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Le parrainage à l’élection présidentielle du 24 février 2019 a suscité des débats passionnants et passionnés lors des travaux du « Cadre de Concertation sur le Processus Électoral » (CCPE), qui se sont tenus du 12 décembre 2017 au 02 février 2018. Des divergences nettes et profondes ont opposé les différents acteurs électoraux sur cette question, qui continue encore d’agiter le landerneau politique.   Pourtant, une lecture attentive du déroulement des élections législatives du 30 juillet 2017 permet de se rendre à l’évidence, qu’au regard de la trajectoire électorale de notre pays la question du parrainage à la présidentielle du 24 février 2019, est devenue aujourd’hui incontournable.

Comme tout le monde l’a constaté, la source de toutes les difficultés nées des législatives du 30 juillet 2017, se trouve dans le nombre très élevé des listes en compétition.
Il est évident que si des mesures appropriées ne sont pas prises, non dans le but d’éliminer des candidatures, comme le prétendent certains hommes politiques, mais pour les rationaliser, c’est l’organisation elle-même des scrutins qui va être extrêmement difficile, sinon impossible. Les leçons récentes des législatives du 30 juillet 2017, sont encore fraîches dans nos mémoires. Le peuple sénégalais tout entier, au sortir des élections législatives du 30 juillet 2017, a été traumatisé par un scrutin marqué par la présence inédite dans notre histoire électorale vieille de plus d’un siècle et demi, de 47 listes en compétition. L’atelier de simulation organisé le 19 juin 2017 à Dakar, par l’ONG 3D, et auquel étaient conviés l’ensemble des acteurs du jeu électoral, avait fait ressortir de façon incontestable, que rien que pour le temps de vote, avec 47 bulletins, à raison de 4 minutes seulement par électeur, au strict minimum, dans un bureau de vote de 300 électeurs, il faudrait 2O H pour que tout le monde puisse voter. Dans notre dispositif électoral actuel, cela équivaut à 02 jours de vote. Notre pays se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins.  Après ce qui s’est passé au scrutin législatif du 30 juillet 2017, on ne peut et on ne doit plus fermer les yeux comme si de rien n’était, puisque c’est l’avenir même et la crédibilité de la démocratie sénégalaise qui sont en cause.
En prenant la décision irresponsable de tourner radicalement le dos à la table de concertation, en se lançant dans le chemin solitaire et aventuriste de la désinformation et de l’intoxication, en cherchant à troubler l’ordre public et en défiant les lois et les institutions de la République, en appelant les populations à des marches ou sit-in, cette opposition doit s’en vouloir à elle-même puisqu’elle porte l’entière responsabilité des conséquences qui découlent de son refus de dialoguer avec les autres acteurs du jeu politique, en posant des conditionnalités inacceptables telles que la libération immédiate du maire de Dakar ou le retour de monsieur  Karim Wade ou la démission du Ministre de l’intérieur. Heureusement qu’une partie de l’opposition plus responsable était au rendez-vous.  Tout le monde sait que le temps qui nous sépare des prochaines échéances électorales de 2019 est très court et les différentes phases de la chaîne des opérations électorales, sont tellement nombreuses et complexes que tout retard dans le management du processus aura des répercussions fâcheuses sur toute la chaîne. C’est parce que les acteurs politiques qui ont pris part au CCPE ont parfaitement pris conscience du fait que l’horloge électoral n’est pas celle du temps des politiques, qu’ils ont accepté de se mettre autour de la table de concertation, pour au moins échanger et discuter.
