse Sankharé de l’En Avant Guingamp (L1), pince pour les «Lions». Des techniciens dressent le portrait d’un joueur (24 ans) pétri de talent. Giresse a un avis sur lui.

En allant en France en février, piocher chez les jeunes pour donner de l’épaisseur à l’effectif des «Mourabitounes», Patrice Neveu pensait retourner en Mauritanie avec le moral des vainqueurs sortis triomphants du match de leur vie. Mais sa volonté d’enrôler le milieu de terrain de Guingamp s’est heurtée à un mur. Conséquence : Patrice Neveu jette l’éponge. Il déclarait au début du mois de mars sur le site mauritaniefootball.com ceci : «Il faut oublier Younousse Sankharé. Le joueur (milieu de terrain) déclare être Sénégalais et non Mauritanien.» Ses propos sont confirmés par le défenseur de Paris Fc, formé au prestigieux club de la capitale française, aujourd’hui repris par les Qataris.

Bafodé Diakhaby est joint au téléphone par L’Observateur : «Quand on était ensemble au Psg (2007-2011), on parlait tout le temps de l’équipe nationale du Sénégal. Ça a toujours été son objectif. Younousse a beaucoup de sélections en équipe nationale de France des jeunes (16 matches chez les Espoirs), mais a toujours pensé au Sénégal.» La passe est belle, l’amorti de Giresse tout aussi sublime. L’ancien pilier du carré magique des Bleus n’a rien perdu de sa maestria. Balle au pied, il avance avec tact. «J’ai pris connaissance de ça (de son intérêt pour le Sénégal). On le suit, comme tous les joueurs susceptibles de jouer en équipe nationale du Sénégal. Il est dans un secteur de jeu concurrentiel : au milieu. Il y a du nombre. On va suivre. Je le connais et avec Guingamp, j’ai une certaine proximité. Mon fils (Thibault) y joue. On va voir ce qu’il en est. Je n’ai pas encore eu de contact avec lui. J’attends de voir comment vont évoluer les choses. Après, on verra qu’est-ce qu’on peut envisager. C’est un milieu travailleur, un milieu de relance. Guèye (Idrissa), Salif Sané, Pape Kouli Diop, Alfred Ndiaye ont déjà réalisé des choses importantes. Lui, il faut voir comment il peut s’insérer dans le groupe. Par rapport à ses performances, on verra bien.»

«Son profil est intéressant»

Dans son couloir, Pape Fall faisait des merveilles. Son sens du jeu lui a valu le titre de meilleur arrière droit à la Can (1986, 1990). L’ancien joueur de la SEIB reconverti entraîneur, sait distinguer la bonne graine de l’ivraie. Son jugement est élogieux. «Younousse est quelqu’un qu’on a envie d’avoir dans une équipe, au milieu. C’est un joueur très intelligent dans le jeu. Pétri de qualités, clairvoyant sur la dernière passe et sur la percussion, il se montre toujours disponible pour le porteur du ballon.» Le Sénégal qui manque «de joueurs capables d’amener le ballon le plus rapidement vers l’avant, de joueurs qui mettent plus de percussion et de vitesse dans le jeu, du rythme», pourrait ainsi dégotter «un profil intéressant». Un produit fini. «Younousse a fait toutes ses classes avec les sélections de jeunes de la France. C’est un joueur déjà mûr. En plus de cela, il a été dans un très grand club : Psg (2007-2011). Il a voulu avoir plus de temps de jeu, c’est pourquoi il est parti à Dijon (2010-2013) où il a fait des années extraordinaires avant de rejoindre Guingamp.»

«Si on l’appelle, il viendra sans hésiter»

L’ancien international sénégalais, Ibrahima Diakhaby, est un spectateur privilégié des performances du joueur (27 matchs joués, 3 buts marqués) sur les terrains français. Il est lui aussi sous le charme. «C’est un battant, une des valeurs sûres de Guingamp. Younousse devient de plus en plus incontestable à son poste. A la base, il a une bonne formation, avec le Psg. En plus, il a une belle marge de progression (le joueur à 24 ans). Si l’équipe (EAG) arrive à se maintenir, il y a des chances qu’il prenne du galon.» Comme Pape Fall, l’ancien milieu de terrain de la Jeanne d’Arc de Dakar pense que Younousse pourrait être une bonne pioche pour le Sénégal. «Vu sa formation et son parcours, ce garçon peut être intéressant pour notre pays. Après, pour les places, il faudra se battre. Mais des jeunes comme lui ont besoin de l’équipe du Sénégal pour se faire une image internationale. C’était le cas avec la génération de 2000. Ils avaient besoin de cette notoriété et se sont battus comme des chiffonniers pour ensuite partir dans de très grands clubs (Diouf et Diao à Liverpool, Aliou Cissé Birmingham, Henri Camara Wolverhampton…) A l’inverse, des joueurs comme Demba Bâ ont fait leur chemin par eux-mêmes. A un moment où ils sont reconnus sur le plan international, c’est le Sénégal qui a beaucoup plus besoin d’eux. La différence se situe à ce niveau. Younousse aura besoin du Sénégal pour s’affirmer au plan international. Si on l’appelle, il viendra sans hésiter. D’abord parce que c’est le Sénégal, le prestige. Ensuite, c’est l’occasion pour lui de porter un maillot national.» Son coéquipier au Psg, Bafodé Diakhaby acquiesce : «Ça va lui faire du bien pour sa carrière, c’est très valorisant d’être sélectionné. Ce sera une récompense. Avec la sélection, il pourra aspirer à jouer à un plus haut niveau en club. L’équipe nationale a de bons joueurs au milieu de terrain, comme Diamé, mais je pense que le sélectionneur devrait donner à Younousse la chance de se montrer. Je ne m’inquiète pas pour lui.»

«Au Psg, il bousculait des joueurs comme Claude Makélélé»

Le défenseur de Paris Fc fonde ses convictions sur deux choses. «C’est un gagneur, un compétiteur. En plus d’être un guerrier, c’est un très bon technicien. Avec Mamadou Sakho et lui, j’ai vécu des années formidables au centre de formation, jusqu’à l’équipe professionnelle. Parmi ceux de ma génération, ils m’ont le plus impressionné. Sur le plan mental, Younousse est très costaud. Il n’a peur de rien. Même en pro, il bousculait des joueurs comme Claude Makélélé (2008-2011). Il s’est toujours imposé, quel que soient les circonstances. L’homme est quelqu’un de très gentil, qui a un gros caractère, toujours prêt à tirer le meilleur de ses partenaires. C’est pourquoi quand on jouait ensemble (à Paris) il était souvent capitaine. C’est un meneur d’hommes.» 

 

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