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La Voix du département de Bakel

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 Les pluies se raréfient. Même si leur absence n’inquiète pas trop certains paysans, quelques gouttes auraient fait le bonheur d’autres dont les cultures ont encore le vertige. Pour beaucoup de cultivateurs, la rosée seule ne peut mener les céréales à maturité. Les champs ont encore besoin d’eau, assez d’eau pour compléter leur épiaison en ce qui concerne le mil et le maïs ou la formation et le remplissage des gousses pour l’arachide et le haricot.

A beau scruter le ciel, matin et soir, l’on remarque la même activité des nuages. Les hommes s’habituent peu à peu aux pluies espacées et à leur prochaine disparition jusqu’à la saison prochaine.

Dans les villages, c’est la période normale des récoltes. Bien qu’il y ait un décalage, aux soirs de clair de lune, le tam-tam appelle les jeunes et même les moins jeunes à se défouler, à chanter et à danser, à chasser le stress. Ces rencontres nocturnes animent le village et amènent la joie dans le cœur des hommes et des femmes.

En ville, les vacances sont terminées. Beaucoup d’élèves hésitent encore à franchir le seuil des établissements scolaires, malgré les appels répétés des directeurs, des principaux et des proviseurs. Le virus de la paresse les retient toujours cloués dans leur lit jusqu’à une heure tardive de la journée.

Tandis que Samba Poulo, le petit berger, tout heureux de s’évader dans la nature, conduit ses moutons et ses chèvres vers la brousse, les rayons du soleil commencent à chauffer la terre. Des pirogues à moteur font la navette entre Gouraye et Bakel, déversant d’un côté comme de l’autre leurs voyageurs, la plupart des femmes, pressées de faire leur marché avant le retour de leur homme.

Chaque jour, le même film se déroule sous les yeux des agents de Police et de Douanes de part et d’autre des deux rives du fleuve Sénégal. Comme une ceinture, le cours d’eau réunit tous les hommes et les femmes qui vivent harmonieusement le long de ses flancs. Véritable cordon ombilical, le fleuve a permis aux riverains de se marier entre eux, d’exploiter les terres abandonnées par ses eaux pour un temps (la décrue), de pêcher ses poissons, de naviguer, de boire son eau, de linger…

Mocirédin est né ici à Bakel, dans ce quartier qui n’occupe pas le centre de la ville, mais qu’on appelle pompeusement Montagne Centrale. Il ne l’a jamais quitté. Depuis plus de cinquante ans, il y vit avec sa famille. Il connaît tout le monde et tout le monde le connaît. Ce matin en passant derrière une fenêtre de l’immense bâtiment de la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC), il a, à son grand étonnement, entendu des rires. Comme figé, il n’a plus bougé, sidéré par ce qu’il vient d’entendre : pas un rire ordinaire mais des éclats de rires, dans une prison ! Il se met alors à penser, à chercher, à essayer de comprendre comment et pourquoi un rire si sonore dans une geôle !

<<- Que médites-tu encore là, derrière ce lieu austère avec ses pierres qui apeurent, lui dit Matar son petit-fils devenu instituteur à Aroundou qui partait à Diarracounda ? Je sais que tu aimes bien discuter mais derrière une prison, moi, je n’en ai vraiment pas envie. Et puis, grand-père, si ces pierres pouvaient parler, elles nous auraient certainement raconté beaucoup d’histoires : la construction d’abord de ce lieu de détention, les premiers gardes républicains, le premier prisonnier…

-Matar, j’ai longtemps vécu dans ce quartier. Je peux compter sur les doigts d’une seule main combien de fois je suis entré dans le « camp des Gardes ». J’ai eu pourtant des camarades de jeu, fils de Gardes qui habitaient dans le camp : Amadou Tidiane Gaye, Abdou Demba Hane, Ibrahima Aly Sow, El Hadj Sèye, Thiaka Mbengue, Mamadou Ndiaye, Mamadou Sène… J’ai toujours eu une peur bleue en franchissant le seuil de cette maison. Que les pierres parlent ou qu’elles chantent, ce n’est pas là l’objet de mon étonnement ; ce qui m’a « cloué » ici, c’est le fait que j’entende des rires derrière cette fenêtre presque obstruée. Un prisonnier a-t-il le temps de rire, de manger, de boire, de dormir ? Pour moi, dès qu’il est derrière les « quatre murs », c’est la tristesse, c’est surtout la peur d’être à tout moment battu ou employé dans des corvées infinies qui l’usent et ne lui donnent pas le temps de réfléchir, de se reposer, de rire.

