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                   greve 1
Quand est-ce que le système scolaire sénégalais se redressera ? A quand la fin des mouvements de grève dans l’enseignement : du Préscolaire au Supérieur en passant par l’Elémentaire et le Moyen Secondaire ? A quand cette prise de conscience pour permettre à nos enfants d’étudier, de bien savoir où poser les pieds pour ne pas suivre nos pas qui les mèneront droit sur des chemins tortueux ?
Comment faire comprendre aux deux parties en « lutte », c’est-à-dire l’Etat et les Syndicats d’enseignants l’importance de l’éducation ?


Pourquoi depuis des décennies, les mêmes revendications reviennent à chaque fois ?
Où trouvera-t-on les ressources intellectuelles d’abord, puis matérielles pour oublier cette crise qui perdure ?
Quelles stratégies faut-il adopter pour les « Réconciliateurs » face à deux « belliqueux » belligérants tous sourds, chacun se campant sur sa position ?
Qui baissera les armes le premier ?
Mocirédin a des regrets ! Au lieu de perdre son temps et celui de ses enfants, il aurait dû les confier à Thierno Wane, le marabout du quartier qui leur aurait enseigné les versets du Saint CORAN tout en les guidant vers le droit chemin. Mma Tokhora et Taata seraient aujourd’hui des enfants éduqués qui maîtrisent en même temps les versets du CORAN. Cela ne peut pas les empêcher d’apprendre quand ils le voudront d’autres langues.
Mocirédin ne veut pas faire de comparaisons mais quand il se rappelle, au tout début des indépendances, au moment où son cousin Idy Kanouté étudiait au Collège d’Enseignement Général (CEG) à Tambacounda, l’Ecole française, sans être un rêve pour les jeunes, représentait quand même une motivation pour « sortir », voir ailleurs, connaître, mieux connaître, beaucoup connaître pour se rendre utile.
A l’époque, les professeurs blancs venaient de la France ou des Etats Unis d’Amérique. Pour son cousin ayant quitté son Gadiaga natal pour la première fois, se trouver devant des messieurs comme Carpentier, Rouquet, Azoulay, Tilton, Colladon, Adelin… puis s’adapter à leur accent, s’habituer à leurs manières particulières de les considérer, eux, les petits colonisés, étaient une autre paire de manches.
Tout leur était distribué gratuitement à ces élèves d’autrefois dans cette vaste région du Sénégal Oriental: les cahiers, les livres, le matériel de géométrie, du papier bleu pour protéger les manuels et, cerise sur le gâteau, une petite bourse (quelques pauvres billets de banque) qui faisait la joie des petits collégiens comme Gouda Soumaré, Saiba Cissokho, Lassana Diouara, Lamine Diallo et Boubacar Sylla de Kédougou, Yougoudou Diarra de Gabou, Demba Diaw et Demba Thiongane de Kidira, Cheikh Omar Kaba, Hamidou et Bassirou Tandjigora de Tambacounda, Ibrahima Diabé Bathily et Astou Tandia de Bakel, Gaston Sangaré de Koussanar,  Nfaly Ndao et Diène Ngom de Koumpentoum et même Oumar et Boubacar Mancou Bâ de Kolda… 
Au niveau de l’élémentaire aussi, rien ne manquait : les cahiers, les livres, les protège-cahiers, les porte-plumes, l’encre…
Dans certaines villes, pour permettre aux enfants démunis d’être dans des conditions assez acceptables, des internats et des cantines scolaires facilitaient la poursuite de leurs études.
C’est en 1968 que les étudiants de la seule Université d’alors, du Sénégal, avaient déclenché une grève, repoussant ainsi tous les examens de Juin  à  Octobre (CEPE, BEPC, BAC).
Des mouvements importants de grève ont suivi plus tard avec le grand SUDES, au cours de l’année scolaire 1979/1980, par exemple.
