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Idrissa DIARRA 01
Hier dans la nuit, le ciel était triste : pas une seule étoile. Et la lune, d’ordinaire majestueuse, était absente, rendant lugubre la vie dans le village.
Ce matin, un vent léger souffle. Il rend l’atmosphère un peu maussade. Mocirédin est assis sur une natte, sa natte de prière, sous le « Nîmes », l’unique arbre de la maison. A côté de lui, coqs, chats et margouillats se bousculent près des canaris à la recherche d’un peu plus de fraîcheur.

En temps normal, cette heure trouve Mocirédin en train de cultiver son champ. Mais après les fortes pluies qui ont perturbé le sommeil des populations, une pause pluviométrique inquiétante les bouleverse, actuellement : le sol s’assèche, le fleuve rejoint son lit et aucun espoir du côté des futures récoltes.   Le tapis herbacé qui avait commencé à réjouir les bêtes et leurs propriétaires crée désormais des soucis car les illusions de bonnes récoltes s’amenuisent.
Après le désastre causé par la crue du fleuve, et la désolation qui s’en est suivie, les larmes n’ont pas cessé de couler.

Sauf changement de dernière minute, les portes des écoles sénégalaises vont s’ouvrir pour accueillir d’abord les enseignants le 1er, puis les élèves les rejoindront le 3 Octobre. Les écoles privées (Catholiques, en majorité) ont démarré leurs cours en même temps que les écoles françaises depuis le 1er Septembre.
Mocirédin ne sait plus à quel SAINT se vouer. Avec le nombre impressionnant d’informations qui choquent l’actualité, a-t’il réellement le temps de réfléchir pour trouver une issue heureuse à ses inquiétudes. Il soupire fortement et finit par dire <<ALLAHOU AKBAR !>>, à trois reprises. ALLAH est au-dessus des SAINTS. J’ai la foi, je crois en lui et en son PROPHETE MOHAMED (PSL). Je ne dois rien craindre. DIEU me guidera vers ce qui est bon pour moi.
Bakel traîne toujours les « pattes » en matière d’innovation. En tant que représentant de la vieille génération, dépassée par les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication et la technique, je lui donne raison pour une fois. Avant de se jeter dans une aventure, il faut peser le pour et le contre. Bien réfléchir et ensuite prendre position. Les écoles privées ont existé au Sénégal avant les Indépendances. Ce n’est qu’une trentaine d’années plus tard qu’une ébauche d’ouverture s’est manifestée par des professeurs soucieux de tendre la main aux délaissés du système mais en même temps pour se « remplir » les poches et gérer les fins de mois compliquées. Cela n’a pas prospéré. Pour plusieurs raisons : certains (enseignants, parents d’élèves et même des élèves et les Autorités) majoritaires s’y opposent car pensent-ils des fonctionnaires n’ont pas le droit de faire une autre activité lucrative. Pour l’infime partie, les « autres », la minorité, ce sont les enseignants seulement qui sont indexés alors que beaucoup d’autres fonctionnaires font ouvertement des choses interdites par les lois en vigueur dans le pays. Le problème des écoles privées, hors des zones universitaires, c’est avoir des enseignants formés libres ou des étudiants en fonction de leur emploi du temps. A part Dakar, Thiès, Ziguinchor, Bambey et dans une moindre mesure Kaolack, il est presque impossible d’avoir un étudiant à sa disposition. Il faut donc se rabattre sur les écoles publiques pour « négocier » avec les professeurs afin de démarrer l’année scolaire avec toutes les peines du monde en ce qui concerne, en tout cas, les écoles privées laïques.
Aujourd’hui, Mocirédin ne pense ni à son excellente épouse Diambéré Khoumba ni à ses deux adorables bouts de bois de DIEU : Mma Tokhora et Taata.
Que veut-il réellement et que peut-il même faire pratiquement pour résoudre l’épineuse équation posée par les ECOLES PRIVEES ? Rien à son niveau ! Et pourtant L’ECOLE PUBLIQUE SENEGALAISE, il n’y a guère longtemps, était la voie, la seule bonne pour « arriver » : l’Etat formait bien ses enseignants à travers les Ecoles Normales Régionales, les Centres de Formation Pédagogique et l’Ecole Normale Supérieure. Il n’y avait pas mieux. Ce sont nos dirigeants, pourtant élus par les populations qui ont donné du poids aux ECOLES PRIVEES en y inscrivant leurs enfants pour qu’ils ne côtoient pas dans les cours de récréation les enfants des pauvres populations qui les ont élus. Il faut bien se démarquer de la « basse classe ! »
De fil en aiguille, les choses ont empiré, l’ECOLE PUBLIQUE agonise tandis que les ECOLES PRIVEES, surtout Catholiques refusent d’inscrire des élèves. Il faut se lever tôt et avoir un bras long pour être satisfait ! Des questions simples : la « bonne formation » et la sécurité salariale étant du côté de l’ECOLE PUBLIQUE, pourquoi alors les ECOLES PRIVEES sont courues, qu’est-ce qui fait la différence entre les deux ECOLES ? Sans réfléchir la réponse est LA RIGUEUR.
Il est largement temps de redonner à l’ECOLE PUBLIQUE sa valeur d’autrefois. Cela passe par un changement de comportements de la part des enseignants. Les populations dans leur écrasante majorité croient encore en leur ECOLE. Elles sont obligées, ne pouvant inscrire leurs enfants dans les ECOLES PRIVEES. Alors « GENS SAIGNANTS », inversez la tendance, permettez aux pauvres populations de croire encore en vous, de mieux considérer leur ECOLE.


Idrissa Diarra, bakelinfo.com

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