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DefileMai2019
Depuis plusieurs jours, les médias tympanisent les auditeurs et les téléspectateurs sur la Fête du 1er Mai, jour spécialement dédié aux travailleurs du monde. L’époux de Diambéré Khoumba ne s’intéresse pas aux journaux car il ne sait ni lire ni écrire.
Mocirédin s’étonne cependant et s’interroge. Est-il réellement concerné par cette fête ? Pourquoi affubler cette journée, pompeusement de fête ?
La fête, dans son esprit d’illettré, est synonyme de joie, de gaieté, de partage, un jour au cours duquel les rires fusent de partout. Pour cela, ce moment coïncide avec les récoltes, les mariages, les baptêmes de son village… Rien de tout ce qu’il vient de citer n’est ciblé ici. Alors, pourquoi se lasser de lasser les gens inutilement ! Ces dépenses faramineuses ont leur place ailleurs que dans des tenues vestimentaires et les bamboulas.

Dans les différents Cahiers de Doléances, les Syndicats ont des revendications spécifiques mais la plupart du temps l’augmentation des salaires est le principal point sur lequel, tous les ans, les travailleurs insistent.
Mocirédin rit aux éclats pour se sentir dans cet esprit de fête. Il ne tolère pas du tout que des travailleurs qui se disent dans le besoin dépensent autant d’argent pour s’habiller comme des mannequins et faire la noce au lieu de rassembler ces sommes énormes  pour donner l’exemple à l’Employeur qui est l’Etat ou la Société dans laquelle ils évoluent. Cette masse d’argent, loin de suffire à régler les problèmes de « l’Entreprise » va faire réfléchir les « Employeurs » sur leur devoir et les travailleurs sur la solidarité.
Depuis des décennies, tout juste après la célébration de la fête de notre Indépendance Nationale, l’on a commencé à déposer (peut-être par suivisme) ce fameux Cahier de Doléances auprès de l’Autorité Suprême à Dakar. Et les années passent et les Cahiers s’accumulent ! Les pages jaunissent. Les revendications des premières années reviennent toujours. D’ailleurs, leur nombre augmente.
Ne faut-il donc pas économiser  ces « cahiers » et les remettre aux directeurs d’écoles ? Ils auront plus d’utilité avec les élèves qu’avec le Président de la République qui connaît mieux que les syndicalistes les problèmes de l’heure.
Et puis, se dit l’époux de Diambéré Khoumba, ces hommes et ces femmes qui passent tout leur temps à revendiquer sont égoïstes ! Des milliers d’hommes et de femmes, comme eux, vivotent, n’ayant aucun moyen de subsistance. Ils n’ont même pas un sou pour se nourrir à forte raison  s’acheter des tenues pour défiler ou tout simplement payer un cahier de 50 pages qui ne peut pas contenir le tiers de leurs doléances.
Tout le monde est en fin de compte, travailleur : le mendiant qui se réveille tôt pour tendre la main aux coins des rues, le marchand ambulant qui court après les véhicules pour présenter sa marchandise, l’élève en quête de savoir dans des lieux devenus « inaccessibles »,les femmes qui s’agenouillent devant leur mari pour obtenir la dépense journalière, le bébé qui pleure pour réclamer le sein de sa mère, le photographe et le réparateur de montres qui ne sont plus de mode, le fraudeur qui évite les services de sécurité, le petit berger à peine âgé de dix ans, seul derrière son troupeau dans la brousse, le conducteur de Jakarta à la merci du propriétaire de la moto, le malade sans le moindre sou face à son « guérisseur »…
Et le chômeur ?
<<-C’est celui qui travaille à ne rien faire, clame sans sourciller Mocirédin.
-Non, mon ami, rétorque aussitôt Samba Bocar Kâ de passage. Le chômeur, c’est celui qui a une qualification et qui ne parvient pas à l’exercer. Ces gens ne courent pas les rues car ils trouvent facilement du travail dans une entreprise, par l’Etat ou pour leur propre compte. C’est le produit de l’enseignement Général qu’on considère à tort comme chômeur qui déforme la réalité. Il faut donc donner plus d’importance à l’Enseignement Technique et à la Formation Professionnelle.
-Samba, qui a orienté nos enfants vers l’Enseignement Général ? Ne savaient-ils pas  l’objectif recherché ? Alors, le sens donné au mot « chômeur »n’est pas tombé du ciel, c’est selon l’image que la Société voit celui qui ne travaille pas sans tenir compte de sa formation, de ses diplômes.
-Cette vision du « chômeur » est archaïque. Renouvelle tes connaissances, Mocirédin.
-Tu me connais assez bien, mon ami. Quand je mords ma proie, je la lâche difficilement. Une idée, une fois ancrée, sort avec beaucoup de difficultés de ma tête. Ce que nous devons faire dorénavant, c’est ranger dans les tiroirs (pour longtemps), les Cahiers de Doléances. Il faut que les travailleurs cessent de considérer le1er Mai comme une FETE mais au contraire comme un jour de LUTTE, pour montrer sa colère, son mécontentement vis-à-vis du Patron. Ce n’est pas en tenue de fête avec des chants et des danses qu’on va le « conscientiser » ! Il faut se présenter tel qu’on est, sans maquillage, montrer toute sa laideur, le regarder les yeux dans les yeux et lui dire tous les problèmes.
-C’est ce que l’on fait chaque année mais habillés comme des mannequins, en chantant et en dansant.
-C’est ce folklore qu’il faut désormais supprimer et penser aussi à ceux qui n’ont jamais eu la chance de « travailler », ces nombreux hommes et cette foule de femmes accrochés à tout moment aux basques des autres.
-En définitive, travailleurs et chômeurs doivent ensemble sortir et réclamer DU TRAVAIL POUR TOUS ! La situation du pays va beaucoup changer car il y aura moins d’oisifs. >>


Idrissa Diarra, bakelinfo.com

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