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          Mosquee Mociredin
Un peu plus d’un mois après la reprise des cours pour les classes d’examens (25 juin), tout semble marcher malgré les pluies qui perturbent de temps en temps dans certaines zones. Même si cela n’a pas été dit, à cause des intempéries, des classes (si elles ne sont pas des abris vraiment provisoires) n’ont pas ouvert leurs portes.
Comme tous les Sénégalais, les esprits ne voient et ne rêvent, en ce moment, que de moutons à quelques jours de l’AID EL-KEBIR, surnommée la « Grande Fête », la Tabaski, pour la majorité.

Le pauvre Mocirédin ne fait pas exception à la règle. Assis sur sa natte de prière, il est pensif, abandonné à une rêverie extraordinaire : il se voit, tout heureux, revenir du foirail avec un gros bélier qu’il tire avec beaucoup de peine, aidé par son garçon Taata, l’homonyme de son grand frère qui halète derrière l’animal. Le frère de Mma Tokhora a le visage illuminé, sentant d’ores et déjà l’odeur de la grillade des côtelettes de mouton et le bon et appétissant plat de viande, à l’heure du repas.
Diambéré Khoumba est revenue furieuse du marché. Par ses jérémiades, Mocirédin, tiré de sa rêverie, comprend que la bonne dame n’est pas du tout contente.
<<-Que s’est-il passé au marché pour que tu reviennes si démontée comme une mer ? A-t-on volé l’insignifiante somme que tu avais par devers toi ? As-tu eu une dispute avec une vendeuse (ce qui n’est pas de ton habitude), ma chère épouse ?
-Mocirédin, mon mari, la pandémie de la COVID-19 nous tue mais au marché, on veut nous égorger d’une autre manière, surtout les cardiaques ! Dis-toi que le prix de l’oignon et celui de la pomme de terre ont presque triplé, à l’approche de la fête. C’est inadmissible dans un pays de croyants, dans un pays où l’on se vante d’être musulman ou catholique. Le commerce demande qu’on fasse des bénéfices mais pas au point de placer le couteau sous la gorge de sa clientèle comme un mouton de Tabaski ! C’est inhumain ! Inhumain je répète, barbare, cruel, criminel, sadique !
-Diambéré Khoumba, l’oignon et la pomme de terre sont importants, mais l’essentiel, le principal c’est le mouton ! Sans mouton que valent les ingrédients ? Au foirail, c’est la foire des « sans cœur ». Aucune pitié ! C’est à qui parviendra à faire plus « d’affaires », c’est-à-dire plus de profits, quitte à être considéré comme un méchant, un impitoyable. Dès qu’on rentre à la maison, « riche », l’esprit est en liberté ; il ne participe plus à la réflexion : son problème devient l’AVOIR, coûte que coûte, sentir ses poches lourdement chargées. La provenance de cet argent, légale ou douteuse, importe peu !
-Papa ! Papa ! Il y a un homme qui te demande, dit Taata qui entre en courant dans la maison.
-Qui est-ce ?
-Je ne le connais pas. Monsieur, entrez !
-Bismillah, invite Mocirédin !
- Assalamou Aleykoum Mocirédin ! Vous ne me connaissez pas. Je ne suis qu’un petit berger, envoyé par mon maître. Pouvons-nous nous voir seuls devant la maison ?
-Bien sûr. Je te suis.
-Mocirédin, tu vois ce bélier ? Il t’appartient. C’est mon maître qui te l’offre.
-Comment s’appelle-t-il déjà ?
-Il préfère garder l’anonymat. Il t’appellera plus tard dans la soirée. Considère que pour la Tabaski, ton mouton est acquis. Occupe-toi maintenant des ingrédients.
-Diambéré Khoumba, viens voir ce que le bon DIEU nous a « donné » ! Allons à l’intérieur, je t’expliquerai tout en détail. Merci, monsieur le berger, remercie ton maître de ma part. J’attends son appel avec impatience.
-Mon mari, ce gros bélier vient d’où ?
-N’est-ce pas toi, ma chère épouse qui me disais de ne pas avoir de soucis pour des problèmes de mouton, que le bon DIEU est toujours là et nous viendra toujours en aide ? Eh bien ! Il est bien venu. Attendons ce soir pour avoir plus de renseignements sur le donateur.

-Allo ! Allo ! Est-ce bien Mocirédin ? N’aie aucune crainte, je préfère garder l’anonymat, mais sache que ce mouton t’appartient. Chaque année, selon mes bénéfices, je prévois d’aider des gens que je remarque dans la ville et qui ont peu ou pas de moyens. Je t’enverrai dès demain, 20 000 F par le même berger. Bonne fête de Tabaski. Prie pour nous.
-Diambéré Khoumba, tu as entendu ? En plus de ce gros bélier, il (cet envoyé de DIEU) m’enverra aussi 20 000 F par le même homme qu’hier. Comme quoi, j’ai eu la chance d’avoir dans mon foyer, une fée, un visionnaire, un être particulier qui sait lire…
-N’ajoute rien, mon mari ! C’est moi qui suis pleine de chance. Il suffit de te voir pour savoir quel genre de personne tu es. DIEU n’abandonne jamais ceux qui ont un bon cœur, et toi, tu es bon, Mocirédin.
-En tout cas, moi Mocirédin, bon ou mauvais, ma famille et moi passerons une bonne fête, grâce à DIEU. >>

Idrissa Diarra, bakelinfo.com

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