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 8 Mars 1977 : date importante à laquelle l’ONU officialisa la célébration des droits de la femme.  Ce mouvement annuel prit ses origines aux travers de multiples manifestations au début du 20ème siècle, principalement en Europe et aux États-Unis pour réclamer des meilleures conditions de travail et le droit de vote pour les femmes. C’est l'occasion de marquer l’arrêt et de faire le point sur la situation des femmes et plus particulièrement, des femmes soninkés. C’est réjouissant de voir un État Africain tel le Sénégal, siéger diverses organisations féminines de développement local et des associations de promotion des droits de la femme comme le COSEF (Conseil Sénégalais des femmes) ou encore le SEDAF (Centre Départemental d’Assistance et de Formation pour la Femme). A cet effet, plusieurs manifestations aussi bien officielles qu'officieuses sont célébrées en l’honneur de ce jour. Pour autant, il reste encore du chemin à faire. Si ces revendications marquent leur impact sur la société avec le temps, il demeure des inégalités selon les différences ethniques et culturelles.

Dans ce domaine, les femmes Soninkés ne sont pas à envier. Contrairement à certaines communautés ethniques, elles sont souvent écarter des prises de décision au sein de la cellule familiale alors qu’elles participent pleinement à sa gestion aussi bien pour la partie éducative qu’économique. Pour les débats communautaires concernant le village ou la grande famille (Xabila), rare sont les fois où elles y assistent pour ne pas dire jamais.  

Et même si elles sont consultées, elles ont peu de marge de manœuvre. Quant à la scolarité, l’accès et le maintien des filles dans les écoles sont un réel problème dans nos villages. Les travaux domestiques priment, privant ces jeunes filles d’une fréquentation régulière des écoles. Pour celles qui ont la chance de finir le premier cycle élémentaire, vient les problèmes de mobilité. Tous les villages disposent de classes primaires, mais les collèges des environs sont à Bakel ou à Tamba. Si le déplacement est naturel chez les jeunes garçons, pour les filles se posent souvent des difficultés sur la structure d’accueil, des moyens financiers ou des raisons purement personnelles à  chaque famille. Il y a toutefois des points positifs à encourager tels que la politique contre l’excision qui, bien qu’elle ne soit pas complètement éradiquée, reste très reculée dans le département grâce aux campagnes de sensibilisations menées par les hôpitaux, les associations de défense contre l’excision, et la prise de conscience de beaucoup de chefs religieux qui ont une influence de taille sur la communauté. Le challenge qui, selon moi, reste à relever est avant tout celui de l’éducation : il faut que cette notion se cultive à travers les générations et qu’elle ne soit pas freinée par les  arguments malheureusement récurrents  sociaux ou religieux. Il est temps de voir l’éducation comme un enrichissement culturel et non comme une science qui  mènerait à la perte les valeurs traditionnelles si chères à nos yeux. Après tout, si la femme est le pilier de la cellule familiale, ne devrait-elle pas être pourvue d’un minimum de savoir afin de pouvoir optimiser au mieux son rôle d’éducatrice et de bonne gouvernante.

Astou Timéra pour www.bakelinfo.com

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