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Maquillage Enfants Bakel

Les résultats des examens sont presque tous connus, sauf celui de l’Entrée en 6e, qui, du reste, est un concours, dépendant des nombres de places disponibles dans les Collèges d’Enseignement Moyen (CEM).

Mocirédin ne décolère pas ! Ses deux enfants, Mma Tokhora et Taata, se trouvant dans le fâcheux espace dit « Classes intermédiaires » sont croupis à la maison, à tout moment accroupis auprès des parents depuis le mois de mars 2020. Ils auront bientôt huit mois de vacances, presque une année scolaire NORMALE, sans grève, (de mars à novembre), huit mois de jeux insouciants pour ne pas dire inconscients dans les rues, huit mois de « charge parentale », huit mois au cours desquels les cahiers et les livres sont oubliés, huit mois de stress, déshabitués qu’ils sont de leur train- train quotidien : Maison-Ecole-Rue, huit mois de port de masques, huit mois de « confinement », huit mois sans retrouver les camarades de jeux traditionnels dans les cours bruyantes de récréation !

Si la nouvelle année commence pour tout le monde, malgré les précieuses précautions qu’on peut prendre, il faut reconnaître que les élèves des classes intermédiaires seront toujours les « PERDANTS » par rapport à leurs frères et sœurs des autres classes qui ont, au moins fait, deux mois de cours avant leurs examens !

Une rentrée en « escaliers » aurait permis de réajuster le manquement, en convoquant dès la mi-octobre ces classes intermédiaires, tout en laissant souffler les classes de sixièmes et de Secondes qui reprendront le chemin des Collèges et des Lycées, un mois plus tard, en mi-novembre. Un sacrifice supplémentaire pour les enseignants !

A situations exceptionnelles, mesures exceptionnelles ! Notre ECOLE, l’ECOLE SENEGALAISE a perdu trop de temps dans des mouvements de grèves évitables. Si les Autorités répondaient assez tôt aux sollicitations des travailleurs (surtout des enseignants) dès le dépôt des revendications posées sur leurs tables, certaines situations auraient pu ne pas exister ! Répondre aux cris des « Gorgorlous » ne signifie pas signer un accord non satisfaisable, mais en âme et conscience, écouter, puis en toute humilité, reconnaître ses erreurs et les rectifier (des deux côtés, Etat et Syndicats). Dans une discussion, il n’y a pas de

places pour des supposés complexes d’infériorité ou de supériorité. Le respect de l’interlocuteur entre dans le décloisonnement d’une rencontre.

Depuis plus d’une décennie (c’est même une honte de le rappeler), les Cahiers de Doléances déposés auprès des Autorités sont des photocopies des précédents Cahiers ! Les années se suivent et se ressemblent comme deux gouttes d’eau !

L’école perd en moyenne deux mois (quelle gentillesse !) par année scolaire, entre le retard des enseignants à reprendre normalement les cours à l’ouverture des classes, par faute de salles de classes (les abris provisoires), l’absence d’eau, de toilettes, d’électricité, de paresse (l’air des vacances est encore là !) ; les parents d’élèves retiennent aussi leurs enfants pour les travaux champêtres (les moissons) en cette période de l’année ou ce qui est plus grave, et ce n’est pas de leur faute, les cotisations (obligatoires) des Associations de Parents d’Elèves (APE), sans compter la pauvreté qui empêche de payer des chaussures (c’est la moindre des choses !) ou le matériel scolaire insuffisant que les Collectivités Territoriales déposent tardivement dans les établissements ; l’Etat, le garant de l’équité sociale, admire plutôt ses réalisations sans tendre l’oreille vers les revendications et les yeux vers la réalité du terrain !

Deux mois de cours perdus par année scolaire, en dix ans cela fait vingt mois, c’est-à-dire deux années scolaires et deux mois (presque un trimestre !) Que représente ce temps perdu dans la vie d’un élève et quels impacts auront-ils dans la formation intellectuelle et morale de ces enfants de cette période ? Ces lacunes les suivront jusqu’à leur mort ! Par notre faute, nous adultes, incapables de nous entendre, de nous comprendre sur le FUTUR de notre progéniture, nous sacrifions des générations d’apprenants, d’élèves qui auraient pu devenir meilleurs que ce qu’ils sont aujourd’hui, avec un niveau facilité par les trouvailles de leur époque, les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.

Pendant qu’il est encore temps, Etat, Syndicats d’Enseignants, Organisations des Parents d’Elèves, COSYDEP et tous ceux qui militent pour une école de QUALITE, doivent d’ores et déjà se mettre autour d’une table (ronde, carrée ou rectangulaire), qu’importe sa forme, pour sauver notre ECOLE PUBLIQUE, c’est-à-dire tendre la main à nos enfants qui n’attendent que ce geste pour se sentir heureux !

Idrissa Diarra

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