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Parler de tests prénuptiaux des «  IST » et « MST) (infections sexuellement transmissibles/Maladies sexuellement transmissibles) dans le milieu Soninké soulève moult réactions. Par peur, les uns éludent la question et fuient le débat. Les autres, plus conservateurs, voient dans un tel débat une volonté de jeter l’opprobre sur la femme soninké. Nous comprenons d’emblée que les soninkés font très souvent un rapide raccourci entre la triptyque  « femme », « sexualité » et « IST ». L’homme n’est que rarement indexé.  Aussi, certains esprits font également, de manière hâtive », une rapide relation de cause à effet entre polygamie et « IST ». S’il est vrai que la notion de pluralité de partenaires est à prendre en compte, les modes de transmission restent tout de même méconnus dans notre communauté. Plus surprenant, bon nombre d’entre nous ne connaissent que le « VIH » communément appelé « SIDA » comme « IST » alors que l’on dénombre environ 8 « IST/MST ». On peut citer les hépatites B et C, le syphilis, la Gonorrhée, l’herpès, le Chlamydia et le plus méconnu le papillomavirus humain. Ce dernier est presque inconnu des hommes alors qu’ils en sont très souvent porteurs. Son dépistage est également très compliqué chez le sujet « homme » alors qu’un frottis le révèle chez la femme.
Ce sujet sur les « IST » a fait l’objet d’un débat sur les ondes de la radio soninkara.com en ces termes : « Les tests prénuptiaux d’IST doivent-ils se conjuguer avec la mentalité Soninké pour devenir une étape souhaitée dans le processus de mariage ? ».
 
Ainsi posé, le sujet est circonscrit. La cible est bien connue : « la jeunesse actuelle aux portes du mariage ». Un mini « sketch », échange entre un jeune homme et sa future épouse, a été diffusé.  Il était question de passer par l’étape « Bilan MST » pour la jeune femme alors que le jeune homme prenait cette suggestion comme un manque de confiance et une suspicion d’une quelconque maladie chez lui. Avec une dose de pédagogie, la jeune femme a pu convaincre le jeune homme en trouvant les mots justes pour procéder aux tests prénuptiaux avant le mariage.
 
On doit arrêter de croire que les « MST » restent une histoire de « catins ». C’est méconnaitre les « IST » dans leur spécificité et dans leur mode de transmission. On peut être « clean » dans le comportement et croiser le chemin d’une « IST ». L’hépatite B ( inguérissable mais traitement efficace si détection précoce ), plus virale que le C ( guérissable si détectée tôt depuis 2019 ) comme le VIH ( Inguérissable mais traitement efficace ) peuvent s’attraper via les coiffures, les piercings et les tatouages. Beaucoup attrapent ces maladies lors d’une transfusion sanguine dans un contexte de vétusté de plateau technique sanitaire comme c’est le cas en Afrique. Toutefois, en grande majorité, ces « IST » se transmettent lors des rapports sexuels « même protégés »  car toute protection est relative. La notion de « rapport sexuel » se limite-t-il au contact des deux sexes ? Ok, le préservatif est efficace dans ce cas contre certaines « IST » mais, pas pour le papillomavirus.  Par ailleurs, même si les soninkés continuent de baigner dans un « océan de pudeur », il faut noter que les expérimentations d’autres types sont monnaie courant chez les jeunes. Donc, les portes d’entrée pour « IST » demeurent nombreuses et  béantes. On peut prendre l’exemple du « papillomavirus » dont beaucoup ignorent l’existence et la dangerosité ( cancer du col de l’utérus chez la femme, condylomes chez l’homme). Asymptomatique et considéré à tort « problème féminin », ce virus touche aussi les hommes et cause le cancer de la gorge. Donc, les soninkés ont beaucoup à apprendre en terme de « MST ».
 
Ce sujet n’est jamais de trop. Il faut que l’on bouge les lignes en terme de sensibilisation. Cela ne doit plus être considéré comme « tabou ». Il est plus que jamais urgent d’en parler dans les chaumières et dans les foyers. L’objectif de l’émission « Jeunes d’aujourd’hui, sages de demain » de la radio soninkara.com du 03/11/2019 est claire et précise. Elle consistait à informer et à sensibiliser afin que le sujet des «IST » ne choque plus dans les familles soninkés. Ainsi, il sera facile de « convoquer » ces trois lettres « I.S.T » dans les assemblées de fiançailles dans le cadre de mariage ou de remariage. Les religieux devraient également intégrer cette donnée lors des unions. Inviter les futurs époux à faire des dépistages des « IST » est devenue une question de santé publique. Nous avons le droit de protéger nos familles. Sans le dire, notre propos s’adresse aussi aux hommes qui souhaitent devenir polygames. Hommes et femmes doivent aussi passer au « détecteur biologique » pour afficher leur « carte d’identité biologique » avant de consommer les mariages. Les femmes concernées ( première, deuxième, troisième, quatrième ) devraient également procéder à des examens microbiologiques en terme d’infections urinaires. L’homme doit prendre son courage à deux mains pour orchestrer ces actions. En parler permet aussi d’exhorter les uns et les autres à dominer leur peur de la prise de sang. Il faut savoir que certaines « IST » détectées tôt peuvent être guéries très facilement comme le syphilis, la Gonorrhée, l’herpès, le Chlamydia et même l’hépatite C ( plus coriace tout de même ). Le VIH et l’hépatite B se traitent très facilement aujourd’hui même en Afrique. En cas de tests négatifs, on peut se vacciner pour l’hépatite B si l’on a pas attrapé et combattu définitivement. Les jeunes femmes/hommes pourront être vaccinées contre le papillomavirus. De plus, nous redoublerons de vigilance pour éviter tout comportement dangereux qui peut nous transmettre ces « IST ».
 
Ces tests, très faciles à réaliser dans le contexte occidental (Médecin traitant, CEGID…) le sont moins dans un contexte africain eu égard à l’insuffisance des plateaux sanitaires. Il faut souvent se déplacer à la capitale pour effectuer ces tests biologiques. Malheureusement, les autotests  facilement transportables jusqu’au village ne sont disponibles que pour le « SIDA ». Toutefois, il faut noter que des campagnes de dépistage sont organisées ponctuellement dans les structures de santé fixes ou mobiles. A chacun d’exhorter frères, sœurs, amis et proches à se faire dépister car mieux vaut prévenir que guérir.  
Samba KOITA, bakelinfo.com

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