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Médecin en conflit 400x275

Introduction

Je ne suis pas conspirationniste. Je n’affectionne pas particulièrement les réseaux sociaux, les blogs, les polémiques sur internet. Je ne suis pas non plus journaliste, de métier en tout cas.

Je suis médecin. J’ai fait sept années d’études, trois années de candidature, quatre années de doctorat pour obtenir le diplôme de docteur en médecine, en 1995, en Belgique. Je me suis spécialisé en anesthésie-réanimation, puis en soins intensifs, entre 1997 et 2003 et je travaille depuis dix-sept ans dans cette spécialité mise à l’honneur à l’occasion de cette pandémie virale appelée Covid-19. Je suis donc plutôt qualifié sur un plan médical. C’est ma spécificité. Dans ce métier, je suis principalement guidé par un leitmotiv provenant des premiers médecins de l’Antiquité : « Primum non nocere », traduction : « Avant tout ne pas nuire. »

 

Je suis également marié et père de quatre enfants. Je me sens donc plutôt responsable, bien intégré dans cette société et souhaitant le meilleur système de santé pour mon épouse et mes enfants.

Je n’ai aucun intérêt financier, aucun intérêt tout court à critiquer nos instances sanitaires dirigeantes, juste pour le plaisir de le faire. Critiquer certains dogmes médicaux tels que la vaccination [1] contre la grippe, la prise en charge des dyslipidémies [2] ou la gestion de la pandémie Covid-19 par l’OMS [3] et par mon pays, est dangereux et passible de sanctions sévères de la part de l’Ordre des Médecins [4]. Ce n’est pas rien. Qu’est-ce qui pourrait pousser un médecin spécialiste, père de quatre enfants, à écrire un article dont la teneur pourrait lui valoir des sanctions telles que la radiation, l’opprobre, le renvoi de son hôpital ou des remontrances de ses collègues ? Quelle mouche le piquerait, si ce n’est ni l’appât du gain, ni l’espoir de louanges, bien au contraire ?

Ma réponse tient en deux mots : conscience professionnelle, voire en un seul : conscience.

Où se trouve l’erreur ?

Nos sociétés, en matière de santé, ont pris plusieurs décisions lourdes de conséquences.

En premier lieu, elles ont décidé de désigner, aussi bien au niveau supranational qu’aux niveaux nationaux, un seul comité comme référence scientifique officielle des gouvernements. Toutes leurs décisions sanitaires, impliquant des millions pour ne pas dire des milliards de personnes, proviennent des recommandations d’experts présents dans ces comités.

En deuxième lieu, elles ont accordé à ces comités et aux experts qui en font partie une confiance inébranlable. Ce genre de confiance qui, une fois donnée, n’est plus remise en question.

Ainsi, si ces experts annoncent quelque chose, alors c’est que c’est vrai. Cela n’est plus critiqué.

Sur un plan mondial, nous avons l’OMS ou Organisation Mondiale de la Santé, WHO en anglais [5]. Celle-ci régente, influence, dirige les politiques de santé de tous les pays du monde.

Sur un plan européen, nous avons l’AEM ou Agence Européenne du Médicament, EMA en anglais [6] établie à Amsterdam. Sur son site, on peut lire qu’elle garantit l’évaluation scientifique, le contrôle et le suivi de la sécurité des médicaments à usage humain et vétérinaire dans l’Union Européenne. Nous verrons par la suite ce que l’EMA entend par contrôle et suivi.

Dans chaque pays, nous retrouvons des comités de structure similaire, soumis à l’OMS et à l’EMA pour les pays européens, dans laquelle nous retrouvons à chaque fois un panel de leaders d’opinion clé ou KOL en anglais (Key Opinion Leader).

Dans le domaine de la médecine et de la santé, nous y retrouvons à priori des gens de confiance, de par leurs compétences unanimement reconnues par leurs pairs et surtout, de par leur honnêteté et leur indépendance totale vis-à-vis des industries, en l’occurrence pharmaceutiques. Réellement ?

Dans cet article, je me concentrerai sur la France qui dispose, pour gérer la pandémie Covid-19, d’un comité de ce type, le CARE [7] (Comité Analyse Recherche et Expertise), formé de 12 chercheurs et médecins et mis en place par le gouvernement français le 10 mars 2020.

