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       Avenir Sombre Mociredin
Est-ce le même ciel, se demande Mocirédin, qui se trouve partout au-dessus de nos têtes ? Sa situation « dégradante » d’illettré et son âge avancé qui ne lui permettent plus de penser à augmenter ses connaissances font que l’époux inconsolable de Diambéré Khoumba se morfond sur sa natte de prière, attendant un espoir qui ne veut vraiment pas sourire au pauvre homme.
L’avenir du monde s’obscurcit. Les hommes deviennent des bêtes. Ils ne réfléchissent plus. Comme des animaux, ils agissent instinctivement. Ils détruisent la nature. Ils s’entretuent. Ils n’attendent plus la mort, naturellement. Ils enlèvent par millions des vies humaines à travers leurs inventions sordides, leurs créations macabres, leurs imaginations effarantes.
Chaque jour qui passe ne repasse plus mais devient un jour de casse où trépassent des millions de sans-abris, des malnutris, des contaminés à tel ou tel virus de la création de l’homme !

Les riches, pourtant moins nombreux que les « malheureux » pauvres, bien que solidaires entre eux, n’échapperont pas à la sentence divine un jour ou l’autre.
Le grand nombre, la grande masse, le gros peuple, la population des démunis, ce monde hétéroclite dans sa misère devait profiter de sa situation de majoritaire pour changer les données, transformer le monde en sa faveur, à la volonté des hommes et des femmes fatigués de « survivre », obligés de s’unir pour sortir la tête de l’eau, respirer comme le ferait un être normal, pensant, devenant humain, capable de réfléchir, de partager, de cohabiter harmonieusement avec son prochain.
La minorité divise ! Elle a raison. Il est plus facile pour un petit nombre de personnes de s’entendre quand on partage les mêmes intérêts, que s’il s’agit d’une foule épaisse, noire de gens misérables, affamés, malades, pensant plutôt au présent qu’à ce qui adviendra demain. Le pauvre, à un certain degré, agit machinalement : c’est son instinct, celui de la survie qui le guide. Il a des œillères. Il ne voit que dans un seul sens !
Pour changer le monde, notre monde, il faut un « surhomme », plus <<GRAND>> que les pauvres ou « humain » parmi les aisés, dans la minorité. Il doit être un génie, capable de se faire écouter et de faire appliquer ses directives. Il sera rassembleur, porteur d’espoir, une sorte de messie pour l’humanité.
Le monde a besoin d’être purifié, lavé à grande eau de tout ce qui l’enlaidit, l’appauvrit, le déshumanise : il lui faut un grand homme, avec un « H » majuscule, une sorte de « Prophète », un harangueur de foules, un dirigeant béni par DIEU et écouté par tous, menant à la baguette, comme une fée, les hommes et les femmes, afin qu’ils vivent en harmonie, dans la solidarité, la paix, le partage.
Où trouvera-t-on alors ce « surhomme », cet homme au-dessus de la mêlée, incroyablement compris par tous car incarnant des vertus rares ? S’il n’existe pas ce faiseur de miracles, il va falloir le créer, collectivement par la majorité de pauvres et la minorité de riches.
Pour une suite favorable de la survie de l’homme, pour que les guerres, les maladies et autres calamités disparaissent de la surface de la terre, pauvres et riches doivent être liés, unis, soudés pour le meilleur afin d’effacer à jamais le pire. Les yeux, à partir de ce moment, doivent regarder dans la même direction et les hommes vivre solidairement, se partager tous les biens, agir et réagir en communauté.
Mocirédin fouille la poche droite de son boubou bleu déteint par le temps et rencontre son chapelet de tous les jours, le même qu’il conserve depuis plusieurs années. Il l’égrène, priant que le bon DIEU sauve l’humanité de ces malheurs qui ne finissent pas, qui se renouvellent au contraire, chaque jour.
Un jour viendra, je suis sûr, se dit-il, pour mettre fin à son monologue, les hommes, tous les hommes du monde, sauront que les biens de cette terre ne sont pas éternelles et qu’un jour qui n’est pas loin, ils les abandonneront là, pour les autres et s’en irons, sans savoir comment les vivants, après eux, les utiliseront.
Autant, déjà, les partager, de leur vivant, pendant qu’il est encore temps !
Idrissa Diarra

 

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