-Grand-père, le monde a changé ! N’est-ce pas toi qui me racontais qu’autrefois, il n’y avait pas d’eau courante à Bakel, que pour s’approvisionner en liquide précieux, il fallait se rendre au fleuve ? Les prisonniers, me disais-tu, portaient une tenue bleue. Matin et soir, ils allaient puiser de l’eau au fleuve, étroitement surveillés, pour remplir tous les canaris de la maison d’arrêt (prison et logements des gardes) ; la Préfecture et certains services les « utilisaient » aussi. Il y avait même un jardin exploité par la MAC vers le marigot de « Simbéla ». Actuellement, les tenues ont disparu (c’était une charge pour l’état).

-Malgré le changement du monde, mon cher Matar, une prison reste une prison, une cage, un lieu de détention, de privation de liberté. Dès qu’on y sort, l’on sait qu’on a perdu des jours de liberté, de travail, des moments de communion avec sa famille, son lit douillet, peut-être son casier judiciaire. Je ne cherche pas à savoir les raisons des détentions, mais je sais qu’aucune prison n’est agréable, souhaitable, même si l’on parle quelque part de « prison dorée ». Le fait de ne plus pouvoir faire ce qu’on veut doit être terrible ! Les prisonniers politiques et ceux de droit commun ne sont pas logés à la même enseigne, mais ils ressentent tous ce même manque de liberté (à un degré moindre pour les politiciens). Sais-tu qu’après les événements de 1962, Mamadou Dia, Valdiodio Ndiaye, Joseph Mbaye, Ibrahima Sarr et Alioune Tall étaient en résidence surveillée aux HLM de Bakel avant la fin de la construction du Centre Spécial de Détention de Kédougou ?

-Grand-père Mocirédin, tu viens de me l’apprendre. Mais Grand-père, ne t’étonne donc plus qu’à l’intérieur des Maisons d’Arrêt et de Correction (MAC), on chante et on danse. Grand-père, sur les quinze millions de sénégalais que nous sommes, onze mille cinq cent quarante-sept (11 547) sont détenus dans les trente-sept (37) prisons du pays pour les quatre mille deux-cent vingt-quatre (4224) places prévues. Toute cette masse d’incarcérés n’est surveillée que par mille six-cent-trente-trois (1633) agents dont deux cent soixante-quatre (264) seulement sont des dames. La population carcérale représente un taux de 0,07% de la population sénégalaise.

-Matar, je te remercie pour ces renseignements, mais j’ai le sentiment que ce nombre est exorbitant pour un pays pauvre comme le nôtre. Il faut créer des emplois, libérer ces prisonniers afin qu’ils travaillent. Sans travail, comment vivre, ou plutôt survivre. Tendre la main n’est pas honorable. L’oisiveté conduit souvent à la perdition. Il faut occuper les jeunes, les responsabiliser.

-Grand-père Mocirédin, instituteur que je suis, je pense que nous avons un rôle important à jouer pour notre génération et pour les futures. L’école doit, plus que par le passé, accentuer ses apprentissages sur la formation des bonnes habitudes : plus de morale, plus de civisme. Un peuple bien formé, bien éduqué ne pensera qu’au travail. Le pays se développera et les gardiens changeront de profession et deviendront des formateurs dans un autre domaine au profit de la République. L’exemple de droiture, de justice, d’équité doit quand même venir du sommet pour se répandre sur les flancs de la pyramide.

-Merci, Matar pour la leçon. >>

Idrissa Diarra, bakelinfo.com

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