Je me concentrerai également sur mon pays, la Belgique, qui a également créé, sur un plan général, une superstructure qui porte le doux nom de SCIENSANO [8], issu de la fusion entre l’ancien Centre d’Étude et de Recherches Vétérinaires et Agrochimiques (CERVA) et l’ex-Institut scientifique de Santé publique (ISP). Pour la gestion de la pandémie Covid-19, un comité scientifique coronavirus a été spécialement mis en place [9]. Je m’attarderai également sur le cas de Maggie De Block, notre ministre belge des affaires sociales et de la santé publique [10].

En quoi tout cela est-ce un problème potentiel ?

Il paraît logique de créer de tels comités d’experts qui permettent aux politiciens de prendre les meilleures décisions possibles, dans des domaines où eux-mêmes ne sont pas des experts.

Toutefois, l’efficacité et l’innocuité de tels comités n’est garantie que par leur indépendance réelle vis-à-vis des instances supérieures telles que l’OMS, dans le cas où celle-ci prendrait de mauvaises décisions, et qu’en cas d’intégrité absolue de ses experts vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique.

Pour les populations, dans le cas où l’une de ces conditions ne serait pas remplie, le résultat pourrait s’avérer catastrophique.

Justement…

La dépendance de l’OMS

J’ai écrit un article sur l’OMS en 2010 [11], traduit en anglais récemment, en février 2020, paru sur le site GlobalResearch [12].

Dix années d’intervalle.

Le verdict, en 2010, était déjà sans appel.

Le SAGE, groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination, créé en 1999 par le directeur général de l’OMS [13], était composé de personnalités en lien avec l’industrie pharmaceutique de la vaccination, dont le professeur Albert Osterhaus de l’université Erasmus de Rotterdam.

Nombre des experts scientifiques de l’OMS, conseillers d’alors de Margaret Chan, directeur général de l’OMS lors de la déclaration de pandémie mondiale de grippe H1N1 [14], avaient reçu de l’argent directement ou indirectement des entreprises pharmaceutiques, notamment GlaxoSmithKline et Novartis, fabricants des vaccins vendus pour gérer cette pandémie.

Dans cet article paru le 26 novembre 2009 [15], je conseillais déjà de se préparer aux pandémies suivantes. En effet, l’OMS, contaminée par les experts de l’industrie pharmaceutique qui brandissent la vaccination comme un Saint-Graal, avait bien un plan de peur intense pour nous, pour les années à venir.

N’est-ce pas le cas, 11 ans plus tard ?

Dix années et rien n’a changé. On ne peut toujours pas faire confiance à l’OMS [3]. Ce n’est pas étonnant, puisque rien n’a été entrepris pour redresser la situation et par exemple, pour assainir les comités d’experts. C’est d’ailleurs une constante, comme nous le verrons avec l’Agence Européenne du Médicament. Les chiens aboient, la caravane de la corruption passe, imperturbable. Seule la population, suffisamment informée et mobilisée, pourrait l’exiger.

L’une des raisons, comme le souligne le docteur Jerome P. Kassirer en 1995, déjà, dans le New England Journal of Medicine, bible scientifique de la profession médicale, est l’inclusion du système de soins dans la logique du marché, du profit, de la rentabilité et lorsque le marché rencontre le chaos, le système de soins et de santé publique aussi [16].

L’Agence Européenne du médicament : des experts au-dessus de tout soupçon ?

La réponse est non [17].

Opacité, autrement et plus joliment dit, manque de transparence.

Conflits d’intérêts, un joli nom pour corruption.

Collusion avec les firmes pharmaceutiques.

Indépendance de façade.

Nous y retrouvons ce vieux principe des revolving doors ou « portes-tournantes » ou encore portes-tambours, le pantouflage [18] :

« À plusieurs reprises, en effet, des employés de l’EMA se retrouvaient « chefs de projet » pour l’autorisation de mise sur le marché de médicaments commercialisés par des laboratoires pour lesquels ils avaient travaillé auparavant, dont ils possédaient des actions boursières, ou pour qui travaillait leur conjoint. » [19]

« Il se pose d’autant plus que la pratique du pantouflage, qui consiste pour les experts de l’EMA à aller travailler après leurs mandats comme consultants très bien rémunérés pour les laboratoires pharmaceutiques, est une pratique courante et dénoncé de longue date et avec force par des associations comme le Formindep, Health Action International, ISDB, Corporate EU Observatory ou ALTER-EU. » [19]

Mais le scandale se poursuit sans que les choses changent malgré ces évidences.

