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La Voix du département de Bakel

Samba Ba 

Entretien avec Issa BA dit Mbathie, enseignant-chercheur en sociologie et adjoint au vice-recteur de l’Université Winfrey Oprah de Guinée (UWOG) autour de la question de l’identité des Soninké et de l’activité commerciale à Bakel. fg

 

Dans le cadre du « coin des étudiants », «l’atelier de sociologie » consacre son deuxième texte aux conditions de réalisation et de production de travaux sociologiques portant sur Bakel; c’est sur ce sujet que nous allons interroger Issa Ba plus connu sous le nom de Mbathia.

Lors de son mémoire de maîtrise en sociologie, Issa BA a travaillé sur la question de la mémoire collective et de l’identité des Soninké avant de s’intéresser  dans une étude comparative entre  les commerçants Bakelois et les Baol-Baol aux facteurs sociaux et individuels qui expliquent la réussite des activités commerciales des seconds par rapport aux premiers. 

 

Après l’obtention de son  master 2 en 2012 à l’Université Cheikh Anta Diop, Samba part enseigner la sociologie et l’anthropologie en Guinée, où il vient d’être désigné adjoint auprès du vice- recteur et assistant du directeur des études de l’Université Winfrey Oprah de Guinée ( UWOG)tout en y poursuivant ses activités de recherche et d’enseignement. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il revient sur le choix de ses sujets de mémoire de maîtrise et de master 2, les conditions de déroulement de ses  enquêtes de terrain et  les résultats de ses recherches. 

 

1/  Avant  rentrer dans le vif du sujet, j’aimerais que vous nous parliez  brièvement de votre parcours scolaire et des raisons qui vous ont amené à faire la socio à l’Ucad.  

 

Je suis allé à l’école Amadou Warankara Ndiaye un jour du mois d’Octobre 1991. C’est feu Harouna Konaté, instituteur puis directeur à l’Ecole Ibrahima Malal Diaman Bathily qui m’y a inscrit et s’est beaucoup occupé de moi durant ses premières années faisant plus que mes propres parents. Et pour cela je ne cesserai de prier Allah de lui accorder la meilleure des demeures au Paradis.

Mon entrée en sixième en 1998, le Brevet en 2002 et le Bac en 2005 Série L1 au Lycée Galandou Diouf de Dakar, les portes de l’Université Cheick Anta Diop m’étaient ouvertes. Mais quelle matière suivre pour le supérieur ? A priori la philosophie m’est venue à l’esprit. Entre temps, j’ai pris connaissance d’une discipline qui étudie l’homme, sa société, sa culture, avec des moyens et techniques plus ou moins positives. J’ai voulu en savoir plus même si j’avais déjà coché la philosophie. A la rentrée universitaire, accompagné de mon oncle feu Bakary BA alors professeur de Physique-Chimie à la Faculté des Sciences et Techniques (FST) de l’Ucad, j’ai pu obtenir le sésame  pour faire la sociologie même si j’étais déjà orienté dans la première liste des étudiants reçus au département de philo et de surcroît à perdre une bourse. Finalement me voici étudiant en Sociologie sous le matricule 2005027LB. Poursuivre une « science » qui me permettrait à la fois de connaitre, de comprendre, d’analyser  et d’expliquer les faits historiques, culturels, sociaux, psychologiques, bref tout ce qui relève de l’activité humaine, a été une motivation de taille pour  mon choix. 

2/Vos mémoires de maîtrise et de master 2 en sociologie portaient sur Bakel, qu’est-ce qui vous a intéressé dans vos sujets ? 

Né dans cette ville et ayant  connu que ce lieu seul jusqu’à mes 18 années, à l’image de toute ma génération, Bakel est comme un « paradis terrestre ». Tout n’est pas rose et tout n’est pas meilleur mais c’est notre ville, le seul endroit où les rues, les montagnes, les cours d’eau nous remplissent de souvenirs. Nous n’avons pas été cette génération d’intellectuels qui furent sevrés de l’amour des Bakelois parce qu’obligés d’aller poursuivre le collège ou le lycée à Tamba, Kaolack, Saint-Louis ou à Dakar. Nous n’avons pas été non plus ce groupe d’étudiants ou d’élèves qui une fois à Bakel créent un mythe autour de leur personne et statut, loin de la chaleur des autres frères et sœurs, loin de la spontanéité des relations de voisinage, de parenté et d’amitié. Nous partagions avec toute une population joies et peines et nous nous engagions au fur  et à mesure que nous comprenions certains maux qui touchent cette localité.

