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La Voix du département de Bakel

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sakine

 

L’éloignement de ma zone de la capitale sénégalaise ne fait pas d’elle une contrée malienne ou même mauritanienne. Oui, Bakel et ses alentours figurent bel et bien sur la carte du Sénégal. Nous payons des impôts comme tous les bons Sénégalais. A chaque élection, mes concitoyens et moi participons au vote. Mais mon Dieu ! N’avons-nous pas accompli nos devoirs vis-à-vis de notre cher Etat ? Bien sûr que oui. Et pourtant, nous sommes les grands oubliés de la République depuis les différents régimes, de Senghor à Macky Sall en passant par celui de Abdou Diouf et de Abdoulaye Wade. Dans le pays, des frustrés comme nous, il n’en manque pas dans d’autres zones. Mais la seule différence, c’est que les populations des autres coins les plus reculés ne gardent pas leur colère, contrairement à nous. A regarder les chaînes de télévision sénégalaises, des marches de protestation sont organisées tout le temps. Souvent, ces hommes et femmes se plaignent des problèmes semblables aux nôtres à savoir eau, électricité, réseau téléphonique ou encore route.

 

 

Qui a une fois vu à la télévision, des habitants de Bakel ville ou des villages environnants déverser leur colère dans les rues ? Jamais ! Jamais ! Jamais ! Pourtant, les ingrédients ne manquent pas. Cher Président Macky Sall, au lendemain de la création de votre parti, l’Alliance pour la République (Apr) en 2008, vous avez sillonné les coins et recoins du territoire pour demander leur soutien aux populations. Donc, vous connaissez les réalités du pays mieux que quiconque. S’il vous plait, ne faites pas comme vos prédécesseurs qui n’ont jamais mis les pieds chez nous, sauf en période de campagne électorale. Permettez-moi de m’arrêter là un peu.

 

De la gouvernance de Senghor à Abdoulaye Wade, Bakel n’a pas manqué de cadres qui étaient au cœur de la gestion de l’Etat. Cheikh Abdou Khadre Cissoko, a été président de l’Assemblée nationale. Il en a géré la caisse noire durant des années, mais chers lecteurs de ces lignes faites un tour dans la ville, il ressemble plus à un gros village qu’à une ville. Les villages n’en parlons pas. Abdoulaye Bathily qui a eu à occuper des postes ministériels est logé dans la même enseigne. Ils n’ont rien fait pour leur terroir. Non ! Pardonnez-moi, j’ai oublié. Ils distribuaient des nattes de prière dans les mosquées, des bouilloires, une ou deux tonnes de ciment au groupement de femmes. Des jeux de maillots et ballons pour les associations de jeunes. C’est ça, la voie qui mène au développement ? Mais non. Cher Président Macky Sall, et autres cadres de la zone qui sont aujourd’hui autour du chef de l’Etat, l’histoire vous attend au virage. Voilà la triste réalité que notre génération a retenue du passé. Alors ne suivez pas les pas de ces gens qui n’ont rien foutu, excusez-moi l’expression, pour le département. Pour le cas de la commune de Ballou, Monsieur le Président, si vous parveniez à construire la route Bakel-Ballou, toute la population vous sera reconnaissante à vie, même les générations à venir. Surtout le marigot qui sépare le village de Yaféra à celui d’Aroundou. En période d’hivernage, la zone est coupée du reste du pays. Un petit pont rek suffirait. Pour le cas spécifique de mon cher village, Aroundou, à travers ces lignes, je délivre le message de tout le village à Madame le ministre de la santé, Eva Marie Coll Seck. Vous auriez bien voulu assister au mois de mai dernier, à l’inauguration du poste de santé du village, construit à 100 millions de francs Cfa sur fonds propres par les villageois mais Dieu en a décidé autrement. Vous avez certainement reçu leurs doléances par l’intermédiaire de vos représentants. A l’image des autres villages du pays, Aroudou aussi sollicite auprès de vous une ambulance pour mettre fin à un calvaire qui dure depuis des années.

 

Nos malades sont transportés à bord des véhicules de transport en commun vers le district de Bakel, situé à 40 kilomètres. Les femmes enceintes ne sont pas épargnées. Chez nous, Maliens et Mauritaniens se soignent au quotidien comme chez eux. Pour finir, Monsieur le Président, la Sonatel ne mérite pas l’attribution de la 4G. Lors de la cérémonie officielle, Momar Ndao,  le président de l’Ascosen disait ceci : «Ce qui a été décidé aujourd’hui est centré sur le consommateur. La 4G, c’est l’émergence. Elle n’est pas un luxe mais une nécessité, car on ne peut aller à l’émergence sans les technologies de l’information et de la communication». Mais chez nous, il n’y a même pas d’antenne pour le réseau téléphonique. Hàààhhhhàààà Emergence !!!!!!!!

Mamadou SAKINE, LEQUOTIDIEN.SN

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