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Banditisme Bakel
La beauté de l’étoile ne se remarque surtout qu’en soir de clair de lune, quand tout lessivé par les travaux harassants de la journée, l’on s’accorde le malin plaisir d’étaler sa natte pour s’étendre, face au ciel, sans aucun toit !

Aura-t-on d’ailleurs le temps de savourer ces lumières célestes que déjà Morphée nous tend ses bras invisibles et ensorcelants pour nous endormir en nous faisant perdre les belles images de rêve de la nuit ! Ah ! Dormir à la belle étoile !

A son âge, Mocirédin veut bien tenter à son tour de voir et rêver les yeux ouverts sur les merveilles de la nuit, mais le froid de ces derniers jours l’inquiète. A bien réfléchir, il comprend aujourd’hui, pourquoi il n’a jamais été ébloui par l’émigration : le froid de l’Europe dont il entend parler l’a totalement convaincu que sa place ne se trouve que dans son Bakel natal seulement. Pas ailleurs !
Diambéré Khoumba, son épouse, elle, ne s’aventure pas à passer la nuit dehors. Avec les lourds travaux des longues journées, se coucher ailleurs que dans sa chambre l’indispose : elle a un sommeil très léger. Au moindre bruit, elle se réveille.
Nuit ! Nuit noire ou nuit de clair de lune, nuit des sacrifices, nuit des secrets, nuit des murmures d’amoureux loin des regards curieux et envieux, nuit des ombres qui couvrent la terre et la protègent, nuit cependant qui permet aux grands bandits de s’évanouir dans l’obscurité pour commettre des atrocités, des animosités, des choses inadmissibles pour un esprit simple, nuit qui profite aux hommes et aux bêtes pour s’assoupir, se détendre sans pression, nuit diabolique, tu es mystère.

Et pourtant, quelque part sur cette même terre, comme ici au Sénégal, des « travailleurs » d’un genre particulier tirent avantage du sommeil des pauvres populations pour accomplir des prouesses dignes des grands bandits des pays développés !
Ils n’ont plus peur de rien. A l’image de nos enfants qui pensent << Barça ou Barsakh >>, rien désormais ne les retient. Au prix de leur vie ou de celle de pauvres témoins, ils tuent sans hésitation et s’accaparent des biens d’autrui que ces derniers ont difficilement acquis.
Chaque jour qui passe voit des faits impossibles à imaginer, il y a quelques années : des banques, des boutiques, des stations d’essence, des maisons de paisibles citoyens sont attaquées, occasionnant la plupart du temps des pertes en matériel mais surtout en vies humaines.
Alors que les travailleurs de la SONACOS lancent leur cri de cœur pour que l’Etat leur vienne en aide en ce qui concerne le prix du kilogramme d’arachide, d’autres travailleurs du côté « opposé », chez les Chinois, pleurent l’attaque d’un point de vente qui a permis à des malfrats de disparaître avec plus de vingt millions dans la nature.
Malgré le nombre d’agents de sécurité recrutés puis formés qui augmentent chaque année, malgré le renforcement sécuritaire dans nos frontières malheureusement « poreuses », la délinquance, surtout le grand banditisme confondu parfois au Djihadisme s’accroit au grand dam des populations !
Mocirédin s’étonne que l’insécurité s’installe de plus en plus, de jour en jour, dans le pays profond, jusque dans ses endroits les plus reculés. Les jeunes (hommes) sont indexés pour ces activités malsaines même si, de temps en temps la gente féminine y est dangereusement mêlée.
L’époux de Diambéré Khoumba, le pauvre Mocirédin est inquiet pour l’avenir de ses deux bouts de bois de Dieu : Mma Tokhora et Taata. Quelle éducation leur faut-il pour qu’ils n’empruntent pas les « broussailles », c’est-à-dire les chemins compliqués et indirects qui conduisent généralement vers la déperdition ? Quelle ECOLE (Famille ? Rue ou Ecole Formelle ?) doit prendre en charge l’éducation de ses enfants ? Actuellement, est-ce que ces trois ECOLES réunies peuvent régler leur situation, d’autant plus que les trois « établissements » n’utilisent pas les mêmes méthodes pédagogiques ? Rien de sûr !
Le « nouveau monde » qui roule à une vitesse de fou, à un mouvement si exagéré vers le banditisme, exaspère tous les honnêtes citoyens du pays. Comment inverser la tendance ? Permettre aux populations de dormir paisiblement, en toute sécurité ?

En âme et conscience, Mocirédin pense que la solution ne peut venir que de l’EDUCATION. Reste à savoir laquelle des EDUCATIONS fera l’affaire !
Les Autorités doivent montrer le bon exemple. Elles doivent (c’est un devoir) être des modèles pour ceux qu’elles représentent dans les différents compartiments de l’Etat. Que la corruption, les blanchiments d’argent, les vols spectaculaires de deniers publics quittent nos espaces de décision, notre société. Que les populations soient vigilantes, plus « mures » pour comprendre que leur salut, c’est-à-dire leur bonheur ne peut venir que de leur engagement, leur propre volonté de contrôler à leur manière ceux qui les gouvernent.  <<La confiance n’exclut pas le contrôle !>>
Peut-être qu’en trouvant du travail pour les jeunes, en les occupant, en étant plus juste dans le partage des biens du peuple, quand les décideurs s’assagiront, quand les hommes et les femmes seront choisis et mis à la place qu’il faut sans aucune influence financière, une prise de conscience se fera de la part des « malfaiteurs ».

Rêvons de ce monde meilleur qui n’est pas impossible. Il faut la volonté de tous !

Idrissa Diarra, bakelinfo.com

 

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