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La Voix du département de Bakel

Issiyakha Timéra a fait son choix de vie et il y croit. Pour lui, l’agriculture est le présent et l’avenir de notre pays, elle est la voie la plus indiquée pour la création de richesses et l’émergence, si elle est modernisée et bénéficie du soutien qu’il faut en termes de moyens, de formation et de suivi. L’engagement d’Issiyakha Timéra pour l’agriculture est très fort, sinon total. Pourtant l’homme était destiné à un autre secteur parce qu’ayant subi une formation en électricité et en électronique. Le cours de sa vie a pris, résolument la direction des périmètres agricoles, grâce à une convergence de facteurs qu’il explique dans cette interview accordée à yafera.net.


Yafera.net : Est-ce par pitié de voir la Méditerranée engloutir par milliers les âmes de la jeunesse que tu invites à un retour vers les champs et la prospection intérieure ou c’est plutôt une conviction bien plus grande que cela ?

Issiyakha Timéra : L’une et l’autre .D’abord, souvenez-vous lorsque, vers les années 2007-2008, le concept « barça ou barzah » avait fait son apparition et durant lequel on avait vu les jeunes sénégalais s’empresser contre vents et marées pour défier les eaux dangereuses d’une Méditerranée devenue depuis lors le tombeau du désespoir humain. A l’époque, les gouvernements, sénégalais et espagnol, dans le but de lutter contre cette nouvelle forme d’immigration, signé des accords dans lesquels 4000 visas espagnols avaient été accordés à des jeunes sénégalais selon leurs qualifications même si la suite avait été d’une toute autre histoire une fois en Espagne.

L’autre aspect, c’est qu’en 2008, parti installer des panneaux solaires dans la maison d’un colonel des sapeurs pompiers du Sénégal sur l’axe Cinquante-Kayaar, j’ai eu la bonne surprise de voir que ce bonhomme disposait de 14 hectares sur lesquels il exploitait les 6.5 hectares (arachide, mangue, papaye et vaches laitières) avec un personnel de six membres. A l’époque (mars-avril) où il n’y avait pas grand-chose sur la propriété, j’avais eu la curiosité de demander au gérant (L. Sarr) si l’investissement en énergie solaire était rentable? Il ria et me répondit que dans le coût du matériel solaire et de la main d’œuvre qui s’élevait au total à 1 766 800 f CFA , il n’y a pas un seul franc du salaire du colonel, et il commença à énumérer les sommes reçues par le champ (fourrage, graines d’arachide, mangues, lait…) Rentré chez moi à Dakar, je commençais à me poser des questions telles que: au village, on n’achète pas la terre, l’eau du fleuve est abondante, pourquoi les jeunes mettent trois à quatre millions de nos francs pour dans une immigration clandestine de plus en plus sans issue, pourquoi l’exode rural ?

En somme, ces deux facteurs m’ont beaucoup influencé malgré les formations (électricité et électronique) que j’avais reçues dans les années précédentes. Il s’y ajoute aussi le fait de voir des jeunes ruraux, avec l’appui de leurs proches, investir plus de quatre, cinq millions, voire plus pour avoir un visa (cachet) afin d’accéder à l’Europe ou aux USA sans se soucier des difficultés relatives aux papiers, à l’insertion et à l’emploi.
C’est donc fort de tous ces éléments, événements et questionnements que j’ai résumé qu’un retour à la terre s’imposait comme une alternative sûre avec l’idée de rendre contagieuse mon initiative au grand bénéfice des jeunes en particulier et du monde rural en général.
Ainsi, dès le mois de juin de la même année, j’ai décidé de rentrer au village où j’ai pu avoir, de la part des propriétaires terriens(les Fofana), un terrain à dix minutes de marche de chez moi.

Comment inviter à l’agriculture avec la corruption qui sévit partout et des systèmes d’éducation ridicules qui n’éloignent pas seulement de la terre, mais ont aussi ouvert dans la psyché collective de la jeunesse africaine une boutique de la dégénérescence morale vers l’apologie de la cravate et cette macabre construction mentale de châteaux de rêves absurdes à l’égard de l’occident ?