Une sorte de révolte s’est emparée de toute une génération d’élèves et étudiants qui voulaient non seulement marquer une rupture à travers des structures estudiantines (Udeeb, Aees, etc),  s’impliquer dans  la conscientisation des populations à la base, mais surtout s’approprier selon le domaine de chaque étudiant d’une problématique qui concerne un des aspects de notre Bakel. C’est ainsi que des études ont été faites sur Bakel en Histoire (Saliou Diallo, Bassirou Séméga…), en Sciences naturelles (Aliou Sy), en Droit (Dieydi Kanouté), en Géographie (Mansour Diop) y compris en Sociologie par moi-même. L’objectif était de produire un maximum d’informations sur la zone à tous les niveaux. 

C’est dans cette optique que s’inscrit mon travail  à savoir mon mémoire de maitrise qui s’intitule « Histoire et Mémoire collective des Soninké de Bakel ». J’ai tenté dans cette enquête de préciser que  l’identité soninké de ces milliers de bakelois, venus d’horizons divers est marquée par sa spécificité et sa particularité. Même si la zone, je veux nommer le Gadiaga, est en majeure partie peuplée de Sarakholé, il importe de savoir que ceux qui constituent la ville de Bakel sont par leur vécu, leur nom d’origine et leurs pratiques des Wolof, des Bambara, des Khasonké, des Maure, des Peul, etc. Mais ils ont réussi à construire, à consolider mais surtout à revendiquer  une culture soninké basée sur des principes, des coutumes, des normes de soninkara tout en étant singuliers voire différents des autres villages de cette communauté.

C’était pour moi l’occasion de montrer  que notre appartenance à cette ethnie est plus qu’objectiviste c’est-à-dire avancer un certain nombre de critères de déterminants, considérés comme « objectifs » comme l’origine commune (l’hérédité, la généalogie), la langue, la culture, la religion, la psychologie collective. L’identité des Soninké de Bakel est plutôt le produit d’une dynamique ainsi qu’une volonté de ces groupements distincts de créer une vie régie par les fondamentaux  de ce qui fait la « soninkétité »

Mon Master 2 m’a conduit à produire une étude qui tente de comprendre et d’expliquer  les causes de la disparition surtout dans la ville de Bakel, des grands commerçants soninké  ainsi que leurs boutiques et magasins au profit des Baol-Baol mourides. Je l’ai intitulé : « L’activité commerciale à Bakel : les Soninké et les Baol-Baol ».

 

Je suis parti d’une revue, d’une documentation où les chroniques arabes et un certain nombre de rapports coloniaux décrivent les Sarakholé comme étant d’excellents hommes d’affaires et d’habiles commerçants. Une tradition marchande est attestée et parfois servait même de caractéristique pour ce groupe par rapport à ses voisins immédiats. Mais le constat est que l’activité commerciale est si dominée par les nouveaux acteurs venus du Bassin-arachidier qui pourtant ont opté pour cette fonction à la suite des sécheresses  cycliques des années 1970. Les Baol-Baol au Sénégal notamment à Bakel devinrent les maitres des échanges commerciaux par leur nombre, le volume de leur chiffre d’affaire, leur réseau, les trouvant parfois même dans nos contrées les plus enclavées. J’ai alors eu pour interrogations :

-Quelles sont les causes explicatives de l’essor du commerce Baol-Baol à Bakel ?

-Pourquoi de l’autre côté nous assistons à une stagnation voire à une disparition de la « classe marchande » soninké ?

-Les Baol-Baol possèdent-ils un ethos particulier ?  Ou tout simplement, avons-nous affaire à des hommes d’affaires rusés qui bien qu’étant nouveaux par rapport aux Soninké ont su mieux s’adapter aux configurations géographiques et administratives d’un Sénégal postcolonial ? 

3/Comment avez-vous enquêté sur un terrain qui vous est familier ? Et quelles sont les données que vous avez mobilisées ? 

Il n’est pas facile de mener des enquêtes dans des terrains familiers de surcroit dans sa ville d’origine. Des questions jugées taboues, des rendez-vous manqués, des débordements extra-sujets, parfois des règlements de compte, en un mot pleins d’obstacles. Mais je savais ce que je faisais et j’avais l’intention d’aller jusqu’au bout.

Concernant le mémoire de maitrise (« Histoire et Mémoire collective des Soninké de Bakel »), j’ai bénéficié d’un stage au GRDR de Bakel dans un programme en partenariat avec Action Aid où nous devrions produire une monographie sur la ville. Donc le temps, les moyens et surtout l’encadrement étaient disponibles car c’est toute une équipe composée de travailleurs sociaux, de géographes, de juristes, d’historiens et de sociologues. J’ai aussi mené des enquêtes individuelles en privilégiant l’approche qualitative à partir d’entretiens libres, de focus groupes et d’observations.

