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La Voix du département de Bakel

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Malgré le « Fouton do déré », ce plat savoureux bien prisé par les Soninkés, servi par son unique et incomparable épouse  Diambéré Khoumba, la nuit paraît longue, assez étirée pour Mocirédin.
Il ne parvient pas à fermer l’œil ! Il passe et repasse tout le processus électoral dans sa petite tête d’illettré. Comprendra-t¬-il un jour la politique et surtout les politiciens ?
Depuis la recherche des signatures pour le parrainage, en passant par la campagne électorale jusqu’au vote du 24 Février, en faisant attention à cette période post-électorale chargée de tension qui planait au-dessus du pays sans heureusement « atterrir », Mocirédin regrette encore une fois le fait qu’il ne soit pas allé à l’école, l’école française. Il aurait peut-être saisi, pense-t-il, toutes ces manigances autour de lui.

La Commission Nationale de Recensement des Votes (CNRV) a proclamé solennellement les résultats provisoires. Surprise ou pas, en tout cas un calme surprenant flotte dans l’air. La réaction aussi inattendue que renversante de l’Opposition n’est pas nouvelle sous nos cieux. Pour qui connaît un tant soit peu l’Homme sénégalais, chaque fait, tout geste ne doit plus jamais étonner !
Accepter le verdict des urnes, refuser de féliciter le gagnant et curieusement  ne pas déposer un recours, garder un mutisme effarant, tout cela  ne sort pas de l’ordinaire de nos concitoyens, propres à imaginer l’ «inimaginable » et à mettre en pratique des nouveautés qui non seulement distraient la galerie mais surtout leur donnent une dimension plus pointue qu’au départ.
A l’attente insupportable de la voix si désirée du Conseil Constitutionnel (sans effet aux dires des connaisseurs) le Sénégal a repris son jeu préféré, tuer le temps. Sans paraître très visible, il n’apparaît pourtant pas dans son lieu de travail (atelier, bureau, classe…..)ne perdant aucune minute pour discuter autour d’un fourneau sur lequel une théière retient l’attention de tous les oisifs.
La Politique est au début et à la fin des rencontres de ce genre. Rien n’est oublié : le nom des cinq candidats, la couleur des bulletins de vote, l’ambiance durant cette journée électorale, le dépouillement, la proclamation par bureau, les cris dans la ville…
La guerre des chiffres a encore réveillé chez certains nostalgiques, cette envie de rébellion des années de braises. La sortie contestée de l’ex-Président y est pour quelque chose.
Cependant, la raison a fini par l’emporter sur l’instinct ! Le calme, un semblant de calme est là, ne rassurant pas tout le monde.
Que les 58,2 7% attribués au Candidat sortant Macky Sall ou les 20,50%  d’Idrissa Seck, les 15,67%  de Sonko, les 4,07%  d’El Hadj Sall  ou le 1,48%  de Madické Niang ne transformeront pas notre pays. Ce qu’il faut, c’est que nos politiciens cessent de nous considérer comme des chiffons, des objets à jeter après usage. Il faut qu’ils apprennent à nous connaître, à sentir notre INTENTION, notre peur de sombrer dans l’oubli après tous les efforts fournis pour les satisfaire.
Ces hommes et ces femmes qui nous dirigent doivent changer, se métamorphoser, se transformer en cet HOMME que les Sénégalais cherchent comme de l’or et ne trouvent pas, un HOMME imitable, modèle, un HOMME qui donne envie d’être suivi sur le bon chemin qu’il trace.
Le sénégalais est fatigué d’être trompé d’élection en élection ! Les années passent actuellement à une vitesse supersonique. Le présent est à peine là qu’il devient futur et laisse sur les quais du passé des hommes étonnés de la rapidité du temps actuel ! Nous vieillissons vite !
Au lieu de stipendier des hommes de mains, des lutteurs la plupart du temps, pleins de muscles, vers  des tâches qui ne les honorent pas mais ne blanchissent pas non plus les commanditaires, il faut créer des emplois, rendre les jeunes moins oisifs et plus occupés, permettre aux femmes rurales comme  celles des grandes  cités d’être autonomes, c’est-à-dire qu’elles puissent se prendre en charge au moins. Qu’une  négociation franche, sérieuse et définitive se fasse autour des problèmes de l’Education. Que soit enterrée à jamais la hache de guerre annuellement brandie par les syndicats !  La Santé ? Elle n’a pas de prix !
L’Opposition et le  Pouvoir doivent se parler, échanger en toute franchise pour le bien du pays. Quand on se considère comme des DEMOCRATES, il y a des exigences à respecter ! Ce pays appartient à tous les Sénégalais (hommes, femmes, enfants, vieillards).Que chacun ait sa place dans le « SUNU GAAL » bien orienté par le capitaine du navire vers des horizons radieux.
Mocirédin a attendu durant toute la journée du mardi. A vrai dire, il n’y a aucune surprise à la confirmation du Conseil Constitutionnel ! Il continuera peut-être à vivre pire que les temps passés mais en stoïque, il ne se plaindra nulle part. Personne ne saura ce qu’il endure au fond de lui-même. 
Pour tromper tout son entourage, le mari de Diambéré Khoumba éclate de rire. Son épouse seule a compris le sarcasme qui se cache derrière cette joie ! Elle rejoint sa cuisine en chantant « INDI LELERIYO ! » Le rêve de cinq futures années meilleures que celles  déjà vécues est permis. Rêvons donc et que DIEU nous assiste !


Idrissa Diarra, bakelinfo;.com

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