BAKELINFO.COM

La Voix du département de Bakel

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 

             Ecole IMBD Bkl
L’homme, pour se situer, a toujours eu besoin de se mesurer, de s’auto-évaluer, de se soupeser, de se comparer aux autres.
Dans nos écoles, les évaluations se font maintenant, dans la majorité des écoles élémentaires par trimestre tandis qu’au niveau du Moyen et du Secondaire, ce contrôle est semestriel.
Quelle différence avec la période des « anciens ». Les compositions étaient mensuelles à l’élémentaire alors qu’au Moyen et au Secondaire, elles étaient trimestrielles, permettant aux parents d’élèves de connaître la situation de leurs enfants avant les fêtes de Noel, de Pâques ou au tout début des grandes vacances.

Mocirédin ne s’habituera jamais à cette nouvelle manière d’évaluer, nostalgique qu’il est de l’ancienne méthode. C’est lui qui allait chercher le carnet de notes de son neveu et il en profitait pour s’entretenir, par la même occasion, avec le Surveillant Général, sur le travail de Mouhamadou Moustapha. Rien ne se cachait : le travail, la discipline, l’assiduité… tout était révélé au parent qui retournait à la maison, connaissant mieux son protégé sur le plan scolaire.
L’Ecole a malheureusement changé de visage en transformant avec elle ses différents intervenants.
Qui intervenait autrefois dans les écoles ?
D’abord l’Etat : les écoles publiques recevaient, autrefois, presque tous les élèves. Quelques écoles dites confessionnelles captaient les fils de quelques rares privilégiés et les enfants des Catholiques qui apprenaient en plus du programme national le Catéchisme.
Ensuite l’aide internationale à travers les ONG était remarquable ;
Et enfin une participation conséquente des populations, surtout en émigration bouclait la boucle avec la construction de salles de classes, de dons de fournitures et même dans certaines zones des aliments pour les cantines.
Tout ou presque tout était à portée de main. A part le sac de l’élève, tout était gratuit !
De nos jours, les écoles publiques, bien que bondées, pleines à craquer, ne sont plus courues comme autrefois. Les écoles privées, surtout Catholiques, qui dament le pion aux privées laïques et aux écoles publiques, grâce à leurs excellents résultats aux différents examens et à la discipline qui y règne, sont recherchées comme de l’or.
Mocirédin regarde ses deux enfants assis à côté de leur mère Diambéré Khoumba, dans la cuisine et tout de suite, l’envie de verser quelques chaudes larmes lui passe par la tête. A quoi bon, se dit-il ? Pleurer pourra-il me ramener à hier, survoler le temps pour atterrir dans le passé, me ressourcer auprès de nos ancêtres puis avoir la force et surtout le courage de revenir « sur terre » et transférer tout ce que j’ai pu puiser de bon dans ce passé fécond et l’enseigner à la nouvelle génération.
De sa cuisine, Diambéré Khoumba ne quitte pas des yeux, son époux, rongé par la nostalgie d’un passé qui ne reviendra plus et inquiété par le comportement actuel des acteurs, de tous ceux qui tournent autour de l’ECOLE.
La dame connaît bien son mari pour avoir vécu à ses côtés durant presque deux décennies. Elle comprend tous ses faits et gestes, même son silence.
Aujourd’hui par exemple, elle sait que « son » Mocirédin, tout plongé, qu’il est dans ses pensées, ne veut aucunement être « réveillé ». Elle le laissera rêver les yeux bien ouverts, perdu pour notre « monde ».
Mocirédin est loin du présent : son esprit saccage avec beaucoup de dégâts l’espace compris entre hier et maintenant, traverse le temps et remonte la pente vertigineuse vers « tout de suite ».
Que c’est triste ! Que vont devenir nos enfants avec ce cycle infernal qui vient de débuter : débrayages, journées entières de grève, marches, conférences…Les classes sont fermées, les politiciens de tous bords ne récitent que les leçons déjà entendues : << Tout va bien, le Président déroule bien son programme ou de l’autre côté – Tout va mal avec l’augmentation du prix de l’électricité et des denrées de première nécessité sans compter l’arrestation de quelques membres de l’Opposition ou de la Société Civile>>.
Mocirédin regrette. Il regrette beaucoup que dans ce monde, on parle trop sans agir ! Depuis les premiers jours des Indépendances Africaines jusqu’à nos jours, la salive a beaucoup coulé mais le développement n’a jamais suivi : rien que des paroles seulement ! Il faut des actes. Agir aujourd’hui, demain agir, beaucoup agir, toujours agir et parler peu, sans jouer au muet, ne s’exprimer qu’en cas d’extrême nécessité et cesser de tympaniser les populations avec des paroles politiciennes !
Demain sera peut-être le bon jour ! Il peut l’être mais à condition qu’on se mette au travail, en cessant de « palabrer » pour emprunter le succulent verbe de mon cousin Ivoirien, qu’hommes, femmes, jeunes et vieux se retroussent les manches : STOP A LA POPITIQUE POLITICIENNE ! AU TRAVAIL !


Idrissa Diarra, bakelinfo.com
 

 

Vous souhaîtez soutenir

Bakelinfo :

Chroniques du Mardi

Religion

Actu. locale

Nous avons 449 invités et aucun membre en ligne