« En 2010, l’Agence européenne du médicament s’était déjà fait taper sur les doigts par le Parlement européen, qui dénonçait à l’époque une « gestion désastreuse des conflits d’intérêts, en s’appuyant sur l’audit réalisé en 2009 par la Commission européenne. »

Quelle ironie quand on pense que sur leur site officiel, l’agence dit bien assurer le contrôle et le suivi de la sécurité des médicaments à usage humain [6], le contrôle et le suivi. Pour ce qui est de prendre les dispositions nécessaires pour assainir ses comités d’experts, là, elle a failli.

Le CARE : des conseillers du pouvoir indépendants ?

Allons en France pour y retrouver la même mécanique malsaine.

Le CARE, pour comité, analyse, recherche et expertise, a été mis en place par le gouvernement français le 10 mars 2020, et renforcé le 24 mars.

L’article paru sur Mediapart [20] est clair et sans appel :

« Plusieurs médecins des deux conseils scientifiques qui accompagnent le gouvernement sur les choix stratégiques à faire pour affronter le Covid-19 ont des liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique. »

Dans cet article [21], nous lisons que plusieurs membres des deux conseils scientifiques conseillant le gouvernement français pour la gestion de la pandémie Covid-19 ont des liens financiers importants avec des firmes pharmaceutiques.

« Par exemple, l’un d’eux s’est vu verser plus de 250 000 euros entre 2014 et 2019, selon les chiffres de la base publique Transparence santé. Et rien qu’en 2018, « Big Pharma » a déboursé 1,36 milliard d’euros aux professionnels de santé. » [22]

Qu’est-ce que les autorités ne comprennent pas dans le mot indépendance ?

Les scientifiques de pointe doivent-ils forcément être en lien financier avec l’industrie pharmaceutique ? Ce pourrait être un argument spécieux avancé par le camp défenseur de telles liaisons dangereuses.

Pourtant il n’en est rien.

Probité et excellence professionnelle sont fréquemment associées, ça existe !

Par exemple, le professeur Didier Raoult qui défraie la chronique actuellement pour ses positions anticonformistes était le seul membre du CARE sans liens d’intérêts connus avec l’industrie pharmaceutique. Il a d’ailleurs claqué la porte du CARE [20].

D’autres experts sont également connus mondialement pour leur indépendance vis-à-vis de l’industrie phamarceutique, tels que :

  • Le docteur Wolfgang Wodarg [23], pneumologue allemand qui avait déjà appelé à des enquêtes afin d’alléger l’importance des conflits d’intérêt concernant la gestion européenne de la pandémie de grippe H1N1 en 2009.
  • Le docteur John Ioannidis [24], qui déclare sans ambages qu’à propos de la pandémie Covid-19, nous prenons des décisions qui ne sont pas basées sur des données fiables [25].
  • Le docteur Peter C. Gøtzsche, né le 26 novembre 1949, est un médecin et chercheur danois. Il est directeur du centre Cochrane nordique et est cofondateur de la Collaboration Cochrane avec 80 autres personnes. Actuellement, il a fondé, en 2019, l’institut pour la liberté scientifique. En ce qui concerne la pandémie Covid-19, il parle davantage d’une épidémie de panique, bien plus létale que la pandémie virale elle-même [26].

À noter que ces personnalités, petit échantillon d’un groupe bien plus vaste [27-28], ne sont pas « n’importe qui ». Ce ne sont pas des conspirationnistes mais des médecins reconnus mondialement, des personnalités politiques pour certains, caractérisées à la fois par leur probité scientifique, leur indépendance vis-à-vis de la finance et de l’industrie, et leur discours anticonformiste.

Pourquoi ne pas composer les comités d’experts scientifiques, les conseils de nos gouvernements avec de telles personnes qui ont fait leurs preuves aussi bien sur un plan professionnel que moral ?

C’est à la population de l’exiger, aujourd’hui.

Manifestement, la solution ne viendra pas de ces mêmes gouvernements gangrenés par le spectre de la corruption sous toutes ses formes et appelé, dans un euphémisme de langage révoltant, conflit d’intérêt.

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Dr Pascal Sacré

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