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troupeau moutons

Que le soleil darde ses rayons ou que la lune et les étoiles se cachent, noircissant la nuit, les hommes, eux, ne se soucient plus de cette pandémie de la COVID-19 qui atteindra dans quelques jours, dix mois de calvaire. Malgré la souffrance que l’on essaie coûte que coûte de refouler, d’oublier, la misère, elle, rampe plus vite que les reptiles, il est vrai ; elle se déplace à son rythme, plus dangereusement que les rampants.

Le pays est sournoisement enveloppé dans un mensonge qui ne dit pas son nom ! Avec la nouvelle rentrée des classes, après presque huit mois de vacances pour les élèves des classes intermédiaires, la vie scolaire reprend follement, dans une inconscience hallucinante : les apprenants sont assis par trois, sans masque, les mesures-barrières rangées dans les casiers, sans lave-mains, sans gels hydro alcooliques, sans thermo flashs. La pandémie, s’est-elle subitement transformée en maladie ordinaire ? Pourquoi ailleurs, plus précisément en Europe se reconfine-t-on ? Les Noirs sont-ils plus résistants que les Blancs face au virus ?

 

Mocirédin bâille puis tente, après la prière de l’aube, de se souvenir avec beaucoup de difficultés, d’un seul malade de la COVID-19 dans sa localité ! Son esprit pourtant très alerte se promène durant de longues minutes sans parvenir à en trouver un seul ! Pas un seul depuis le mois de mars, n’est-ce pas un miracle ? Avons-nous des organismes particuliers qui nous immunisent contre certaines maladies, ou est-ce que tout simplement ce CORONAVIRUS, avec ce nom qui effraie les innocents, la COVID-19, n’est-elle pas une invention des autres, pour nous apeurer, créer des vaccins, nous prendre comme cobayes, et plus grave, écouler tous ces produits chez nous. Ainsi, d’une pierre, ils auront fait plusieurs coups : nous sommes les « malades » qu’on vient secourir, ceux sur qui les essais se font, ceux qui achètent leurs vaccins et donc par ricochet qui les enrichissent ! Nous sommes ceux qui meurent par millions, flottant dans les eaux froides des océans et sur le sable chaud du désert. Nous sommes ceux à qui on refuse des visas et malgré tout qui s’entêtent à aller à « BARCA ou BARSAKH ».

Mocirédin se tourne et se retourne sur son lit défait à force de bouger. Il se relève, se place à côté des canaris, remplit la bouilloire et refait ses ablutions. A

chaque instant, des « ALLAH HOU AKBAR » déchirent l’air, perturbant le calme matinal de la maisonnée.

Diambéré Khoumba sort des toilettes, le pagne noué au-dessus des seins devenus presque plats à force d’allaiter. Dans sa démarche de reine, lente, majestueuse, elle laisse échapper un son incongru de la bouche de son mari admiratif devant tant de grâce, ce matin de bonne heure !

<<-Comment va mon mari, lance-t-elle en l’air, sans s’attendre à une réponse ?

-Pourquoi me salues-tu, Diambéré, répond, étonné Mocirédin ?

-Parce que tout simplement, cela fait plus de trente minutes que je ne t’ai pas vu ? N’ai-je plus le droit de m’enquérir de la situation de mon époux ?

Après un long silence gênant, Mocirédin grommelle quelques mots inaudibles. Pour échapper à la curiosité de sa femme, il déplie sa natte et commence à prier.

-De toutes les manières, tu me répondras après ta prière, dit en souriant Diambéré Khoumba !

Mocirédin prend tout son temps : tout juste après les deux longs « rakas » qu’il vient de terminer ; il garde le silence, se concentrant uniquement sur son chapelet, semblant ignorer la présence de Diambéré Khoumba. Cette dernière joue aussi le jeu et fait, à son tour, semblant d’ignorer son mari. Le jeu de cache-cache dure un moment puis Mocirédin accepte de regarder son épouse, les yeux dans les yeux.

-Diambéré, ma chère Khoumba, ton mari va bien, parvient-il à prononcer ! Il est tout simplement désespéré ! Dans ce monde nouveau et plein d’incohérences, pendant que les embarcations chavirent dans les mers avec des centaines de nos enfants prêts à mourir pour respirer l’air Européen, que nos pêcheurs sur place, chez nous, le long de nos côtes, souffrent d’une nouvelle maladie qui couvre leur corps de boutons bizarres, le diabète, l’insuffisance rénale, la drépanocytose, le paludisme, la tuberculose, le SIDA…continuent de tuer des millions de personnes à travers notre planète. Chaque jour qui passe transporte avec lui de nouveaux malades. Les Scientifiques ont du pain sur la planche ! Des recherches ? Ils en feront nuit et jour, sans peut-être rien découvrir, laissant les milliards d’êtres humains stressés de se sentir vulnérables. La vie continuera : des hommes mourront ; d’autres naitront dans la souffrance, la misère, sans connaître un seul instant de bonheur. Diambéré Khoumba, comment vois-tu cette situation ?

-Je la déplore et pense que nos politiciens devraient avoir une autre attitude ! Les populations sont fatiguées. A part les innombrables maladies qu’elles ont eu à supporter sans aucun moyen, elles ont traversé durant cette saison des pluies, des catastrophes : inondations, foudres, famines…Nos enfants peinent à déchiffrer les lettres les plus simples du syllabaire pourtant bien maîtrisées autrefois grâce aux enseignants de la trempe de messieurs Diaman Bathily et Boubacar Sidy Sakho, des hommes engagés pour le bonheur de leur terroir à travers ce qu’ils ont appris, la pédagogie. Les leçons de morale et d’éducation civique ne servent plus à rien. Où sont les EXEMPLES ? Les jeunes voient, chaque jour les adultes médire puis se dédire, et à l’image des animaux, ils transhument vers des prairies plus « vertes ». L’honneur, la dignité, le sens de la parole donnée, ces vertus n’ont plus de valeur ! Maintenant aux yeux du monde, seul l’argent compte ! Tu ne comptes plus si tu n’as pas de comptes bancaires. Tu as beau présenter une mine de sage et mieux, des faits avérés vertueux, tu ne comptes plus car tu n’as pas de comptes. Comme grand-père va auprès des enfants, les soirs de clair de lune et raconte de beaux contes qui, peut-être, transformeront certains d’entre eux. Mon mari, comme toi, je suis désespérée ; mais en bons croyants, prions pour que DIEU nous sauve encore une fois !

-Amen !>>

Idrissa Diarra

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