Oui, l’appel à l’agriculture demeure et restera mon cheval de bataille malgré que le chemin soit parsemé d’épines (le rejet, la haine, la diabolisation ou l’exclusion). Il est vrai que la corruption qui n’est pas seulement un problème africain, mais un fléau mondial, pourrait rester encore une équation sans solution pour le développement de l’agriculture en Afrique (et tant d’autres) secteurs ici et ailleurs.
Certes, à la vue des sommes énoncées çà et là par les acteurs de l’agriculture et des réalisations au niveau des différents sites, le doute que toutes ces sommes soient arrivées à bon port s’étale souvent.
Il arrive de voir les engins descendre dans les parcelles avec des défauts considérables laissés sans être réparés et si l’on pose la question, les réponses du conseil agricole ou parfois de l’entrepreneur sont feintées et pourtant l’on entend souvent que l’Etat a mis en place un budget pour ces réfections.

Il faut reconnaitre aussi que le manque ou plutôt la méthode de formation dans ce secteur reste un frein à son développement. Souvent, c’est le personnel des services qui bénéficie des formations et la généralisation de celles-ci au niveau des producteurs n’est pas toujours assurée dans la continuité requise pour une bonne appréhension des techniques. Le module de formation enseigné aux producteurs n’est pas souvent adéquat, ni adapté, soit à l’âge, soit au niveau d’instruction des paysans. Et cela pose énormément de problèmes qui, pour la plupart, ne font que ramener les supports de formation sans pouvoir appliquer les, techniques enseignées dans les champs et cela se répercute directement sur la production.

«Â le manque ou plutôt la méthode de formation dans ce secteur reste un frein à son développement »

Je peux citer un ou des chargés de suivi agricole qui ne passent que deux fois dans les parcelles durant une campagne de quatre mois alors qu’ils sont tenus de s’y rendre fréquemment.

Il s’ajoute aussi à cela le nombre limité d’écoles de formation agricole dans le Sénégal, ainsi que la mentalité des jeunes qui croyant plutôt au travail de bureau ou à (l’émigration) sur la base du fait qu’ils voient leurs semblables venant de l’extérieur en costume et cravate, cachant ainsi la réalité quotidienne de la vie en Europe ou ailleurs, ce qui fait que beaucoup de jeunes orientent leurs formations dans des domaines autre que l’agriculture.

Peux-tu tu nous relater le long chemin de ta formation agricole, la main sur le cœur, sous les rires moqueurs d’une frange notable de yaférankés rendus aveugles par le mirage des francs de la rue Marc Séguin de Paris?

Rire, les larmes aux yeux, ah oui, ce fût un très long chemin, « yougo » Dés mon arrivée à Yaféra, et après l’octroi du terrain dès le mois suivant (juin), je commençais les premiers travaux. Je me rendais tous les après-midis puisque les matins sont réservés aux travaux de la famille. C’est dès ce moment-là que les premières moqueries commencèrent par les termes: «il se fatigue car personne n’a cultivé ici depuis que ce village existe. Laisser sa profession (électricité et électronique)à Dakar et vouloir travailler dans cette chaleur à Yaféra; ce que tu n’as pas eu dans la capitale, tu ne peux pas l’avoir chez nous villageois… ».

J’ai fermé mes oreilles et j’ai décidé d’y cultiver du maïs, du gombo et de la pastèque et j’y aussi ai planté la bagatelle de 450 arbres (fruitiers et haie vive).La production a été au rendez-vous, surprenant ainsi tout le monde.

A la fin de l’hivernage, je continuais à maintenir les arbres plantés en les arrosant à partir de puits à cent quatre vingt mètres de mon champ et quelques fois par charrette au fleuve. Et c’est là où commencèrent les problèmes, car à la maison, on commença à me priver soit de la charrette, soit des ânes familiaux (un cousin supérieur m’a enlevé l’âne de la charrette un jour et la ferma à clé un autre jour alors qu’on a les mêmes droits sur les propriétés familiales. Bref, il est difficile d’oublier certains de ces incidents fomentés par des gens qui croyaient pouvoir me sevrer de ma passion de la terre. Mais, il faut savoir pardonner.