Aujourd’hui notre pays compte près de 300 partis politiques légalement constitués (Le Soleil n° 14358 du vendredi 6 avril 2018). Si l’on sait que les 4/5ème des partis  n’ont jamais participer à des scrutins sous leur propre bannière ; si l’on sait que lors des législatives du 30 juillet 2017, sur les 47 listes en compétition, seuls 05 ont obtenu le quotient national (55 000 voix environ) ; si l’on sait que parmi les 47 listes , il y avait des candidats indépendants, mais qui ne se sont pas présentés sous cette bannière pour contourner les signatures d’électeurs inscrits, conformément aux dispositions de l’ Art. L. 145 du Code électoral, préférant s’abriter derrière les récépissés de « petits partis » légalement constitués  ; si l’on sait qu’à l’heure actuelle, à 10 mois des élections , plus  de 15 candidatures sont déjà déclarées pour la présidentielle 2019 , et si l’on sait enfin que l’élection présidentielle en raison de ses enjeux offre  un espace privilégié de marketing politique pour des candidats fantaisistes, sans envergure politique ni surface sociale, nous devons être absolument vigilants pour faire  en sorte que la présidence de la République,  qui constitue la clé de voûte des institutions , ne puisse être ouverte aux candidatures farfelues ou de simples témoignages qui ne cherchent qu’à enrichir leur CV ou à des candidats qui n’attendent du scrutin qu’un retour sur investissement.  Comme le fait observer le Pr. Ismaila Madior Fall, Garde des sceaux, ministre de la Justice : « La compétition présidentielle est trop sérieuse pour être ouverte sans limite. Avec le parrainage citoyen, il appartiendra désormais aux citoyens de décider de qui est apte à briguer leurs suffrages. Le critère décisif est ainsi l’habilitation citoyenne à candidater à la présidentielle » (Le Soleil du mercredi 28 mars 2018).
Bien plus, nous devons également tenir compte du coût de chaque candidat à l’élection présidentielle. Avant la première alternance politique intervenue en l’an 2000, le coût d’un candidat à la présidentielle, était évalué par les services du ministère de l’Intérieur, entre 200 et 250 millions. Aujourd’hui, sur près de 20 ans, le montant a certainement doublé avec le renchérissement du coût de la vie (documents électoraux, bulletins de vote, couleurs, couverture médiatique, couverture sécuritaire, etc.).
 Les temps d’antenne des trois (3) semaines de la campagne électorale des législatives du 30 juillet 2017 doivent servir de leçons utiles. Le nombre très élevé de listes a déteint sur la qualité de la couverture des temps d’antenne à raison de 02 minutes par liste. Du fait que les disponibilités en moyens matériels et humains ne permettaient pas la mise à disposition permanente d’une équipe pour chaque liste pendant les 21 jours de la campagne, la RTS avait toutes les difficultés du monde dans la gestion de la couverture médiatique qui allait jusqu’à des heures tardives dans la soirée.
C’est dire que le scrutin présidentiel de 2019, assurément, présente des enjeux essentiels qui vont déterminer de façon décisive, le cours politique de notre pays pendant le quinquennat à venir.
Les adversaires du parrainage brandissent un argument juridique, à savoir que le parrainage n’est pas prévu par la Charte fondamentale de notre pays. C’est vrai qu’il n’est pas prévu par la Constitution, et qu’il ne pouvait l’être. C’est un problème nouveau généré par la marche concrète de notre système politique. Il doit donc être traité dans le Code électoral qui prend en compte les modifications au plan législatif et réglementaire qui rythment la marche de notre droit électoral.
Certes, les candidats peuvent ne pas se faire confiance entre eux, car ils sont en situation de compétition, mais ils doivent faire confiance à notre système électoral, qui a produit deux alternances politiques pacifiques et démocratiques, sans contestations majeures.
 
 En ce qui me concerne et en définitive, j’ai l’intime conviction que le parrainage est devenu aujourd’hui un impératif politique majeur  et une exigence démocratique certaine, qui va sans nul doute contribuer à renforcer la démocratie sénégalaise, exemple de démocratie en Afrique et qui n’a rien à envier aux démocraties occidentales.

Vive la démocratie sénégalaise !
Vive le Peuple souverain !

Ibrahima B Sall, député maire de Bakel.

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