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La Voix du département de Bakel

Dans la perspective de la présidentielle française, le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a rendu publiques ses propositions pour l'évolution des relations entre la France et l'Afrique. Un programme qui se veut au plus proche des attentes des trois millions de votants français originaires du continent.

Jean-Luc Mélenchon a été le plus rapide à dégainer. En mars dernier, il ne lui a fallu que six minutes pour répondre aux premiers tweets de One, l’ONG du chanteur irlandais Bono, interpellant les dix candidats à la présidentielle française sur leur vision de la relation entre la France et l’Afrique. Depuis, le candidat du Front de gauche a mis en ligne sur son site de campagne ses propositions « Pour une nouvelle politique de la France en Afrique ». Le document, très ambitieux, est le fruit d’un travail collectif des différents partis soutenant le candidat. Parmi eux, la responsable Afrique du Parti communiste français (PCF), Sylvie Jean.

Côté constat, les communistes pointent la responsabilité du capitalisme européen, des politiques d’ajustements structurels des institutions de Bretton Woods, et le soutien aux dictateurs dans la politique de privatisation et le dépérissement des États africains, toue en dénonçant la stagnation des conditions de vie sur le continent, le manque d’accès des populations à l’éducation, à la santé, à l’eau… Ils fustigent aussi le phénomène d’accaparement des terres cultivables en Afrique (20 millions d’hectares dans les projets actuels) et l’utilisation de ces dernières pour produire des agrocarburants, un phénomène encouragé par l’Union européenne. Dans le même domaine, ils s’en prennent directement à des firmes comme Monsanto, accusées de propager des OGM sur le continent.

Du côté des peuples…

Côté propositions, Mélenchon et ses camarades se veulent au plus proche des aspirations des peuples africains. Un positionnement pas forcément dénué d’arrière-pensées électoralistes, les votants français d’origine africaine étant estimés à plus de 3 millions de personnes. Si certaines propositions sont tout à fait réalistes ou déjà en cours de réalisation comme la lutte contre les « biens mal acquis », le renforcement de la coopération intersyndicale, la traçabilité des transactions financières, d’autres paraissent moins accessibles dans l’immédiat.

Par exemple, peu de dirigeants africains seraient actuellement disposés à suivre les propositions concernant le contrôle strict des filiales de banques françaises en Afrique ou le démantèlement du Franc CFA. « Cette dernière initiative s’inscrit dans la durée et devra être discutée avec nos partenaires qui ont intérêt à retrouver leur souveraineté monétaire », relativise Jacques Fath.

    La différence entre les fonds perçus par les pays africains et les remboursements de dette qu’ils ont effectués depuis 1985 fait apparaître un solde de 759 milliards de dollars en faveur de la France.

Plus envisageable rapidement, l’instauration d’une taxe de solidarité internationale de 0,05 % sur les transactions financières – qui nécessite toutefois un engagement des partenaires européens -, et la fin des accords bilatéraux qui conditionne l’aide au développement à la lutte contre l’immigration. Mélenchon demande également l’annulation de toutes les dettes des États et la mise en place d’une commission parlementaire en vue d’un audit du fardeau supporté par les pays africains à cause de la France. Ses équipes ont fait leurs calculs : selon elles, la différence entre les fonds perçus par les pays africains et les remboursements de dette qu’ils ont effectués depuis 1985 laisse apparaître un solde de 759 milliards de dollars en leur défaveur.

Autre objectif de Mélenchon : faire passer l’aide publique au développement à 0,7% du revenu national brut dès 2015 – une promesse que la France n’a encore jamais tenue. Des financements qui, pour le Front de gauche, devront notamment remettre la petite agriculture et la fourniture des marchés locaux au cœur des politiques agricoles. La protection douanière des produits africains s’impose aussi, selon les auteurs du document.

Révision des accords de défense

En matière de politique migratoire et d’entrée sur le sol national, le Front de gauche prône une nouvelle approche, qui se veut à la fois plus humaine, plus souple et moins restrictive. Mélenchon s’engage notamment à supprimer le visa pour les Comoriens. Quant aux accords de défense et de coopération militaire avec les pays « amis » du continent, ils devront être révisés et soumis à l’approbation du Parlement, tout comme les contrats d’exportation d’armes des entreprises nationales.

Sur le plan écologique, Mélenchon souhaite interdire l’exportation des déchets toxiques par les entreprises françaises. S’il était élu, le leader du Front de gauche demanderait enfin la création de commissions d’enquête parlementaire pour connaître les responsabilités de la France dans les atrocités commises durant la colonisation – notamment au Cameroun et à Madagascar – et son implication éventuelle dans le génocide du Rwanda, plusieurs coups d’État et renversements militaires (Côte d’Ivoire, Mauritanie, Libye…).

La vérité sur Sankara

Sur le dossier ivoirien, les communistes se démarquent de leurs camarades de gauche en dénonçant l’installation au pouvoir d’Alassane Ouattara par l’armée française. Marqué par l’assassinat de Thomas Sankara au Burkina faso en 1987, Mélenchon souhaite aussi que la lumière soit faite sur cet évènement. « Seule la vérité du discours permettra de dépasser les problèmes récurrents qui empêchent un développement concerté entre les pays africains et la France, mais aussi de renforcer le vivre ensemble et l’intégration des descendants des immigrations successives », précise-t-il.

Reste une question : que deviendront les belles promesses de Mélenchon s’il n’est pas élu ? « Nous ne lâcherons pas notre programme au profit de postes ministériels, assure Jacques Fath, chargé des relations internationales au PCF. On va attendre que le processus électoral aille à son terme [après les législatives du mois de juin, NDLR] pour voir les rapports de force au sein de la gauche. Mais nous n’entrerons pas dans un gouvernement qui ne prendrait pas en compte nos idées ».

source : Jeune Afrique

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