Les données étaient de trois ordres :

Les données relatives à l’histoire des grandes familles de Bakel surtout celles des quatre premiers quartiers N’diayega, Modinkané, Yaguiné et Guidénkhama. Comment elles transmettent leur vécu, leur évolution  à travers ce que la mémoire sociale retient, intègre et censure ?

Les données relatives à l’identification à la culture soninké par l’organisation sociale, l’activité économique, la gestion politique et les pratiques culturelles ;

Les données relatives à la spécificité de ce soninkara version Bakel et son évolution.

Pour le second travail, j’ai eu moins de problèmes. Les Baol-Baol ont fait preuve de disponibilité de même que les commerçants soninké de Bakel. Que ça soit dans les marchés, les magasins et boutiques et  parfois même à domicile, j’ai pu avec une certaine tranquillité procéder à la collecte des informations.

4/Quels résultats avez-vous tiré de ces travaux ?

Je retiens surtout que l’histoire avant d’être institutionnelle, elle est d’abord réalité sociale, elle est mémoire. Nous ne faisons pas allusion à la mémoire qui est la fonction cérébrale par laquelle s’opèrent l’acquisition, la conversation et le retour d’une connaissance chez un individu, mais celle qui est patrimoine mental, cet ensemble de souvenirs qui nourrissent les représentations, assurent la cohésion des individus dans une société et peuvent inspirer leurs actions présentes. A Bakel, cette mémoire collective non seulement existe au-delà des différentes vagues de peuplement, au-delà de la diversité des horizons culturels et au-delà de la fondation récente de cette ville par rapport à d’autres milieux soninké, et elle est constituée de valeurs, de coutumes, et d’us de la culture soninké bien qu’elle soit spécifique et particulière au niveau de l’organisation politique, sociale et économique. 

Concernant l’étude sur le commerce à Bakel, il ressort que le dynamisme des Baol-Baol n’est nullement dû à un ethos ou  à une quelconque valeur intrinsèque. D’ailleurs tout le monde n’est pas ressortissant du Baol, cette région naturelle agricole et fief du mouridisme. Cette étiquette englobe à la fois des commerçants Saloum-Saloum, des Diambour-Diambour et des Gandjol-Gandjol, etc. 

Toutefois, ils ont en commun l’élément culturel wolof, l’appartenance à un Islam Soufi (Mouridisme et Tidianisme…) et l’existence d’un réseau de relations plus ou moins efficace. Le développement fulgurant de leurs affaires à Bakel s’explique par une capacité d’adaptation aux mutations que connurent le secteur du commerce depuis l’indépendance du Sénégal en 1960 mais également une organisation à travers un réseau habile qui intègre, oriente, assiste et innove dans ce secteur. Ceci illustre non seulement l’importance de  leur nombre mais aussi un ensemble de stratégies et de moyens permettant de conserver une certaine longueur d’avance.

De l’autre côté chez les commerçants soninké, on remarque depuis la fin de la colonisation, l’édification des frontières entre les Etats et les régions ainsi que  l’émergence d’un cadre juridico-administratif (contrôle économique et social, police, douane, registre de commerce, lois commerciaux …), une perte de vitesse dans ce domaine.

Un autre facteur et non moindre c’est l’existence qu’une croyance fataliste selon laquelle quelle que soit la réussite d’un commerçant soninké, il finira toujours par chuter. On soutient que Bakel ne sourit qu’aux étrangers d’où le recours à l’émigration. Une chose est sûre, c’est que les nouveaux maitres dans le commerce, allant de l’alimentation générale, à l’électroménager, aux matériels de constructions que ça soit dans les marchés  ou les magasins et boutiques de quartiers, les Baol-Baol dominent.

Bien que leur présence peut paraître bénéfique à la fois pour les autorités locales (taxes, impôts, etc.) et pour la population (une disponibilité plus ou moins permanente des produits et marchandises sur place), on assiste à la dure réalité du marché avec ses fluctuations (offres et demandes), ses acteurs (les Baol-Baol) animés par leurs intérêts et l’Etat (pouvoirs déconcentrés et décentralisés)  fonctionnant avec des lacunes dans cette zone.  

Cette solidarité qui liait commerçants soninke et populations était le symbole d’un mode de vie qui atténuait les difficultés quotidiennes des familles démunies au point qu’on ne remarquait pas de pauvres à Bakel. Leur « disparition » a mis fin à cette sorte de solidarité qui jouait le rôle d’amortisseur face à la pauvreté. Et le monopole Baol-Baol du commerce en se basant sur une logique purement capitaliste ronge lentement mais surement cet équilibre social qui fut jadis notre socle.

5/Vous circulez depuis presque 2 ans dans votre triangle entre Conakry-Dakar-Bakel, comment  vivez-vous cette situation ? Quel regard portez-vous sur Bakel, les mutations qui l’affectent en partant de votre vécu et de vos expériences tirées dans les deux villes (Dakar et Conakry) ? 