Il faut quand même saluer le courage des femmes qui ont fait de leur mieux pour s’organiser avec leur ferme volonté d’exploiter les parcelles et devant la démission des hommes. Elles se sont souvent retrouvées face à la non maîtrise des techniques d’irrigation et la gestion de la pompe électrique. J’ai décidé bénévolement alors de les accompagner avant que le DPRD de la SAED me proposa de conduire l’essai de 17 variétés de riz comme vitrine agricole pour AFRICA RICE. A la fin du repiquage, je suis parti rendre visite à des parents au Mali pour quelques jours et face aux multiples divagations (du mois d’avril), les femmes ont abandonné les parcelles. A mon retour, informé de la situation et pour honorer l’engagement qui me liait à la SAED et l’AFRICA RICE, j’ai décidé de continuer seul sur une parcelle de 0,50 ha dans un périmètre de 44,25 hectares. Ce fut difficile face à ces éleveurs et mes détracteurs qui m’insultaient partout, certains ont poussé même des éleveurs à m’amener à la gendarmerie. C’était inimaginable…

Grâce à Allah, les gens ont compris l’importance du PIV à partir de 2012 et depuis des tonnes de riz sont rentrées dans le village tous les ans même s’il reste beaucoup à faire en termes de gestion du périmètre….

Après deux ans de dur labeur voué à l’échec par rapport à mes objectifs mais pleins d’instruction sur l’esprit villageois que j’avais tant perdu, j’ai résumé que mes détracteurs sont comparables à des grenouilles qui ne peuvent pas quitter l’eau et ils ne veulent pas avancer avec leur mentalité de tout recevoir des expatriés. J’ai voulu mettre à l’aise mes détracteurs et moqueurs, ainsi j’ai décidé de plier bagages et repartir à Dakar.

Et c’est dans ces moments de réflexion que les facilitateurs d’une ONG (USAID/YAAJEENDE) débarque nt à Yaféra pour tenir une ré union avec les populations. Ils déclinent la mission de l’ONG (intervention dans l’agriculture et l’élevage) et déclinent aussi le profil de producteur leader avec lequel l’ONG veut travailler. A mon insu (absent de la réunion), unanimement l’assistance lui donne mon nom et le représentant du chef de village me téléphona alors pour venir des champs où j’ai pris connaissance du projet et de ses facilitateurs. Une semaine après, j’ai bénéficié d’une formation sur la conservation des sols pour ensuite former d’autres producteurs à Yaféra.

Ainsi de formation en formation, j’ai pu acquérir des connaissances dans tous les secteurs de l’agriculture (cultures céréalières, maraîchage, arboriculture, traitement phytosanitaire des cultures, production semencière, restauration des terres dégradées, gestion financière des champs, montage des dossiers de crédit, changement climatique…)
Il s’y ajoute les différents séminaires d’autre ONG (ENDA LEAD francophone) auxquels j’ai participé avec l’appui des services publics (SDDR, DRDR) et l’UPHORBAK (union des producteurs horticoles de Bakel) qui m’invitent à des formations autour de l’agriculture et l’informatique.
Il faut souligner le partenariat que j’ai pu tisser via internet avec une association française qui œuvre dans l’autonomie semencière ainsi qu’avec d’autres tierces personnes en France.

Et aujourd’hui, grâce à la volonté divine qui a crée une certaine confiance entre beaucoup de responsables départementaux et moi, je pourrais bénéficier d’une formation sous régionale en agriculture et « élevage » dans les semaines ou mois à venir Inchallah
.
Ce fut difficile vue ma situation de fils unique avec la grande famille en particulier à laquelle j’appartenais et mes détracteurs en général, mais cela a participé à me forger afin de m’habituer à faire face à certain es difficultés pour arriver à mes objectifs : créer un nouveau type de jeune rural et l’auto-emploi en zone rurale
.
Tu as eu à participer à plusieurs expérimentations de nouvelles techniques agricoles et de nouveaux types de semences qui sont adaptés à la médiocre pluviométrie de notre région. Où en es tu aujourd’hui avec la sensibilisation pour l’adhésion des populations à ces nouveaux moyens d’exploitation agricole ?

