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 Mociredin28Janv19
Après le premier témoignage du jour rendu au TOUT PUISSANT, la prière du « Fadjir », à la mosquée de son quartier Guidinkhama, au moment où les coqs du village commencent à lancer leur « cocorico » sonore  Mocirédin ne dort plus.
Il s’assoit sur sa natte de prière et égrène son chapelet. Son marabout, Barou Dia lui avait parlé de cette heure importante de la matinée, porteuse de bienfaits, temps de bienveillance divine.

Il fait face à l’Est, fixe son regard sur les nuages du matin levant, se concentre ensuite sur son chapelet. Ses lèvres tremblent. Des larmes coulent sur son visage fatigué avec ses rides qui le vieillissent.
Maintenant, comme un médecin, Mocirédin  scrute les différentes parties de son propre corps. Son analyse se termine sur sa peau. Il la regarde, la touche, la sent. Il finit par parler à haute voix, au grand étonnement de son épouse Diambéré Khoumba.
<<-La peau, dit-il ? Elle nous couvre mais elle ne nous protège pas. Les regards innocents comme les malveillants la traversent, la déchirent, la déchiquettent, la pénètrent. Nue, elle devient sous l’œil satanique objet de convoitise !
-A qui parles-tu, mon mari, ce matin de bonne heure ? As-tu vu ou entendu quelque chose de diabolique, intervient Diambéré ?
-Rien de tout ce que tu penses, ma chère Khoumba ! Chaque jour qui passe est un livre ouvert pour moi. Le temps est mon école ! Je suis surpris qu’avec l’approche de l’élection présidentielle du 24 Février (plus que trois semaines !) l’on parle encore de sacrifices humains.
-Mocirédin mon mari, nous sommes dans un pays à majorité composé de musulmans. Tout le monde connaît aussi l’engagement religieux des Catholiques ! Les Athées ? Il n’y en a presque plus. DIEU est partout présent. Partout, les hommes se consacrent à LUI.
-Cependant, tu remarques que partout, des choses pas catholiques encore moins musulmanes s’y déroulent ! La « chasse » aux personnes vivant avec un handicap reprend : les albinos, les aveugles, les handicapés moteurs, les fous…sont attaqués puis tués pour des sacrifices. Déjà lésés par mère-Nature, les voilà rejetés par leurs « semblables ??? » pour des raisons vraiment mercantiles !
-Mocirédin, mon cher et adorable époux, le monde est resté le même ! Tu me le rappelles souvent. C’est l’homme qui a changé. C’est lui qui ne veut plus réfléchir, se dire que la durée de la vie pour la majorité des vivants atteint rarement cent ans. Le monde, lui, n’a pas bougé d’un millimètre. Il n’a pas changé !
-Ajoute à cela Diambéré, que dans la tombe (même si certains peuples enterrent leurs morts avec leurs biens) les meubles et immeubles, l’argent accumulé licitement ou illicitement, les belles épouses, l’or, les métaux précieux,  la belle vie restent avec les autres sur terre pendant  que  sous terre, vous devriez répondre de vos actes durant votre « bref » passage dans le monde des vivants !
-Ne parle pas des autres, reste chez nous. Tu sais que dans la plupart des cas, l’on enterre le plus simplement possible. Tous les biens accumulés sur cette  terre des hommes, acquis honnêtement ou non, deviennent sources de querelles, de déchirements familiaux lors des partages d’héritage. Des enfants naturels apparaissent, à l’occasion,  pour corser la situation déjà tendue et ce « travail » pourtant bien pris en charge par la religion musulmane et le droit,  prend des tournures diaboliques par les violences et la durée d’exécution du partage!
-Les personnes vivant avec un handicap, surtout leurs parents, ne dorment plus sur leurs deux oreilles. Les organes de cette catégorie du genre humain sont recherchés, coûte que coûte, n’importe comment, pourvu qu’on soit élu ou nommé ! Voleur et receleur ne méritent-ils pas la même sentence ? Ce qui me fait mal, c’est l’inconscience des exécutants, des « tueurs », de ces barbares qui n’hésitent pas, face à des êtres démunis par rapport aux autres par la Nature, à leur ôter la vie sans frissonner! Que peut valoir le « bien » reçu après cette sale besogne ? N’est-ce pas une occasion inespérée, à l’entame de cette nouvelle année, de se ressaisir, de croire en DIEU. Demain existe. Il ne bouge pas. Impassible, il nous attend. Nous lui arriverons avec nos deux « sacs » contenant nos faits. L’orientation suivra : les uns iront en Enfer et les autres au Paradis tant rêvé!
-Prions tous ensemble que le mois de Févier 2019 soit le début d’une période de paix durable avec une campagne électorale et une élection présidentielle passées sans animosité, sans morts gratuites.
-Pour cela, Mocirédin, nous devons tous y croire (politiciens, exécutants de basses besognes, électeurs, populations…). Après tout, tôt ou tard (espoir !) nous laisserons la place aux autres. Pendant qu’il est encore temps, soyons ce que nos religions demandent : des hommes justes. >>
Sans sentir la lumière vive  du soleil qui éclaire maintenant la terre, Mocirédin s’étire, range son chapelet dans sa poche droite, plie sa natte de prière et demande à sa chère Diambéré Khoumba de lui apporter le « baawouya », ce reste de couscous  de la nuit arrosé de sauce de feuilles de haricot « Déré » bien soutenu par de l’arachide écrasée.


Idrissa Diarra, bakelinfo.com

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