Je suis à Conakry depuis le 05 mars 2014 comme enseignant-chercheur qui dispense des cours de sociologie de la Licence 1  à la Licence 3. J’ai eu la chance de rencontrer un grand monsieur Amadou Bano Barry qui fut Vice-Recteur de l’Université  Générale Lansana Conté de Conakry. Il me fit la proposition de venir dans son établissement privé où il est le directeur des études. La Guinée a adopté le système LMD (Licence Master et Doctorat) bien avant le Sénégal et pour combler à ce fort taux de nouveaux bacheliers le gouvernement assure à travers le privé la formation des étudiants jusqu’à la fin de leur Licence.

J’étais venu juste pour trois mois et pour deux matières précises. C’est après qu’on m’a proposé de rester en me nommant adjoint du Vice-Recteur,  l’équivalant de l’assistant du directeur des études. En plus de cela je suis devenu un professeur vacataire qui intervient dans deux ou trois universités privées de la Guinée.

Je ne me voyais pas dans ce pays mais j’avoue que je commence à bien m’y intégrer grâce à des collègues de travail mais surtout grâce à la famille Diakhité Kaba  de mon ami d’enfance Yamadou Diakhité que tout Bakel nomme « Cantona ». Sa famille et lui ont mis tout à ma disposition au point que j’oublie parfois que suis à l’étranger. C’est pourquoi j’arrive  à faire sans souci ce que j’ai toujours aimé l’enseignement. J’ai compris aussi que le système éducatif sénégalais malgré ses lacunes est un peu mieux structuré, mieux suivi que celui de la Guinée. Donc nous avons un bon enseignement tâchons juste de l’améliorer.

Je n’ai pratiquement pas de nouvelles de Dakar depuis que j’ai quitté mais je me rends souvent à Bakel et je constate des transformations à la fois politiques, socioculturelles et économiques.

Sur le  plan politique, je regrette vraiment l’absence de leaders qui ont des convictions et qui savent se battre pour les réaliser. Loin de moi l’idée de saper le travail colossal de ceux qui sont sur le terrain, mais je ne constate pas d’engouement, je ne vois pas de projets de société, de jeunesse, mais juste des combines électoralistes pour conquérir un pouvoir local, une Mairie en décadence où un poste de député qui n’est bon à applaudir. Nous sommes devenus des nains politiques à l’échelle nationale et sur ce domaine je suis déçu surtout  quand je vois des acteurs politiques,  la société civile et les jeunes un peu partout dans  ce Sénégal formuler avec clarté, avec détermination leur vision de l’avenir et l’imposer à l’Etat et aux partenaires de développement.

 

Les mutations socio-économiques ne sont guère reluisantes,  une paupérisation des couches accompagnée de la dépravation des mœurs. La population s’accroit mais les mesures nécessaires, services sociaux de bases (Hôpitaux, Ecoles, Centre de Formation Technique, accès à l’eau, électricité, Sécurité) sont pratiquement absents, même si certains existent, ils sont loin de satisfaire les besoins d’une ville en pleine expansion. Je me réjouis de l’ouverture de la Série SI à Bakel mais c’est l’éducation, jadis la priorité à la fois des parents et des jeunes qui est passée au second plan au profit de la sape, de l‘insouciance et de l’ignorance.

Le tableau des mutations à Bakel est noir et j’ose espérer avec tous les natifs de cette ville, qu’il n’est jamais trop tard. Nous pouvons mettre fin à ce cycle maléfique en prenant conscience de nos atouts et de nos difficultés  mais surtout en se mettant  au travail. Chacun dans le domaine où il peut mieux aider, où il peut mieux apporter son savoir, son avoir et son amour pour cette ville.

Entretien réalisé par Ibrahima Diallo (Bouba) 

 

Commentaires   

0 #1 Saliou Diallo 13-02-2016 13:20
Un bel entretien, riche dans le fond comme dans le forme. Merci à tous les deux (Mbatia et Bouba). Félicitations et surtout bon courage à Mbatia pour ta nouvelle mission de Vice-recteur.

Saliou Diallo
Depuis Poitiers
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0 #2 Mamadou Gass junior 14-02-2016 13:45
Merci à vous de cet entretien, ça nous permet, nous les plus jeunes de raffermir nos convictions, de croire toujours au développement de cette ville que nous chérissons tous.
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0 #3 M. KEITA 14-02-2016 18:54
Du courage; mon frère! QUE DIEU T'ASSISTE!
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0 #4 thiaka 15-02-2016 15:45
Fierté. Du courage copin k'allah vous assistes amine
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