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      Ruelle Sale
Une poussière fine couvre tout le Gadiaga, en ce début du mois de Juin. Une chaleur suffocante étouffe les hommes et les animaux. La respiration devient difficile. Les appareils de ventilation (climatiseurs, ventilateurs et même les éventails) ne sont pas toujours utiles car distribuant de l’air chaud. Avec cette électricité à faible intensité ces temps derniers et des coupures intempestives régulières, sans parler de cette eau boueuse qui coule des robinets depuis quelques jours, la vie ici, chez nous est impossible.

Après la Korité, le climat ne s’est pas tempéré. Il continue d’affoler les populations. L’aiguille du thermomètre affiche régulièrement des nombres alarmants : 45, 46,47° à l’ombre.
Diambéré Khoumba ne se plaint jamais, la pauvre femme. Une calebasse bien calée au-dessus de la hanche, retenue par la main droite, la grande dame se dirige vers le marché central, à l’image des canes qui reviennent des mares, c’est-à-dire sans se presser. Sa démarche, de tous temps, gracieuse, majestueuse, la fait suivre souvent du regard quand elle passe. 
Aux alentours de ce lieu public par excellence, des tas d’ordures vous accueillent « chaleureusement ». Un spectacle à éviter dans ce monde où chaque jour naissent de nouvelles maladies avec leur nom bizarre. C’est malheureusement là que les enfants choisissent pour en faire leur « terrain » de prédilection, de recherches dans des déchets provenant des maisons. A beau les chasser, ils reviennent beaucoup plus nombreux, ramassant des sachets puis les remplissant d’objets de toutes sortes, la plupart du temps, inutiles.
Diambéré Khoumba ne peut s’empêcher de crier sur ces gamins qu’elle a trouvés dans cet endroit mal famé avec des immondices qui débordent pour barrer la rue, montrant ainsi un visage hideux de la ville. En bonne mère de famille, elle accepte de « perdre » du temps pour sensibiliser ces innocents sur les dangers qu’ils encourent dans la fréquentation de ces lieux.
Mocirédin admire vraiment son épouse Diambéré Khoumba ! Toujours le sourire aux lèvres, qu’il pleuve ou qu’il vente, l’on situe difficilement les joies et les douleurs de cette dame.
L’homme trempe son turban dans de l’eau retirée des canaris pour garder un peu de fraîcheur quand il sortira. Nos rues n’ont pas d’arbres ! Il semble ne rien comprendre à la situation climatique, bien que paysan. Les saisons l’étonnent ! Elles deviennent plus désastreuses : il pleut moins, donc l’agriculture est chancelante, les cultivateurs affamés, les animaux malingres, les hommes d’une manière générale plus cruels, abattant les arbres asséchés par le manque de pluie et augmentant la désolation. Le changement climatique est bien là avec son lot de « malheurs ».
Mocirédin affiche son air sarcastique des jours de guerre. A qui s’en prendre ? Il ne le sait pas lui-même. S’il y a à blâmer, il fera partie du lot. Directement ou par inadvertance, il a participé à la destruction de notre environnement. Comme tous les vivants, il doit assumer. Au-delà du fait de la reconnaissance de ses propres erreurs, il faut une prise de conscience collective engageant toute la communauté vers un changement de comportements transformant  la descente « aux Enfers » en un autre CHANGEMENT CLIMATIQUE, contraire à ce que nous commençons de vivre de nos jours.
Que les belles saisons reviennent, que la nature reverdisse, que l’abondance se réinstalle, que les hommes reprennent leur sourire et les animaux leur vie insouciante.
Sans doute perdu dans ses rêveries, Mocirédin ne remarque pas le tas de pierres mis là par les enfants lorsqu’ils jouaient au football. Malgré le stoïcisme qui l’anime à cet instant, un cri s’est échappé de sa gorge desséchée. Il souleva brusquement le pied droit et se mit presque à danser. Il s’assoit un moment, se prend la tête entre les deux mains, respire fortement puis se relève gaillardement. La douleur du choc s’atténue. Il oublie les difficultés climatiques et fixe le ciel comme s’il cherchait DIEU ! Inspiré, il se dirige vers la mosquée de la Montagne Centrale. Il profite pour prier quelques « Rakas ».
Plus tard, il rentrera. Il retrouvera sa Diambéré Khoumba revenue du marché, gardant la même humeur. Le train-train quotidien reprendra son cours et Mocirédin noiera ses inquiétudes, après le repas,  dans un sommeil réparateur.
Idrissa Diarra, bakelinfo.com





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