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MociredinPolitiqueMai17

Il fait presque jour : les ombres de la nuit se faufilent sans bruit pour laisser la place à la lumière de l’aube. De gros nuages noirs gorgés d’eau commencent à déverser sur la terre encore mouillée par la pluie de la veille, de grosses gouttes fraîches qui perturbent les animaux de la maison (les deux moutons de Mocirédin, la chèvre de l’épouse Diambéré Khoumba et les pigeons de Taata).

 

Personne n’osera se plaindre de manque de pluie cette année ! De la fin du mois de juin à nos jours, il pleut, Mach Allah ! La nature de l’homme étant l’insatisfaction, des plaintes provenant des éternels râleurs bourdonneront encore et toujours dans les oreilles de ces citoyens, grands croyants, les tympanisant pour n’avoir pas épousé leur point de vue. Et la vie continuera !

Diambéré Khoumba s’est levée, comme à son habitude, avant le premier chant du premier coq du village ! Cela remonte à plusieurs années en arrière, au tout début de son mariage avec Mocirédin, le père de ses deux enfants : Mma Tokhora et Taata. Pour éviter de rencontrer sa belle-mère dans la zone des toilettes, à l’époque simplement représentées par une clôture en paille, la bonne dame prenait toutes les précautions possibles pour ne pas voir ou être vue par la « mère de son mari ». En appliquant cette pratique devenue coutumière, elle suivait à la lettre quelques précieux conseils de ses parents, en particulier sa mère.

Diambéré Khoumba bondit de surprise quand elle se rendit compte qu’elle n’avait pas, par devers elle, son masque de protection alors qu’elle balayait la cour sablonneuse de leur demeure, bien trempée ce matin de bonne heure.

Peu à peu les bruits du jour s’installent. Plus aucune trace nocturne ! Avec les vacances scolaires venues chambouler le rythme normal de la vie des élèves, les bruyants syndicalistes de l’Education sont obligés de marquer, contre leur volonté, une pause et poser pour un moment, dans leurs casiers, leurs baluchons à l’intérieur desquels leurs revendications dorment.

La vie, cependant, a repris son cours normal : le Grand Magal de Touba, sans surprise, a regroupé des millions de personnes. Est-ce que cette rencontre religieuse va servir de déclic pour bouter hors de notre pays la COVID-19, être le point de départ d’un développement économique ? DIEU seul le sait !

Les marchés, les transports en commun, les mosquées, les rues, les maisons, ont renoué avec leurs vieilles habitudes : l’animation, le « je-m’en-foutisme », c’est-à-dire le laisser-aller total, ne respectant plus les mesures-barrières (port d’un masque de protection, lavage des mains à l’eau et au savon, utilisation de gel hydroalcoolique, distanciation physique, éviter de se serrer les mains, tousser dans le creux du coude…), piétinant ainsi les règles élémentaires établies par la bienséance.

<<-Mma Tokhora, s’il te plaît, trouve-moi mon masque dans la chambre, dit Diambéré Khoumba à sa fille.

-Ton masque n’est pas dans la chambre, Mma ! Il est là sur le banc, répond rapidement l’homonyme de sa belle-mère. Pourquoi s’obstiner à porter un masque bien négligé en ce moment par les populations, maman ?

-Ma fille, si chacun se dit : cela n’arrive qu’aux autres, les hôpitaux déjà insuffisants risquent d’être envahis par des millions de malades à la COVID-19 !

-De quoi parlez-vous, les dames, demande Mocirédin au pas de la porte ?

-De masques, mon mari. Surtout de l’incapacité, de l’inconscience des hommes à respecter les mesures-barrières, répond Diambéré Khoumba.

-Les mesures-barrières, les mesures-barrières, les mesures-barrières ! C’est vrai qu’elles barrent la route à la COVID-19, mais il y a pire, en ce moment dans le pays, s’inquiète Mocirédin !

-Que se passe-t-il de si extraordinaire, encore, chez nous, dans notre pays, s’alarme à son tour l’épouse ?

-Malgré ces sept mois de pandémie avec plus de trois cents morts (314 exactement), malgré la dégringolade de l’économie mondiale n’épargnant pas notre pays, malgré les difficultés que rencontrent les populations meurtries par le confinement, l’inactivité, les intempéries, la crise économique, je m’étonne que les adultes, les adultes de mon pays, se comportent comme de petits enfants. Je me demande, car je ne comprends toujours pas pourquoi, alors que le pays souffre, que les politiciens s’adonnent à leur jeu préféré : « le dénigrement ». Prenant en otages les pauvres populations, ils s’amusent à détourner leur attention des réalités honteuses, pas belles à voir ou à entendre ! Les Pouvoirs pléthoriques pour un pays en voie de développement (Exécutif et Législatif) qui rognent notre maigre budget, le Pouvoir Judiciaire mal aimé et qui s’entredéchire, la Grande Muette ( l’Armée) qui commence à trop parler, les

inondations sont là dans la mémoire des banlieusards, partout dans le pays, les abris provisoires existent toujours, les enseignants manquent, les agents de Santé aussi, les agresseurs, les voleurs, les bandits empêchent les paisibles populations de dormir ; bien que des kits alimentaires aient été distribués dans tout le pays, en cette fin d’hivernage, des mesures similaires doivent encore être renouvelées pour secourir les nombreux sinistrés des inondations, ceux qui ont subi les effets néfastes du confinement, et naturellement les pauvres qui vivent depuis toujours dans certaines zones inimaginables, poussant les jeunes (cette tranche d’âge normalement la plus active) et même les adultes et les femmes à se sacrifier dans des embarcations de fortune pour aller en Europe, chercher l’impossible laissé sur place.

-Au lieu de « s’insulter » par presses interposées, de polémiquer, de se dénigrer, de se donner en spectacle aux yeux du monde fatigué par les problèmes récents du foncier, les détournements de deniers publics, les interrogations pas encore clarifiées sur le Pétrole, les animaux protégés illégalement déplacés, les faux billets et la drogue qui circulent là où on les attend le moins, ne faut-il pas gouverner « légalement » ou s’opposer farouchement, en tenant compte des millions de Sénégalais qui n’ont pas voté et ne voteront pas pour des politiciens imbus de leur personne et ne travaillant que pour leur intérêt crypto personnel ? Mocirédin, mon mari, nous ne pouvons pas ne pas choisir, ne pas élire un Président ou des Députés, mais nous avons la possibilité de réfléchir pour faire un bon choix sans accepter d’être corrompus.

-Diambéré Khoumba, à chaque élection, nous nous disons : nous allons élire une nouvelle race de Dirigeants, des politiciens « intègres », des hommes et des femmes n’ayant en tête que le développement de leur terroir, le bonheur des populations de leur localité. Mais ces perles sont tellement rares à trouver ! Ouvrons donc nos yeux. Soyons vigilants. Observons avec beaucoup d’attention notre environnement. Peut-être que sous les millions de pierres de nos collines, de nos collines de Diabé Guidé, de Fandalé, de Guidimpalé, de Guidinkhama, se cache cette « pierre » rare que nous cherchons, notre MESSIE, notre SAUVEUR !>>

Idrissa Diarra

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