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Mort Covid DAKAR

«Des morts sont en train d’être mis dans le dos du coronavirus», a laissé entendre le réanimateur à Bordeaux le docteur Mansour Diouf. Selon ce dernier, la majorité des cas admis en urgence y sont parce que la pathologie chronique dont ils souffrent n’est pas bien prise en charge. Une thèse soutenue par plusieurs de ses pairs. Une démarche des autorités sanitaires et de l’Etat qui permet de cacher les failles du système sanitaire sénégalaise.

Les salles de réanimation sont quasiment bombées de cas graves de Covid. Une situation qui s’est empirée en ce mois de janvier avec des prévisions journalières dépassant la vingtaine. Selon plusieurs spécialistes de la santé, au rythme où vont les choses, le Sénégal risque d’être confronté à un problème de places pour la prise en charge des cas graves. «Nous sommes dans une période, hormis le coronavirus, où plusieurs patients sont admis en réanimation. Cela est dû au changement climatique et ce sont les gens qui souffrent de pathologies respiratoires comme l’asthme, les problèmes de coeur et des gens aussi qui doivent faire de la dialyse», a laissé une blouse blanche à l’hôpital de Fan. Selon ce dernier qui a préféré garder l’anonymat avec la pollution, il faut s’entendre à des complications.

Une situation qui trouve son fondement dans la sortie du médecin réanimateur Mansour Diouf. Selon le spécialiste basé à Bordeaux, «beaucoup de morts sont aujourd’hui mis sur le dos du coronavirus car, il y en a qui sont directement liés à la pandémie et d’autres non». Pour docteur Diouf, le Sénégal doit s’investir dans le relèvement du plateau technique et mettre le matériel là où il faut. «Il urge aujourd’hui de changer de paradigme dans la gestion des cas graves et pour le réussir, le Sénégal gagnerait à investir dans la prise en charge des autres pathologies qui posent beaucoup de problème de santé publique comme les pathologies du coeur, du rein, le diabète entre
autres», a-t-il laissé entendre.
Selon d’autres spécialistes de santé publique à l’image du docteur Moussa Thior, il y a des
pathologies qui tuent plus que le coronavirus et pourtant leur prise en charge pose problème. Toutefois, des spécialistes s’accordent à dire que le gouvernement du Sénégal a pêché dans la communication en donnant à la pandémie du coronavirus un taux de létalité qui ne lui correspond. Une démarche qui a plombé toutes les réponses
dans plusieurs pathologies comme le Vih-Sida, le paludisme, les campagnes de
vaccination ou encore les séances de don de sang. «Nous n’avons pas tenu les
campagnes de distribution de moustiquaires à cause du coronavirus.
Tous nos prestataires sont orientés dans les prélèvements ou le suivi des cas
asymptomatiques dans les domiciles. A cause de la pandémie, nous avons un problème
de main et nos autres activités ne peuvent plus être tenues comme les causeries sur l’importance des visites prénatales entre autres», a relevé un des personnels soignant de Fann.


DeNISe ZArour MeDANG, sud quotidien

 

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