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Partge Charges HF
Si faire moitié-moitié semble être une bonne formule masculine pour le partage des charges du couple, les femmes quant à elles la récuse tout bonnement. Pour ces dernières, la prise en charge financière de la famille incombe à l’homme. De manière générale, elles mettent un véto avec fracas « Fifty-fifty : niet ! ».  Ce formalisme du 50/50 sans aucune subtilité les choque au point qu’elles pensent que les hommes veuillent le beurre, l’argent du beurre et la crémière. D’ailleurs, elles ne manquent pas de dire : « Va-t-on aussi partager les tâches ménagères, les grossesses… dans ce cas ! » ? C’est dire qu’elles n’adhèrent pas tout à cette propension des hommes à vouloir la mutualisation des forces.
Evoquer un tel sujet impose un clin d’œil au passé. En effet, dans l’immigration, les hommes soninkés ont toujours porté à bras le corps les familles en toute circonstance. D’ailleurs, ne sont-ils pas les premiers à juger les jeunes hommes adeptes de cette pratique du « 50/50 » en les traitant de « fainéants ». Pour cette génération d’hier, l’homme ne doit rien attendre de la femme en ce qui concerne la prise en charge de la famille. Il demeure le seul débiteur du foyer : loyer, alimentation, équipements, entretien des enfants… Les femmes, eu égard à cette jurisprudence du « papa 100% », appellent les hommes à plus de responsabilités sans manquer de leur rappeler la phrase suivante : « C’est à l’homme de prendre en charge sa famille. La femme n’est point obligée de l’aider, qu’elle travaille ou qu’elle soit bénéficiaire d’aides sociales ». Mieux, les femmes s’appesantissent sur la religion pour valider sans aucune concession cette vision du non-partage des charges familiales. Donc, le mot « obligé » n’a et n’aura aucune place dans le débat. Les jeunes hommes ont beau mettre en exergue les nombreuses aides étatiques du « papa 100% » de l’époque pour justifier le changement de paradigmes, les femmes campent sur leurs positions bien qu’elles fassent envoler APL, allocs et autres aides du couple en prenant un emploi.
Contrairement à leurs mères qui se contentaient de petits boulots de femmes de ménage ou de « baby-sitter » à temps partiel, la génération actuelle occupe de plus en plus des emplois, à temps plein, rémunérés à leur juste valeur. En outre, elles gagneraient plus que leurs maris qui se contenteraient en général du « SMIC ». Sans qualification et souvent sans diplôme, les hommes occupent des emplois qui couvrent très rarement les charges mensuelles de leurs familles. Les salaires sont rarement à la hauteur des besoins familiaux. De plus, les hommes doivent également ponctionner sur ces salaires des sommes pour aider leur maison paternelle « le Kâ » au pays. A cela, il faut ajouter les nombreuses cotisations dans les caisses villageoises qui sont encore plus contraignantes que le trésor public. Tout homme qui néglige ces cotisations familiales ou villageoises s’expose à des sanctions qui peuvent aller à l’exclusion des cercles familial et villageois. Autant de contraintes qui nécessitent un arbitrage de la part des hommes. Malheureusement, au lieu de jouer la carte de la transparence et du dialogue, certains hommes prennent des décisions radicales en imposant un partage pur et simple des charges. C’est le « Fifty-fifty ». Un phénomène qui a pris de l’ampleur au point de fragiliser les mariages. Des divorces en perspective !
Après deux tours d’horloge ponctués de temps forts masculins et féminins, tout le monde d’accorde à dire que les charges familiales se conjuguent au masculin comme les tâches ménagères sont au féminin. L’homme ne doit point imposer un 50/50 sec et dur à sa femme quels que soient ses revenus au risque de voir son autorité bafouée et sa virilité chahutée. Dans toute chose, il faut de la transparence et de la pédagogie. C’est grâce à la communication que l’on arrivera à l’équilibre des positions. Il ne s’agit pas de faire pression sur la femme, de lui imposer une conduite mais simplement de l’inviter subtilement à mettre la main à la pâte pour vivre dans des conditions acceptables. En effet, le prix exorbitant des logements, ajouté à la cherté de la vie doit inciter les femmes à aider leurs maris pour aspirer à un niveau de vie décent. A défaut, les hommes pour faire des économies ont deux choix, chacun avec des conséquences irréversibles. Sans aide de la femme, l’homme a tendance à chercher un logement peu cher. Dans cet exercice, il ne prend guère en compte le cadre de vie du quartier, de la ville, la qualité des écoles, la ghettoïsation du coin. Ce qui l’intéresse c’est de trouver un logement de moindre coût pour faire des économies qu’importe l’environnement social et éducatif. Difficile de faire baigner les enfants dans un environnement propice à l’épanouissement et à la réalisation de soi. Ne pas aider son mari aux revenus modestes, c’est l’obliger à chercher un deuxième boulot. Il serait moins présent à la maison et peu disponible pour la femme et les enfants. Donc, il sera moins investi dans le couple et dans l’éducation des enfants. 
 « Quand l’homme joue pleinement son rôle dans le couple, la femme se fout royalement de ce qu’elle investit financièrement. Elle va même au-delà du 50/50 », disent-elles. Argument recevable parce que certaines femmes soninkés équipent leurs maisons, vêtent leurs enfants et paient des voyages à toute la famille sans rien demander à l’homme. Cette race de femmes existe bel et bien. Malheureusement, « chat échaudé craint l’eau froide » ! Le fantôme de la deuxième femme hante. C’est devenu une épée de Damoclès pour elles !   Faire du « 50/50 » avec un homme, c’est ouvrir royalement les portes pour lui donner les moyens de prendre une deuxième. « Une trahison en l’air », disent-elles ! Du coup, elles sont nombreuses à coffrer leur argent pour se faire plaisir : Voiture, habillement, équipements de maison, voyages ». Amertume chez les hommes !  Un conflit latent qui favoriserait une inimitié envers la femme surtout si elle investit également son argent en Afrique (immobilier, envoi de ses parents au pèlerinage, financement de sa famille…). L’homme, voyant la réussite de la femme, se sent alors berné au point de lui chercher des poux par tous les moyens. Une telle situation se termine souvent par un divorce. Les Soninkés disent : « Une seule main ne peut se laver. Il faut toujours les deux ». Une façon de dire que l’homme comme la femme doit s’aider mutuellement pour le bien-être familial.  Les femmes sont d’accord avec cette assertion mais elles n’ont plus confiance à la gente masculine, supposé « éternel insatisfait ». « L’homme soninké, qui es-tu ? ».
Samba KOÏTA dit Eyo

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