L’objectif des ONG, services publiques (SDDR, SAED) et UPHORBAK qui m’ont permis toutes ces expérimentations de nouvelles technologies et la découverte de tant de variétés semencières, fut d’introduire ces pratiques et permettre une adaptation climatique avec des variétés semencières à cycle court du fait des faibles pluviométries actuelles.
Au-delà de Yaféra, je couvrais l’ensemble des 11 villages de la commune de Ballou au nom de mon organisation (UPHORBAK) que je salue au passage qui m’a permis de collaborer avec des centaines de paysans dans les secteurs de l’agriculture tantôt sur des techniques culturales, tantôt sur la promotion des nouveaux types de semences. Au début, ce fut difficile pour certains d’accepter de changer de méthodes, voire de mentalité, mais avec le temps et les discussions inter-paysans le message fut passé au bénéfice de tout le monde.

Ces techniques sont maintenant pratiquées dans tous les villages et j’en suis très fier.
L’engouement pour les nouvelles techniques et variétés semencières (dont certaines portent mon prénom par les paysans) sont une lueur d’espoir pour nos communes. Certaines de ses semences sont même devenues comme des perles rares, recherchées à chaque début de saison. Personnellement, je suis sollicité dans tous ces villages pour des conseils jusqu’au fin fond du Mali que je fréquente régulièrement.

A Yaféra, la terre devient de plus en plus difficile à trouver et partout on trouve des jardins individuels exploités douze mois sur douze.
Sur la base de mes publications sur la toile, des expatriés de tous les horizons s’intéressent à l’agriculture et ont même commencé à investir dans la zone. C’est dire donc que le message est passé et je continue à sensibiliser partout où je vais car l’agriculture reste un moyen sûr pour un développement durable
.
Beaucoup pensent que l’action de la SAED qui a d’ailleurs contribué à ta formation, est devenue avec Macky Sall un moyen supplémentaire de supervision politique au service de la promotion personnelle sous le couvert des ONG. Qu’en penses-tu ?

Comme tous les régimes, les gouvernants mettent toujours leurs hommes (personnes ayant un penchant politique à l’égard du parti au pouvoir) à la tête de la direction des services publics. Cela se fait dans tous les pays. Cependant, il faut reconnaitre que même si les détracteurs du régime en place voient la nomination du DG de la SAED (très actif politiquement d’autant plus qu’il est maire dans la zone de Louga) comme une main mise sur les producteurs qui constituent un électorat suscitant beaucoup d’intérêt aux yeux de tous les partis politiques, le nouveau patron de la SAED abat un travail conséquent depuis son arrivée même s’il reste beaucoup à faire sur le terrain. Le président Macky Sall ayant promis de booster l’agriculture sénégalaise par la mécanisation et l’amélioration des aménagements hydro-agricoles (gérés par la SAED),l’Etat, par le biais de la SAED ne cesse d’être beaucoup plus assidu sur le terrain en apportant aux paysans des tracteurs et d’autres matériaux à tractation animale à des prix subventionnés sans oublier le paiement de plus 30 milliards de la dette paysanne à la CNCAS. Ce qui fait que cet équipement des paysans par l’Etat devient un « gagnant-gagnant ». Car, d’un côté les paysans y bénéficient avec la modernisation de l’agriculture au Sénégal et de l’autre côté le régime en place gagne du fait qu’il a pu séduire une bonne partie de l’électorat constitué par les paysans.

Par contre force est de reconnaitre que la SAED étant une structure nationale et intervenant dans un secteur de développement comme l’agriculture, elle compose en son sein des agents de toutes les couleurs politiques ou apolitiques et qui refusent toute manipulation de qui que çà soit. Il n’est pas exclu qu’on n’y trouvera pas des gens qui pour des raisons promotionnelles n’hésitent pas à se faire corrompre en vendant leurs âmes à tout prix. je te remercie pour avoir accepté de répondre à ces questions.

C’est à moi de remercier pour m’avoir permis de montrer aux gens mon souhait de voir les jeunes africains prendre leur destin dans les mains avec courage. On peut changer les choses dans notre Afrique. Nous devons du respect à ce continent. Certes, il n’est pas facile de réussir chez soi même surtout quand on vient avec des nouvelles idées, mais à force de croire à ses objectifs, en soi-même, avoir beaucoup de patience, il faut apprendre à être patient, être sociable et accepter les différences pour permettre aux autres de comprendre ce vers quoi on les appelle. Aujourd’hui, la majeure partie des gens ont compris mon combat et certains d’entre eux viennent souvent me demander pardon pour tout ce qu’ils ont eu à me dire dans mon appel.

yafera.net

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