A l’époque, les enseignants étaient UNIS, regroupés au sein de deux syndicats forts, dont l’un, le SNEEL était progouvernemental. Les syndicalistes, de tous bords, interlocuteurs du Gouvernement, n’avaient qu’une seule ambition, permettre à l’ECOLE SENEGALAISE d’être parmi les meilleures d’Afrique en dispensant un enseignement de qualité tout en essayant de l’adapter aux exigences de ce moment (toujours d’actualité) avec l’enseignement de nos langues maternelles.
Au-delà des « guerres » d’écoles pédagogiques, l’engagement des formateurs était tel que les parents d’élèves adhéraient à la vision de ces précurseurs, ces hommes et ces femmes disponibles et disposés au sacrifice, au don de soi pour le bonheur des petits sénégalais.
La Politique est arrivée ! Elle a tout chamboulé, en commençant par elle-même : du parti unique, notre pays flirte avec presque trois cents partis politiques. Certains sont composés seulement du déclarant, de sa première épouse et de son deuxième enfant tandis que d’autres n’ont même pas de siège social.
Les syndicats ont imité les partis politiques pour se retrouver comme eux, atteignant plus de deux cents. Au niveau de l’enseignement seulement, on dénombre une trentaine de syndicats.
Comment voulez-vous que, dans un pays en voie de développement, avec seulement seize millions d’habitants, on ait autant de partis politiques et de syndicats !
Mocirédin se lève brusquement et pense à ce que son cousin Idy Kanouté lui disait souvent :
<< Tout cela c’est la faute de la démocratie !>> Il faut un DICTATEUR pur et dur chez nous pour mâter les paresseux qui ont choisi uniquement comme profession la politique et/ou le syndicalisme. Ils sont en train de tuer notre pays à petit feu en créant des clones parmi les jeunes.
L’Etat ne doit-il pas revoir les priorités et éliminer les Institutions et les Agences budgétivores, diminuer le nombre de Ministres, de Conseillers qui ne conseillent jamais et même revoir à la baisse le nombre des Députés à 90 au lieu de 150 ? Si les enseignants abandonnent les salles de classes pour la rue, c’est qu’ils sont frustrés, abusés qu’ils sont par la signature d’accords jamais respectés. Voyant chaque jour le train de vie des autres qui ne font rien que « parler » montait en flèche vers le ciel tandis qu’eux, les TRAVAILLEURS, les vrais, végètent à la recherche de l’invisible queue du diable. Ils ne peuvent réagir qu’ainsi.
G 7, G 20 et le reste G 273 (300 – 27) doivent se dire que l’UNION FAIT LA FORCE ! Mocirédin a entendu sa fille Mma Tokhora lire cette citation un jour.
Le pauvre homme, à côté de son épouse Diambéré Khoumba, veut s’adresser à l’Etat et aux Enseignants :
<<-Nous, pauvres citoyens, n’avons que l’école publique pour nos enfants. Nos moyens ne nous permettent pas de les inscrire ailleurs.
-N’est-ce pas l’école publique, cette école aujourd’hui délaissée par les nantis, qui a formé les premiers cadres de notre pays, intervient l’épouse adorée ?
-Bien sûr Diambéré ! Alors messieurs, mettez-vous autour d’une table. Qu’importe sa forme (ronde, carrée ou rectangulaire), l’essentiel pour nous c’est qu’elle permette aux enseignants de recevoir leurs fonds afin qu’ils se mettent au travail et sortent notre pays de cette situation regrettable de ni-paix-ni- guerre.
-J’ai confiance en la capacité de réconciliation des régulateurs sociaux de notre pays, ajoute Diambéré Khoumba.
-NOS ENFANTS MERITENT MIEUX QUE CE QU’ILS VIVENT EN CE MOMENT, ayons pitié d’eux, finit par dire Mocirédin, les yeux rouges de colère et pleins de larmes. >>


Idrissa Diarra, bakelinfo.com
  

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